Brûler ses tailles en plein air est interdit en France toute l’année, et le rappel de cette interdiction ne suffit pas à faire tomber la pratique. L’étude de l’ADEME consacrée aux solutions alternatives au brûlage prend le sujet par l’autre bout : ce qu’une collectivité peut installer sur son territoire, avec quels moyens et pour quel budget. Réalisée par le bureau d’études Ecogeos, éditée en 2023 et mise en ligne en mars 2024, elle s’adresse directement aux communes et aux intercommunalités.
Le broyage, première réponse des collectivités
Le recensement range les 135 initiatives en trois familles : 64 relèvent de la gestion de proximité, 34 de la prévention et 37 de la gestion centralisée, cette dernière désignant les collectes et les traitements en bout de chaîne. Le broyage traverse ces trois familles et concentre 73 initiatives, ce qui en fait la réponse la plus répandue. Le panorama documente aussi les territoires : 51 initiatives ont été relevées en zone rurale, 37 en zone mixte et 33 en zone urbaine, et 50 se situent dans des départements soumis à l’obligation légale de débroussaillement, où le volume de branchages à évacuer est plus élevé.
Typologie d’habitat des 135 initiatives recensées. L’ADEME précise que le recensement n’est pas exhaustif. Source : ADEME et Ecogeos, 2023.
Cinq dispositifs possibles
- La subvention à l’achat d’un broyeur, versée par la commune ou l’intercommunalité, sans passer par un partenaire local.
- L’aide à la location, dans le cadre d’une convention signée avec les jardineries et les magasins de motoculture du territoire.
- Le prêt ou la location de broyeurs achetés en régie, avec réservation, état des lieux et prise en main du matériel.
- Le broyage à domicile confié à un prestataire, que l’habitant contacte directement et qui rend compte à la collectivité.
- Le broyage à domicile réalisé par un agent de la collectivité, sur rendez-vous et souvent contre signature d’une charte.
Ce que ces dispositifs coûtent
Les retours d’expérience donnent un cadre assez large. La prise en charge d’un achat de broyeur va de 10 à 100 % du prix, avec un plafond d’environ 500 € TTC, le pourcentage dépendant souvent du nombre de foyers réunis pour acheter ensemble. Certaines collectivités conditionnent l’aide à un matériel minimal : au moins 4 CV pour un broyeur thermique, 1 700 W pour un électrique, et un prix d’achat d’environ 250 €. Le SYCLUM, qui réunit 94 communes en Isère et en Savoie, a ainsi subventionné l’achat de 100 broyeurs par des collectifs d’au moins deux foyers, à hauteur de 25 à 40 % du prix dans la limite de 500 €, pour une enveloppe d’environ 10 000 € par an.
| Dispositif | Ce que montrent les retours d’expérience |
|---|---|
| Subvention à l’achat | 10 à 100 % du prix, plafond d’environ 500 € TTC |
| Prêt en régie, SIRTOM de la Vallée de la Grosne | 5 broyeurs achetés pour 10 000 €, 20 € la demi-journée, environ 200 locations par an |
| Prêt en régie, SMICTOM de Valcobreizh | 2 broyeurs à 5 000 €, 140 emprunts par an, 200 tonnes de déchets verts détournées |
| Matériel de regroupement | broyeurs thermiques d’une valeur moyenne de 1 200 €, jusqu’à 5 cm de diamètre |
Le broyat obtenu tient dans peu de place : l’étude rappelle que le volume des végétaux est réduit de six à sept fois au passage. Il sert de paillage, de structurant pour le compost ou de litière, et plusieurs collectivités font de sa valorisation sur place une condition d’accès au service. Rien n’oblige pour autant à attendre un dispositif communal : peu de jardiniers broient déjà leurs déchets verts, le paillage organique au pied d’un jeune arbre détaille les usages du broyat, et ce qui ferait cesser le brûlage donne la parole aux personnes concernées.
Chiffres issus du panorama technico-économique de l’ADEME, réalisé par Ecogeos, édité en 2023 et mis en ligne le 19 mars 2024. Le recensement porte sur 135 initiatives de collectivités, identifiées de manière non exhaustive à l’échelle nationale, dont 73 concernent le broyage.