Entretien et hivernage des chaises de jardin empilées
Une pile de chaises bien couverte au bon moment passe l'hiver sans dommage : l'hivernage des chaises de jardin tient en un lavage sérieux en octobre, un empilage soigné, une toile serrée au pied de la pile et quelques visites pendant la saison froide. Voici le calendrier complet, matière par matière, avec les erreurs qui coûtent le plus de chaises au printemps.
Ce que l'hiver fait vraiment à une chaise laissée dehors
Le froid seul casse peu de choses. Ce qui abîme une chaise restée dehors, c'est l'eau qui s'infiltre, le soleil qui frappe encore, et l'humidité qui stagne sans jamais sécher.
Pour le bois, ces moteurs du vieillissement sont documentés depuis longtemps. Une revue du vieillissement du bois parue dans Polymers décrit le mécanisme en deux temps : les ultraviolets cassent les liaisons de la lignine et des celluloses en surface, puis la pluie lessive ces produits de dégradation pendant que le vent achève la surface par abrasion. Le bois grise, les fibres se soulèvent au doigt. La même revue rappelle qu'un revêtement, même simple, ralentit nettement ce processus en coupant le bois des deux agresseurs à la fois.
Les assises en matières synthétiques suivent la même logique. Des essais coréens d'exposition en extérieur menés sur quatre ans, publiés dans Polymers également, ont suivi plusieurs plastiques de plein air au fil du cumul d'ultraviolets reçus, jusqu'à plus de 1 000 mégajoules par mètre carré. Les propriétés mécaniques déclinent au fil de ce cumul. Traduit pour une terrasse : une toile ou un textilène laissé au soleil toute l'année fatigue, même en hiver, car les UV d'octobre à mars ne sont pas nuls.
Reste l'acier, présent dans les piètements et les armatures. Ce qui pilote sa corrosion, c'est le temps pendant lequel le métal reste mouillé. Une étude de corrosion atmosphérique publiée dans Heliyon, menée sous des pluies très abondantes, place ses trois sites d'exposition dans la catégorie de temps de mouillage la plus élevée de la norme ISO 9223. Sur ces sites, la corrosion de l'acier au carbone dépassait les relevés antérieurs comparables. Une pile de chaises dont les pieds baignent dans une flaque toute la saison concentre exactement ces conditions.

Le lavage de fin de saison, chaise par chaise
On ne couvre jamais une pile sale. Le pollen, la terre projetée par la pluie et les retombées de l'été resteraient sous la toile jusqu'en avril, à l'abri de la pluie qui, justement, aurait fini par les rincer.
Dépilez tout, et lavez chaque chaise ouverte. Le textilène et les résines se contentent d'une éponge et d'eau savonneuse, éventuellement d'une brosse douce pour les cannages. Rincez au jet doux, sans nettoyeur haute pression à bout portant qui découdrait les coutures et éraflerait les finitions. Sur les piètements en acier, la même eau savonneuse suivie d'un chiffon sec évite que l'eau reste collée sur les soudures.
Le séchage est un geste à part entière. Comptez une journée complète à l'air libre, dossiers dépliés, avant de reformer la pile. Sur ce point, nos observations rejoignent la règle que nous détaillions pour protéger un salon de jardin en fin de saison : couvrir un meuble humide, c'est enfermer l'eau pour tout l'hiver.
Pendant que les chaises sèchent, si elles portent des galettes ou des coussins, direction l'intérieur. Le lavage et le séchage de ces éléments suivent leur propre calendrier, celui de l'hivernage des coussins de jardin, car une mousse qui hiverne dehors ressort tachée au cœur même sous une bâche.
Empiler sans casser : l'ordre qui compte
Une pile qui bascule sous sa toile raye les cadres et tord les pieds. Quelques règles d'atelier suffisent à l'éviter.
Empilez sur un sol plat, en alignant les pieds les uns dans les autres à chaque niveau. Les chaises à accoudoirs se posent accoudoir sur accoudoir, sans forcer. Si la cinquième chaise fait cambrer la pile, arrêtez à quatre : nos retours clients parlent de quatre chaises ou quatre fauteuils confortablement, cinq avec des accoudoirs fins, six en forçant sur des modèles étroits. Aucun de ces retours ne précise la taille exacte de sa housse, jugez sur vos cotes.
Deux détails de fin de pile méritent une minute. D'abord le dossier de la dernière chaise, qui doit rester sous le dos de la toile. Sur une housse à cordon dont le dos monte à 120 cm pour un devant de 70 cm, un dossier haut peut dépasser : la toile se tend, puis bat au vent. Ensuite le sol lui-même. Posez la pile sur des dalles drainantes ou du gravier plutôt que sur une plaque où l'eau stagne, pour que les pieds du bas ne dorment pas dans une flaque.

Couvrir, serrer, et revenir y voir
La pose de la toile elle-même prend cinq minutes et ne demande aucun outil. Le détail qui change tout est le cordon : un acheteur australien sur six chaises empilées le résume bien dans son retour, la housse couvre presque jusqu'en bas et le serrage fait le reste. Sans cordon serré, la première bourrasque soulève la toile comme une voile et la pile se retrouve à nu en une nuit. La pose de la housse de chaises empilables est détaillée pas à pas si vous débutez.
Pendant l'hiver, la surveillance est légère mais elle existe. Repassez une fois par mois, et systématiquement après un épisode de vent : un tour autour de la pile suffit à voir si l'ourlet a glissé, et deux doigts sur le bloqueur resserrent le cordon sans rien démonter.
Aérer par journée douce : le geste que tout le monde oublie
Une housse étanche protège de la pluie qui tombe, pas de l'humidité qui monte. Sous la toile, la chaleur d'une journée de janvier fait transpirer le sol et condenser l'eau sur la face intérieure. C'est exactement le temps de mouillage dont la corrosion a besoin, celui que l'étude citée plus haut identifie comme le facteur clé de la rouille des aciers en climat humide.
Par une journée douce et ensoleillée d'hiver, desserrez le cordon, soulevez la toile sur la hauteur de la pile et laissez l'air passer une heure ou deux. Refermez en fin de journée, avant que l'humidité du soir ne revienne. Ce geste, à raison d'une fois toutes les trois ou quatre semaines quand le temps le permet, évite aussi les auréoles et les traces noires qui se forment quand une toile reste plaquée des mois durant sur une surface fermée.
Un repère simple pour savoir si votre pile a besoin d'air : passez la main sous l'ourlet un matin sec. La toile doit être fraîche, pas humide. Si vous sentez de la condensation, ou si l'intérieur de l'enduit argenté montre des voiles ternes, aérez plus souvent et vérifiez le sol sous la pile, car l'eau qui remonte d'en bas contourne n'importe quelle housse.

Au printemps : redémarrer et ranger la toile
Au retour des premières chaleurs, retirez la housse sur une journée sèche, jamais sur un matin humide. Les chaises ressortent souvent prêtes à servir ; un coup d'éponge humide sur les assises et un séchage à l'air libre suffisent avant le premier déjeuner dehors.
Profitez du dépilement pour un contrôle qui prend dix minutes. Bougez chaque chaise d'une main : un jeu dans un pied ou une soudure qui craque se répare bien au printemps, beaucoup moins en plein été. Les vis des piètements se desserrent avec les cycles de gel et de dégel, un tour de clé annuel les garde en place.
Pour la toile, le rituel de pose et de rangement de la housse de chaises empilables s'applique à l'identique : éponge à l'eau claire, séchage déplié, pochette, local à l'abri de la lumière. Nos retours clients y ajoutent une raison d'être rigoureux : cette toile fine vieillit mal au soleil, inutile de la laisser sur la pile de mars à novembre.
Une toile bien serrée au pied d'une pile stable, une visite par mois, une heure d'air par journée douce : c'est tout ce que réclame un hivernage réussi. Vos chaises vous attendront au printemps, sèches et droites, prêtes pour la première tablée de l'année.
Questions frequentes
Faut-il laver les chaises avant de les couvrir pour l'hiver ?
Oui, et dans cet ordre : laver, rincer, sécher une journée entière, puis couvrir. Ce qui motive le lavage, ce sont les dépôts fins de l'été, pollen et retombées, qui resteraient au contact du tissu jusqu'en avril une fois la pluie bloquée dehors. Et la règle d'or tient en une phrase : jamais de housse sur une chaise humide, l'eau enfermée y passerait l'hiver.
Peut-on laisser une pile de chaises dehors tout l'hiver ?
Oui si la pile est stable, couverte d'une toile serrée au pied et posée sur un sol drainant. Le vrai danger n'est pas le froid mais l'humidité qui stagne : celle qui remonte d'un sol non drainé et la condensation qui se forme sous la toile par les jours doux. Une vérification par mois et une aération par journée ensoleillée d'hiver règlent les deux.
Combien de chaises empiler sous une même housse ?
Personne ne peut le promettre à l'avance, la capacité dépend de la largeur des assises et de la présence d'accoudoirs, pas du nombre de pieds. Nos retours clients s'étalent de quatre chaises confortablement à six en forçant, et aucun ne précise le format exact de sa housse. Le seul contrôle fiable : mesurez la hauteur jusqu'au haut du dossier de la dernière chaise, et gardez-la sous la hauteur du dos de la toile.
Où ranger la housse une fois la belle saison revenue ?
Dans sa pochette, au sec et à l'abri de la lumière : un garage, un abri de jardin ou une étagère d'intérieur font l'affaire. La lumière du jour continue de photovieillir la toile même pliée, et nos retours clients signalent justement une toile fine qui marque le coup quand elle reste au soleil. La housse sert d'octobre à avril, pas de mars à novembre.
Sources
- Jirouš-Rajković V., Miklečić J., 2021, Enhancing Weathering Resistance of Wood: A Review, Polymers, 13(12), 1980.
- Kim S., Lee Y., Kim C., Choi S., 2022, Analysis of Mechanical Property Degradation of Outdoor Weather-Exposed Polymers, Polymers, 14(2), 357.
- Heredia A. A., Agudelo Arias H. D., Mena M. F., Copete E. S., Vásquez F. A., Mosquera N. L., Palacios E. B., Lemus R. P., Calderón J. A., Machado S. C., 2025, Atmospheric corrosion of carbon and galvanized steel under high rainfall conditions, Heliyon, 11(1), e41281.

