En 2023, la France a prélevé 29,4 milliards de m³ au total, dont 28,9 milliards de m³ en métropole. Ce volume, qui laisse de côté la production hydroélectrique, est presque identique à celui de 2022. Rapporté au milieu des années 2000, le volume prélevé en métropole a reculé de 16 % : la baisse n’est pas celle d’une année sèche, elle est engagée depuis près de vingt ans.
Ce qui a baissé, et ce qui a monté
Le SDES suit chaque usage séparément. Trois reculent entre 2008 et 2023 : les usages industriels de 33 %, le refroidissement des centrales électriques de 27 %, en dehors du turbinage des barrages hydroélectriques, et la production d’eau potable de 8 %. Un seul avance sur la période, l’irrigation, de 8 %.
| Usage | Évolution 2008-2023 | Volume prélevé en 2023 |
|---|---|---|
| Refroidissement des centrales électriques | -27 % | 13,1 milliards de m³ |
| Usages industriels et autres activités économiques | -33 % | 2,1 milliards de m³ |
| Production d’eau potable | -8 % | 5,1 milliards de m³ |
| Usages agricoles, essentiellement l’irrigation | +8 % | 2,8 milliards de m³ |
| Ensemble des prélèvements | -16 % | 28,9 milliards de m³ |
Évolution des volumes prélevés en France métropolitaine entre 2008 et 2023, hors production hydroélectrique, et volumes de 2023. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.
Le +8 % de l’irrigation ne traduit pas un besoin qui monterait en continu : les étés secs de la période pèsent sur la moyenne. En élargissant l’analyse à des périodes plus longues, qui lissent les effets de la météo, le SDES juge les prélèvements quasiment stables entre les années 2008 à 2010 et 2020 à 2023. Le reste du tableau a bel et bien changé, et le poids de chaque usage dans le total s’en trouve déplacé.
Pourquoi le total recule
Le SDES rattache la baisse principalement aux usages industriels et au refroidissement des centrales électriques. Ces deux postes restent les plus gros volumes de 2023 : le refroidissement des centrales mobilise 45 % des prélèvements métropolitains et l’industrie 7 %. Une précaution de lecture vaut ici : le refroidissement et l’alimentation des canaux de navigation, 20 % des volumes, restituent au milieu naturel la quasi-totalité de l’eau qu’ils prélèvent.
L’année 2023 n’est pas neutre pour lire ces séries. Les étiages ont été particulièrement bas, et des arrêtés préfectoraux ont restreint les prélèvements : près de 10 % de la France métropolitaine était concerné fin mai 2023, et plus d’un tiers du territoire entre mi-juillet et la fin octobre.
Ce que ça change pour votre jardin
À l’échelle du pays, la ressource n’est pas prélevée plus qu’avant, mais elle est plus souvent sous contrainte au moment où le jardin en a besoin. Le calculateur du besoin en eau d’arrosage chiffre les litres à apporter, mois par mois et par département ; les arrêtés en vigueur sont suivis dans Les restrictions d’eau par département. Le détail des volumes consommés, et non plus seulement prélevés, est dans Les consommations d’eau par usage en France.
Source principale : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026. Les évolutions 2008-2023 et la répartition par usage portent sur la France métropolitaine, hors production hydroélectrique ; le total de 29,4 milliards de m³ porte sur la France entière, dont 28,9 milliards de m³ en métropole. Données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre.