La formulation compte. Le chiffre mis en avant par le dossier de presse écrit que 84 % des Français « ont déjà adapté leurs pratiques au changement climatique », mais l’analyse qui l’accompagne est plus prudente : en 2025, 84 % des Français déclarent avoir déjà modifié leurs habitudes ou envisagent de le faire pour mieux répondre aux effets du dérèglement climatique. Le chiffre réunit donc un acte et une intention, et il ne dit pas que 84 % des jardins ont changé. L’enquête a été menée par l’Ifop pour l’Union nationale des entreprises du paysage auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, les 12 et 13 mars 2025. Chez les 25-34 ans, la dynamique est plus avancée que dans l’ensemble : 64 % se montrent proactifs ou en réflexion, dont 37 % en phase de projet.
Ce que recouvre le 84 %
Les gestes déjà adoptés
Part des détenteurs de jardin ayant déjà mis en œuvre chaque pratique. Source : Ifop pour l’Unep, baromètre 2025, terrain des 12 et 13 mars 2025, planche « Le jardin à l’heure du changement climatique ».
L’eau arrive en tête des gestes, avec 58 %, devant la pelouse laissée plus naturelle, 48 %. La réduction du minéral suit à 44 %, juste avant le choix de plantes résistantes, 43 %, et les refuges pour la biodiversité, 42 %. Ces cinq pratiques tiennent dans un même écart de seize points, ce qui les rend comparables : elles décrivent une adaptation en cours, faite de plusieurs gestes menés de front plutôt que d’un basculement unique. Un sixième repère va dans le même sens, avec 51 % des jardiniers qui adoptent des techniques économes en eau. La récupération de l’eau de pluie est aussi la pratique la plus installée dans les jardins, avec ses capacités de stockage et ses usages, que notre fiche sur l’équipement des jardins détaille sur une autre enquête.
Un engagement plus large que le climat
Ces parts décrivent des usages déclarés au jardin, pas un bilan environnemental mesuré : personne n’a relevé la consommation d’eau ni compté les traitements évités. Une autre enquête pose une question voisine et trouve un résultat plus bas. En juillet 2025, l’étude BVA Xsight pour SEMAE et l’Union française des semenciers mesure que 39 % des jardiniers amateurs ont modifié leur façon d’acheter des plants et des semences pour cette raison, quand 61 % disent n’avoir rien changé. Les deux mesures ne se contredisent pas : la première porte sur l’ensemble des habitudes au jardin, aménagement et arrosage compris, la seconde sur un seul acte, l’achat. Le détail est dans notre fiche sur le climat et les achats de plants.
Le dossier ne redonne pas la base derrière chaque pratique, et les libellés ne sont pas homogènes. Le chiffre de 84 % est écrit « des Français », sur un échantillon de 1 000 personnes de 18 ans et plus. Les gestes de la planche sont présentés sous l’en-tête « les pratiques déjà mises en œuvre par les détenteurs de jardin », tandis que les 71 %, 69 % et 61 % sont attribués « aux jardiniers ». Les 30 % et les 64 % des 25-34 ans portent sur des sous-groupes de cet échantillon. Ces écarts de base expliquent une partie des différences entre les lignes.
Pour un jardinier, ces parts disent surtout que l’adaptation est déjà une pratique ordinaire, et non un projet lointain. Les gestes les plus cités sont aussi les plus simples à engager : récupérer une eau qui tombe déjà sur le toit, choisir des variétés qui tiennent la chaleur, laisser une pelouse moins uniforme. Pour caler les semis sur votre climat, notre calculateur de dates de semis part des mêmes normales que Le réchauffement du climat français et Normales climatiques et déficit d’arrosage.