Un thermomètre hygromètre illisible n'est presque jamais un appareil en panne. Sur les retours que nous lisons pour le bandeau à écran transparent, l'écran difficile à lire arrive de loin en tête, avant même les questions de précision. Le plus souvent, la cause se corrige en tournant l'appareil ou en changeant son réglage. Voici le tri dans l'ordre où il rend service : ce qui se règle en une minute, ce qui s'explique par la physique de la mesure, et le rare cas où la solution est un autre modèle.
Trier avant de toucher
Trois familles de signalements reviennent, et elles n'appellent pas la même réponse. La première, c'est l'écran qu'on ne lit pas : ni vide, ni cassé, simplement muet selon l'heure du jour. La deuxième, ce sont des valeurs qui surprennent, deux chiffres différents pour une même pièce, ou une humidité qui change après un déplacement. La troisième tient au pictogramme du haut de l'écran, ce petit dessin de soleil ou de pluie dont on attend une prévision et qui semble dire n'importe quoi. Traiter les trois comme des pannes mène à démonter un appareil qui fonctionne ; les regarder comme des indices fait gagner une demi-heure.
L'écran que l'on ne lit pas : un appareil qui n'émet pas de lumière
Commençons par la cause la plus fréquente. Un écran à cristaux liquides ne produit pas sa lumière : d'après le cours de physique d'OpenStax, un cristal liquide se contente de faire tourner de quatre-vingt-dix degrés la polarisation de la lumière qui le traverse, et une tension électrique coupe cette rotation pour rendre la zone sombre. Le contraste naît de cette modulation, pas d'un éclairage interne : le bandeau translucide laisse passer le jour et le décor derrière lui, et tant qu'aucune source n'éclaire la façade, il n'y a rien à contraster. Un acheteur résume le problème en une phrase : il n'a toujours pas trouvé de lumière pour l'affichage, il faut donc une pièce éclairée.
La parade tient en deux gestes. Le premier est l'orientation : large de 13 cm, le bandeau se pose sur son meuble face à la fenêtre ou à angle raisonnable d'un lampadaire, jamais dos à la lumière. Le second est la hauteur : à hauteur des yeux, la façade reçoit le jour qui entre, posé trop bas sur une étagère profonde, elle ne reçoit rien. Un client a résolu le problème à sa façon, en glissant une petite guirlande lumineuse derrière le boîtier, et l'astuce rend service dans un couloir sombre.

Reste la limite honnête, et autant la dire : ce modèle ne se lit pas dans le noir. Si votre besoin est l'heure au milieu de la nuit sans allumer, le débat entre le cadran à aiguille et l'écran rétroéclairé tranche la question mieux qu'un dépannage. Pour la journée, en revanche, l'absence d'éclairage a un effet secondaire apprécié : les piles durent, puisqu'aucune diode ne les sollicite à longueur de journée.
Deux appareils, deux valeurs : qui ment ?
Deuxième signalement, plus sournois. Vous posez l'appareil, il annonce 21 degrés et 45 pour cent d'humidité ; un autre appareil, à deux mètres, annonce 22,5 degrés et 52 pour cent. L'un des deux ment, donc. Pas forcément : l'humidité relative compare la vapeur d'eau présente dans l'air au maximum que cet air peut contenir, et ce maximum dépend de la température. Le manuel d'OpenStax le pose en une phrase : la quantité de vapeur d'eau que contient l'air dépend de la température. Autrement dit, l'air tiède au-dessus d'un radiateur contient moins d'humidité relative que le même air deux mètres plus loin. L'appareil posé à cet endroit mesure juste, mais il mesure sa poche d'air.
Le diagnostic se joue donc sur la place avant de jouer sur l'appareil. Le test le plus rapide consiste à rapprocher les deux appareils en cause, au même endroit, à la même hauteur, et à regarder l'écart fondre. Il fond presque toujours en partie : ce qui restait près de la fenêtre ensoleillée ou du souffle de la ventilation rejoint la valeur du centre de la pièce une fois les deux boîtiers côte à côte. L'écart qui subsiste alors, lui, mérite l'examen.
Une revue des technologies de capteurs d'humidité publiée dans Sensors en 2014 le documente : les capteurs capacitifs, ceux de nos appareils domestiques, souffrent d'un défaut d'hystérésis, la capacité à revenir lentement à leur valeur après un changement d'ambiance. Un appareil qui arrive d'un entrepôt sec, ou qui vient d'être déplacé d'une pièce chauffée vers une véranda fraîche, met du temps à se raccorder à son nouvel air. L'article qui décrit la mise en service d'un thermomètre hygromètre le rappelle : ce temps se compte en heures, parfois en une journée.
La méthode de comparaison, si vous voulez la refaire chez vous, tient en une ligne : même endroit, même hauteur, une journée d'attente. Au bout du compte, un écart de quelques pour cent ne désigne pas un menteur. Un acheteur qui a confronté le bandeau à son appareil de référence relève cinq points d'écart sur l'humidité et une température juste à un degré près, ce qui borne honnêtement ce qu'on peut attendre de ce format. Le bandeau à écran transparent affiche d'ailleurs les valeurs hautes et basses mémorisées, ce qui permet de juger une tendance sur la semaine plutôt que deux chiffres pris sur l'instant.
Cette mémoire des extrêmes change aussi la façon de lire l'appareil. Une véranda suit des cycles : humide le matin après l'arrosage des plantes, sèche en fin d'après-midi quand le soleil a chauffé l'air, le maximum et le minimum de la journée racontent cette respiration bien mieux que la valeur instantanée. Des acheteurs qui en ont pris deux en font le même usage, un par pièce, et relèvent des affichages identiques côte à côte, d'autres constatent un écart de cinq pour cent avec un appareil de référence plus ancien et le conservent comme repère. La bonne habitude tient en une ligne : relevez le couple température-humidité les jours où la pièce vous semble agréable, et vous aurez vite votre étalon maison, plus utile qu'une absolue précision.

Le pictogramme qui annonce la pluie en plein soleil
Troisième motif d'inquiétude, et le plus mal compris. Le petit dessin du bandeau montre la pluie un jour de grand soleil, ou le soleil pendant une averse, et le doute s'installe. Ce dessin n'est pas un instrument : il ne reçoit aucune donnée de l'extérieur, aucun capteur de pression, aucune liaison sans fil. Il illustre l'ambiance de la pièce à partir des deux valeurs mesurées sur place, la température et l'humidité, et rien d'autre. Un air intérieur chargé en vapeur d'eau fait afficher la pluie même sous un ciel bleu, parce que pour lui, la pièce est humide. Les deux chiffres sont des mesures ; le pictogramme est une illustration, à lire comme une ambiance. Le prendre pour une prévision météo revient à reprocher à un thermomètre de ne pas dire le vent.
L'heure qui décale et les degrés en Fahrenheit
Dernière famille, celle des réglages d'usine. Le bandeau arrive parfois avec des degrés affichés en Fahrenheit ou une heure décalée d'un fuseau, et l'écran semble dérailler alors qu'il ne fait que répéter sa configuration de départ. Rien de cassé là-dedans : l'unité de température, l'affichage sur douze ou vingt-quatre heures et le quantième se reprennent depuis les touches du dos, mode après mode. Le jour, le mois et le quantième se règlent séparément de l'heure, ce que des acheteurs découvrent en croyant avoir raté une étape.

Deux pièges méritent un avertissement, parce qu'ils prennent la forme d'une panne alors qu'ils ne sont que des réglages. La touche de remise à zéro, d'abord : pressée au milieu d'une configuration, elle renvoie l'affichage à ses valeurs de départ. Un acheteur racontait avoir appuyé dessus sans arrêt, au point de finir par la retirer pour régler le reste tranquillement. Le carillon horaire, ensuite, peut être activé d'origine et sonner à chaque heure ronde sans prévenir ; il se coupe dans le même menu que le réveil. D'où l'ordre qui évite tout cela : régler en main dès la sortie du carton, piles bouton déjà en place, puis choisir l'emplacement. Une fois le bandeau calé entre deux objets, le retourner pour atteindre les touches du dos se paie en contorsions, et c'est aussi vrai au moment de l'entretien de saison d'un thermomètre hygromètre à horloge, quand le changement de piles efface l'heure, le réveil et le carillon d'un coup.
Quand la solution est un autre appareil
Il reste les rares cas où aucun réglage ne conviendra. Lire l'heure dans le noir sans allumer, mesurer l'air d'une serre ou d'un abri de jardin tout en gardant l'heure au salon : ce sont des besoins réels que ce modèle, objet d'intérieur à écran translucide, n'a jamais prétendu couvrir. Pour suivre la température de l'autre côté du mur, un thermomètre hygromètre à sonde extérieure sans fil affiche les deux milieux sur un seul écran, et pour un simple repère de confort posé en permanence, l'indicateur de confort à mini écran tient dans la main.
Le bandeau à écran transparent, lui, donne le meilleur de lui-même à un seul poste : un meuble éclairé, à hauteur des yeux, loin des sources de chaleur, avec l'heure en grands chiffres et l'air de la pièce juste en dessous. Posé là, il ne demande plus rien, si ce n'est un regard.
Sources
- Polarization. OpenStax, College Physics 2e, chapitre 27, section 27.8, Rice University.
- Humidity, Evaporation, and Boiling. OpenStax, College Physics 2e, chapitre 13, section 13.6, Rice University.
- Humidity Sensors: Principle, Mechanism, and Fabrication Technologies: A Comprehensive Review. Farahani, Zareeidarestani et al., 2014, Sensors 14(5), 7881-7935.
