Ces trois parts viennent de la deuxième grande enquête nationale sur les pratiques culturales des jardiniers amateurs, menée par la Société nationale d’horticulture de France pour son programme Jardiner Autrement, avec un rapport publié en décembre 2025. Le questionnaire est resté en ligne du 4 juillet au 15 octobre 2025 et a recueilli 1 810 réponses complètes. La deuxième partie du formulaire s’adaptait à l’espace de jardinage déclaré : 1 069 répondants pour les jardins potagers et fruitiers, 601 pour les jardins d’ornement, 140 pour les balcons, terrasses et cours. Ces résultats sont à lire avec le profil du corpus, âgé et expérimenté : 71 % des répondants jardinent depuis plus de dix ans et 78 % ont entre 40 et 75 ans.
Le compost fait maison, premier apport au sol
| Apport au sol | Part des jardiniers |
|---|---|
| Matière végétale, ensemble des jardiniers concernés | 32 % |
| Compost fait maison | 50 % |
| Résidus de récolte non décomposés | 29 % |
| Matière animale, ensemble des jardiniers concernés | 23 % |
| Fumier de cheval | 35 % |
| Fertilisants achetés en granulés ou en farines | 21 % |
Amendements déclarés par les jardiniers de jardin. Les deux parts d’ensemble, 32 % et 23 %, portent sur l’ensemble des jardiniers interrogés. Les parts de détail portent sur les jardiniers de la famille concernée : 50 % des jardiniers qui apportent de la matière végétale utilisent du compost fait maison. Plusieurs réponses étaient possibles à l’intérieur d’une famille. Source : SNHF, programme Jardiner Autrement, rapport de décembre 2025.
L’apport végétal domine, et il est largement autoproduit : le compost fait maison concerne la moitié des jardiniers qui enrichissent leur sol en matière végétale, devant les résidus de récolte laissés sur place, 29 %. Côté animal, le fumier de cheval arrive en tête, cité par 35 % des jardiniers de cette famille, suivi par les fertilisants achetés en granulés ou en farines, 21 %. L’enquête y voit la marque d’une recherche d’autonomie, tempérée par le recours encore réel à des produits achetés pour la fertilité.
Sur un balcon, un apport plus souvent autoproduit encore
Le rapport traite séparément les jardiniers hors sol, ceux qui cultivent sur un balcon, une terrasse ou une cour. Ils sont 38 % à enrichir leur support de culture avec de la matière organique d’origine végétale, et cette matière est autoproduite dans 63 % des cas, au composteur ou au lombricomposteur. L’achat de compost reste présent, à 24 %. Ces résultats sont donnés à titre indicatif par le rapport lui-même : avec 140 répondants, l’échantillon hors sol est jugé trop limité pour une analyse statistique.
Les engrais achetés séparent nettement les deux façons de jardiner : 31 % des jardiniers hors sol en utilisent, contre 7 % des jardiniers de potager en pleine terre et 16 % des jardiniers d’ornement. Parmi ces produits achetés, 47 % sont des engrais NPK, azote, phosphore et potassium, et 9 % des jardiniers hors sol déclarent acheter des engrais non biologiques. La place du pot est aussi celle où l’on dispose de moins de terre pour installer un composteur, ce que la fiche Le jardinage sur balcon et en terrasse en France détaille pour les surfaces disponibles.
Le sol retourné en profondeur recule
La même enquête, comparée à celle menée en 2021 par le programme, mesure un recul net d’une pratique : 16 % des jardiniers déclarent encore retourner leur sol en profondeur, contre 31 % quatre ans plus tôt. Le non-travail du sol, lui, est plus fréquent dans les jardins d’ornement, 33 %, que dans les jardins potagers et vergers, 14 %. Ces deux chiffres portent sur les jardiniers de jardin, et non sur les cultures en pot.
Aucune statistique publique ne mesure les amendements apportés au sol des jardins : ni Agreste, ni le SDES, ni l’INSEE ne publient de répartition des matières organiques utilisées par les jardiniers amateurs. Les repères de cette fiche viennent d’une enquête déclarative diffusée par les réseaux de la SNHF et de Jardiner Autrement, financée par l’Office français de la biodiversité : 1 810 jardiniers ont répondu, avec 67 % de femmes et une forte part de jardiniers expérimentés. Elle décrit ce corpus, pas l’ensemble des jardins français. Le compost y est mesuré comme amendement apporté au sol, à ne pas confondre avec le tri des biodéchets des ménages, traité dans Combien de Français compostent leurs déchets.
Pour votre jardin, l’ordre des apports compte plus que la quantité : un compost mûr s’incorpore en surface avant l’hiver, un fumier frais s’épand à l’automne pour être décomposé au printemps. Le composteur traite les déchets du jardin et de la cuisine, l’épandeur sert pour les apports en granulés. L’ancienneté de la pratique, elle, est chiffrée dans Depuis combien de temps les jardiniers amateurs cultivent-ils.