Aller au contenu principal

Retours sous 30 jours. Détails

Jarditips

Ce que les collectivités mettent en place contre le brûlage des déchets verts

Recensement national, cinq familles de dispositifs, montants observés et exemples de terrain : ce que les collectivités françaises ont mis en place pour détourner les déchets verts du feu.

En bref

Que proposent les collectivités contre le brûlage des déchets verts ?

Sur les 135 initiatives recensées par l’ADEME dans les collectivités françaises, 73 portent sur le broyage, la solution la plus fréquente. Les collectivités peuvent prendre en charge 10 à 100 % du prix d’un broyeur, avec un plafond d’environ 500 € TTC, prêter ou louer du matériel, ou encore faire broyer sur place par un agent ou un prestataire.

Brûler ses tailles en plein air est interdit en France toute l’année, et le rappel de cette interdiction ne suffit pas à faire tomber la pratique. L’étude de l’ADEME consacrée aux solutions alternatives au brûlage prend le sujet par l’autre bout : ce qu’une collectivité peut installer sur son territoire, avec quels moyens et pour quel budget. Réalisée par le bureau d’études Ecogeos, éditée en 2023 et mise en ligne en mars 2024, elle s’adresse directement aux communes et aux intercommunalités.

135
initiatives recensées en France, sans viser l’exhaustivité
73
portent sur le broyage, tous modes de gestion confondus
44
fiches retour d’expérience rédigées à partir de ce recensement

Le broyage, première réponse des collectivités

Le recensement range les 135 initiatives en trois familles : 64 relèvent de la gestion de proximité, 34 de la prévention et 37 de la gestion centralisée, cette dernière désignant les collectes et les traitements en bout de chaîne. Le broyage traverse ces trois familles et concentre 73 initiatives, ce qui en fait la réponse la plus répandue. Le panorama documente aussi les territoires : 51 initiatives ont été relevées en zone rurale, 37 en zone mixte et 33 en zone urbaine, et 50 se situent dans des départements soumis à l’obligation légale de débroussaillement, où le volume de branchages à évacuer est plus élevé.

Zones rurales51
Zones mixtes37
Zones urbaines33

Typologie d’habitat des 135 initiatives recensées. L’ADEME précise que le recensement n’est pas exhaustif. Source : ADEME et Ecogeos, 2023.

Cinq dispositifs possibles

  • La subvention à l’achat d’un broyeur, versée par la commune ou l’intercommunalité, sans passer par un partenaire local.
  • L’aide à la location, dans le cadre d’une convention signée avec les jardineries et les magasins de motoculture du territoire.
  • Le prêt ou la location de broyeurs achetés en régie, avec réservation, état des lieux et prise en main du matériel.
  • Le broyage à domicile confié à un prestataire, que l’habitant contacte directement et qui rend compte à la collectivité.
  • Le broyage à domicile réalisé par un agent de la collectivité, sur rendez-vous et souvent contre signature d’une charte.

Ce que ces dispositifs coûtent

Les retours d’expérience donnent un cadre assez large. La prise en charge d’un achat de broyeur va de 10 à 100 % du prix, avec un plafond d’environ 500 € TTC, le pourcentage dépendant souvent du nombre de foyers réunis pour acheter ensemble. Certaines collectivités conditionnent l’aide à un matériel minimal : au moins 4 CV pour un broyeur thermique, 1 700 W pour un électrique, et un prix d’achat d’environ 250 €. Le SYCLUM, qui réunit 94 communes en Isère et en Savoie, a ainsi subventionné l’achat de 100 broyeurs par des collectifs d’au moins deux foyers, à hauteur de 25 à 40 % du prix dans la limite de 500 €, pour une enveloppe d’environ 10 000 € par an.

DispositifCe que montrent les retours d’expérience
Subvention à l’achat10 à 100 % du prix, plafond d’environ 500 € TTC
Prêt en régie, SIRTOM de la Vallée de la Grosne5 broyeurs achetés pour 10 000 €, 20 € la demi-journée, environ 200 locations par an
Prêt en régie, SMICTOM de Valcobreizh2 broyeurs à 5 000 €, 140 emprunts par an, 200 tonnes de déchets verts détournées
Matériel de regroupementbroyeurs thermiques d’une valeur moyenne de 1 200 €, jusqu’à 5 cm de diamètre

Le broyat obtenu tient dans peu de place : l’étude rappelle que le volume des végétaux est réduit de six à sept fois au passage. Il sert de paillage, de structurant pour le compost ou de litière, et plusieurs collectivités font de sa valorisation sur place une condition d’accès au service. Rien n’oblige pour autant à attendre un dispositif communal : peu de jardiniers broient déjà leurs déchets verts, le paillage organique au pied d’un jeune arbre détaille les usages du broyat, et ce qui ferait cesser le brûlage donne la parole aux personnes concernées.

Chiffres issus du panorama technico-économique de l’ADEME, réalisé par Ecogeos, édité en 2023 et mis en ligne le 19 mars 2024. Le recensement porte sur 135 initiatives de collectivités, identifiées de manière non exhaustive à l’échelle nationale, dont 73 concernent le broyage.

Questions fréquentes

Combien d’initiatives les collectivités ont-elles mis en place contre le brûlage ?
L’ADEME en a recensé 135 à l’échelle nationale, sans prétendre à l’exhaustivité, et en a tiré 44 fiches retour d’expérience. Le broyage domine avec 73 initiatives, devant les actions de prévention et les solutions de gestion centralisée comme la collecte.
Une collectivité peut-elle aider à l’achat d’un broyeur ?
Oui. Les retours d’expérience montrent une prise en charge de 10 à 100 % du prix d’achat, avec un plafond d’environ 500 € TTC. Le pourcentage dépend souvent du nombre de foyers regroupés pour l’achat, et l’aide peut être réservée à un matériel d’au moins 4 CV en thermique ou 1 700 W en électrique.
Comment emprunter un broyeur près de chez soi ?
Le principe est celui d’un prêt en régie : la collectivité achète le matériel, l’habitant réserve un créneau, signe une convention et repart avec le broyeur pour une journée à une dizaine de jours. Le SIRTOM de la Vallée de la Grosne demande 20 € par location à la demi-journée, pour environ 200 locations par an.
Le broyat a-t-il une valeur au jardin ?
Oui, et c’est ce qui justifie ces dispositifs : le volume des végétaux broyés est réduit de six à sept fois, et le broyat sert de paillage, d’agent structurant pour le compost ou de litière. Plusieurs collectivités font de son utilisation sur place une condition pour accéder au service de broyage.

Sources

  1. ADEME, étude réalisée par Ecogeos, Solutions alternatives au brûlage pour valoriser les végétaux, panorama technico-économique et outils d’aide à la sélection pour les collectivités, édité en 2023, mis en ligne le 19 mars 2024.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

Dans le même hub

Voir tous les chiffres du jardin en France