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Jarditips

Huit jardins dans un rayon de 100 mètres font monter la diversité des pollinisateurs

Un jardin isolé profite moins aux insectes qu’un réseau de jardins voisins. L’étude menée sur 2 470 collections de photos en Île-de-France donne le seuil, et la part que les jardins privés représentent dans les espaces verts.

En bref

Combien de jardins faut-il dans un quartier pour favoriser les pollinisateurs ?

Il faut environ 4 700 mètres carrés de jardins dans un rayon de 100 mètres autour du point d’observation pour que la quantité d’insectes pollinisateurs augmente, soit huit jardins avec la surface moyenne de 571 mètres carrés retenue par l’étude. Ce seuil a été calculé sur 2 470 collections de photos prises dans les jardins d’Île-de-France, d’après le Muséum national d’Histoire naturelle.

8 jardins
dans un rayon de 100 mètres autour d’un point d’observation font augmenter la quantité d’insectes pollinisateurs

Ce repère vient d’un entretien publié par Vigie-Nature, le programme de sciences participatives du Muséum national d’Histoire naturelle, le 3 janvier 2019, avec Marine Levé, alors doctorante au Muséum. Son travail porte sur 2 470 collections de photos d’insectes pollinisateurs, prises par des participants au Spipoll dans les jardins privés mais aussi dans les espaces publics d’Île-de-France, parcs, bords de route et prairies compris. La publication complète est parue dans la revue Science of The Total Environment.

2 470
collections de photos d’insectes pollinisateurs étudiées
4 700 m²
de jardins dans un rayon de 100 m, le seuil de l’effet
571 m²
surface moyenne de jardin retenue par l’étude

La densité des jardins voisins fait l’effet

Le résultat central tient en une phrase : les collections sont d’autant plus riches en espèces qu’elles sont entourées d’autres jardins privés, ce dans un rayon de 50 et 100 mètres autour du participant. Autrement dit, ce n’est pas seulement la qualité du jardin que vous entretenez qui compte, mais le nombre de jardins autour du vôtre. L’auteure de l’étude le formule sans détour : personne ne peut faire de miracle s’il reste isolé.

Ce que l’étude observe dans les jardins

  • C’est à l’intérieur des jardins que la plus forte richesse en pollinisateurs est observée, comparée aux autres zones de l’espace public du même secteur.
  • Ce sont les papillons (Lépidoptères) et les mouches (Diptères) qui profitent le plus des jardins privés. Les abeilles et les bourdons (Hyménoptères) sont, eux, légèrement plus tolérants au milieu urbain.
  • À l’échelle de plusieurs quartiers, jusqu’à 1 km de rayon, plus les surfaces imperméables autour des jardins sont importantes, plus la diversité des insectes diminue.

D’où viennent ces observations

Ces 2 470 collections ne sont pas un relevé de professionnels : elles ont été photographiées par des participants au Spipoll, l’observatoire de sciences participatives lancé en 2010 qui rassemble des photos d’insectes butineurs prises partout en France, souvent dans le jardin de l’observateur. Une collection compte en moyenne 8 à 9 photos, contre 14 pour celles réalisées sur un châtaignier en fleurs, l’arbre le plus visité par les pollinisateurs en France. La page de résultats du programme confirme de son côté le même effet de réseau : les collections y sont d’autant plus riches en espèces qu’elles sont entourées d’autres jardins privés.

50,5 %
part des « espaces verts » d’Île-de-France occupée par les jardins privés, zones agricoles exclues

À votre échelle, la marge de manœuvre reste réelle. Les gestes que les foyers français déclarent déjà pour les pollinisateurs sont détaillés sur la fiche ce que les jardiniers font pour les pollinisateurs, et les achats de plantes mellifères sur plantes mellifères dans les jardins. Pour équiper un recoin, notre guide quel hôtel à insectes choisir pour un petit jardin ou un balcon et le rayon hôtels à insectes donnent les modèles disponibles.

Méthode et périmètre : les chiffres de cette fiche sont ceux publiés par Vigie-Nature le 3 janvier 2019 et par la page de résultats du Spipoll, consultée le 27 septembre 2026. Le seuil s’exprime d’abord en surface, environ 4 700 mètres carrés de jardins dans un rayon de 100 mètres ; la correspondance avec huit jardins dépend de la surface moyenne de 571 mètres carrés retenue par l’étude. Les collections analysées viennent d’Île-de-France : aucune mesure nationale équivalente n’est publiée à ce jour. Ce sont des observations bénévoles, pas un protocole de relevé professionnel.

Questions fréquentes

Combien de mètres carrés de jardins faut-il autour de chez soi pour les pollinisateurs ?
Environ 4 700 mètres carrés de jardins dans un rayon de 100 mètres autour du point d’observation, d’après le calcul publié par Marine Levé sur les collections du Spipoll. Avec une surface moyenne de jardin de 571 mètres carrés, cela équivaut à huit jardins dans ce rayon.
Un seul jardin peut-il suffire à favoriser les pollinisateurs ?
Non : l’étude montre que les collections sont d’autant plus riches en espèces qu’elles sont entourées d’autres jardins privés, dans un rayon de 50 et 100 mètres. Un jardin isolé au milieu de surfaces imperméables ne produit pas le même effet qu’un réseau de jardins voisins.
Quels insectes profitent le plus des jardins privés ?
Les papillons (Lépidoptères) et les mouches (Diptères), d’après cette étude menée en Île-de-France. Les abeilles et les bourdons, plus tolérants au milieu urbain, en profitent moins nettement, et la diversité diminue quand les surfaces imperméables augmentent autour des jardins.
Ces chiffres valent-ils partout en France ?
Non. Les 2 470 collections analysées ont été photographiées en Île-de-France, et le seuil de 4 700 mètres carrés dépend de la surface moyenne de jardin retenue, 571 mètres carrés. Aucune mesure nationale équivalente n’a été publiée.

Sources

  1. Muséum national d’Histoire naturelle, programme Vigie-Nature, « Dix jardins dans un quartier peuvent faire la différence ! », entretien avec Marine Levé sur les jardins d’Île-de-France et les pollinisateurs, 3 janvier 2019, étude publiée dans Science of The Total Environment.
  2. Muséum national d’Histoire naturelle et Office pour les insectes et leur environnement, Spipoll, résultats scientifiques du Suivi photographique des insectes pollinisateurs, programme lancé en 2010, page consultée le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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