Ce repère vient d’un entretien publié par Vigie-Nature, le programme de sciences participatives du Muséum national d’Histoire naturelle, le 3 janvier 2019, avec Marine Levé, alors doctorante au Muséum. Son travail porte sur 2 470 collections de photos d’insectes pollinisateurs, prises par des participants au Spipoll dans les jardins privés mais aussi dans les espaces publics d’Île-de-France, parcs, bords de route et prairies compris. La publication complète est parue dans la revue Science of The Total Environment.
La densité des jardins voisins fait l’effet
Le résultat central tient en une phrase : les collections sont d’autant plus riches en espèces qu’elles sont entourées d’autres jardins privés, ce dans un rayon de 50 et 100 mètres autour du participant. Autrement dit, ce n’est pas seulement la qualité du jardin que vous entretenez qui compte, mais le nombre de jardins autour du vôtre. L’auteure de l’étude le formule sans détour : personne ne peut faire de miracle s’il reste isolé.
Ce que l’étude observe dans les jardins
- C’est à l’intérieur des jardins que la plus forte richesse en pollinisateurs est observée, comparée aux autres zones de l’espace public du même secteur.
- Ce sont les papillons (Lépidoptères) et les mouches (Diptères) qui profitent le plus des jardins privés. Les abeilles et les bourdons (Hyménoptères) sont, eux, légèrement plus tolérants au milieu urbain.
- À l’échelle de plusieurs quartiers, jusqu’à 1 km de rayon, plus les surfaces imperméables autour des jardins sont importantes, plus la diversité des insectes diminue.
D’où viennent ces observations
Ces 2 470 collections ne sont pas un relevé de professionnels : elles ont été photographiées par des participants au Spipoll, l’observatoire de sciences participatives lancé en 2010 qui rassemble des photos d’insectes butineurs prises partout en France, souvent dans le jardin de l’observateur. Une collection compte en moyenne 8 à 9 photos, contre 14 pour celles réalisées sur un châtaignier en fleurs, l’arbre le plus visité par les pollinisateurs en France. La page de résultats du programme confirme de son côté le même effet de réseau : les collections y sont d’autant plus riches en espèces qu’elles sont entourées d’autres jardins privés.
À votre échelle, la marge de manœuvre reste réelle. Les gestes que les foyers français déclarent déjà pour les pollinisateurs sont détaillés sur la fiche ce que les jardiniers font pour les pollinisateurs, et les achats de plantes mellifères sur plantes mellifères dans les jardins. Pour équiper un recoin, notre guide quel hôtel à insectes choisir pour un petit jardin ou un balcon et le rayon hôtels à insectes donnent les modèles disponibles.
Méthode et périmètre : les chiffres de cette fiche sont ceux publiés par Vigie-Nature le 3 janvier 2019 et par la page de résultats du Spipoll, consultée le 27 septembre 2026. Le seuil s’exprime d’abord en surface, environ 4 700 mètres carrés de jardins dans un rayon de 100 mètres ; la correspondance avec huit jardins dépend de la surface moyenne de 571 mètres carrés retenue par l’étude. Les collections analysées viennent d’Île-de-France : aucune mesure nationale équivalente n’est publiée à ce jour. Ce sont des observations bénévoles, pas un protocole de relevé professionnel.