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830 000 tonnes de déchets verts brûlés au jardin chaque année

Le brûlage à l’air libre est interdit, il reste courant. Ce que l’estimation nationale représente, qui le pratique, pourquoi la sanction ne suit pas, et ce qui évite le feu.

En bref

Combien de déchets verts les particuliers brûlent-ils en France ?

Le CITEPA estimait à environ 830 000 tonnes les déchets verts brûlés chaque année par les particuliers, pour 2021. L’enquête menée par le Crédoc pour l’ADEME en 2023 montre que 15 % des personnes qui ont un jardin déclarent brûler au moins un type de déchet vert, une pratique interdite toute l’année. Comme 45 % des personnes interrogées disent voir un voisin brûler, la pratique est probablement sous-déclarée.

Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit toute l’année en France, et l’interdiction a été renforcée par la loi du 10 février 2020. La pratique reste pourtant répandue au fond des jardins. Le CITEPA, l’organisme qui établit l’inventaire national des émissions, estimait à environ 830 000 tonnes la quantité de déchets verts brûlés annuellement par les particuliers, pour l’année 2021. Ces feux échappent par nature aux déchèteries comme à la collecte en porte à porte : il s’agit d’une estimation, et non d’un tonnage pesé.

830 000 t
de déchets verts brûlés par an par les particuliers, CITEPA 2021
15 %
des personnes qui ont un jardin déclarent brûler au moins un déchet vert, ADEME 2023
160 kg
de déchets verts produits par personne et par an, moyenne ADEME

Ce que mesure l’enquête de l’ADEME

L’étude de l’ADEME sur les comportements liés au brûlage a été réalisée par le Crédoc et publiée en mars 2023. Elle repose sur une enquête quantitative auprès de 2 559 personnes de 18 ans et plus résidant en France et disposant d’un jardin ou d’un extérieur privatif, complétée par des entretiens avec une dizaine de collectivités. Les proportions qui suivent sont donc déclaratives : elles portent sur des pratiques rapportées par les personnes interrogées, pas sur des flux pesés.

Pratique de gestion des déchets vertsPart des personnes qui ont un jardin
Compostage d’au moins un déchet vert63 %
Apport en déchèterieune personne sur deux
Collecte en porte à porte16 %
Brûlage à l’air libre d’au moins un déchet vert15 %
Broyage ou mulchingune personne sur dix

Pratiques déclarées par les 2 559 personnes interrogées, étude ADEME et Crédoc publiée en mars 2023. Une même personne peut cumuler plusieurs pratiques.

La pratique est interdite, ce qui pèse sur les réponses. Trois fois plus nombreuses que celles qui se déclarent concernées, 45 % des personnes interrogées disent qu’un voisin ou une personne vivant à proximité brûle des déchets verts de son jardin. Le brûlage est aussi plus fréquent chez les 25-39 ans : 22 % d’entre eux déclarent brûler au moins un type de déchet vert, soit 7 points de plus que l’ensemble des personnes interrogées. L’enquête ne renseigne en revanche ni sur le volume brûlé, ni sur la fréquence de la pratique.

Pourquoi cette pratique persiste

  • 9 % des personnes qui brûlent disent ne pas avoir d’autre moyen d’éliminer ces déchets.
  • 8 % invoquent une déchèterie difficile d’accès.
  • 7 % ne connaissent pas de solution alternative.
  • 7 % y associent le plaisir de faire du feu à l’air libre.
  • 6 % déclarent que leur collectivité ne propose aucune alternative.

Ce qui retient le plus celles et ceux qui ne brûlent pas, c’est l’interdiction elle-même, citée par 59 % d’entre eux, devant la pollution de l’air, citée par 35 %. La sanction reste théorique : 84 % des personnes qui brûlent au moins un de leurs déchets verts déclarent n’avoir jamais été sanctionnées. Du côté des riverains gênés, 22 % disent que cela ne les dérange pas, 18 % que cela les gêne sans qu’ils l’aient jamais signalé, et 5 % seulement l’ont signalé à la mairie, à la police ou à la gendarmerie.

Le brûlage n’est pas qu’une gêne de voisinage. Selon le CITEPA, plus de 6 % des émissions annuelles de particules fines PM2,5 du secteur résidentiel sont liées aux feux de déchets verts (rapport SECTEN, année 2021). La combustion se fait dans de mauvaises conditions : végétaux humides, oxygène de l’air qui accède mal au foyer. La personne la plus exposée est celle qui brûle, puis son entourage proche.

50 kg
de déchets verts brûlés au jardin émettent autant de particules fines PM2,5 que parcourir 34 000 à 37 000 km avec une voiture particulière récente à essence ou diesel

Rien n’oblige à brûler. Le compostage concerne déjà 63 % des personnes qui ont un jardin ; le broyage transforme les tailles en paillage ou en matière à composter, et une haie sèche se monte avec les branches. Ce que vous ne pouvez pas valoriser sur place se dépose en déchèterie, que l’étude de l’ADEME classe au second rang des pratiques. Pour les tonnages que les déchèteries reçoivent, voir ce que les déchèteries reçoivent de déchets verts ; pour les équipements et la pratique du compostage, notre fiche sur le compostage. Un tas de feuilles se monte aussi sans composteur, comme le détaille notre guide que faire des feuilles mortes sans tas de compost.

Questions fréquentes

Le brûlage des déchets verts est-il autorisé en France ?
Non. Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit toute l’année, une interdiction renforcée par la loi du 10 février 2020. L’étude de l’ADEME montre que la règle est mal connue et peu appliquée : 84 % des personnes qui brûlent au moins un de leurs déchets verts déclarent n’avoir jamais été sanctionnées.
Combien de personnes brûlent leurs déchets verts en France ?
Dans l’enquête menée par le Crédoc pour l’ADEME en 2023, 15 % des personnes ayant un jardin déclarent brûler au moins un type de déchet vert. Ce chiffre est déclaratif et probablement inférieur à la réalité, puisque 45 % des personnes interrogées disent observer cette pratique chez un voisin.
Quelle quantité de déchets verts est brûlée chaque année en France ?
Le CITEPA estimait à environ 830 000 tonnes les déchets verts brûlés annuellement par les particuliers, pour l’année 2021. Ce tonnage est une estimation : ces feux ne passent par aucun circuit de collecte, et l’enquête auprès des particuliers ne mesure ni les volumes ni la fréquence du brûlage.
Que faire de ses déchets verts au lieu de les brûler ?
Le compostage arrive en tête des pratiques, cité par 63 % des personnes qui ont un jardin, devant l’apport en déchèterie. Le broyage et le mulching permettent de réutiliser les tailles en paillage ou en compost, et la tonte sans ramassage laisse l’herbe sur place. Ce que vous ne pouvez ni broyer ni composter part en déchèterie.

Sources

  1. ADEME et Crédoc, Analyse sociologique des comportements liés au brûlage des déchets verts, enquêtes auprès des particuliers et des collectivités, publié en mars 2023, chiffres CITEPA 2021.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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