Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit toute l’année. Pour savoir ce qui ferait vraiment baisser la pratique, l’analyse sociologique menée par le Crédoc pour l’ADEME, publiée en mars 2023, a interrogé directement les personnes concernées. Les réponses qui suivent portent sur un sous-ensemble précis : les personnes qui déclarent brûler au moins un de leurs déchets verts, et non l’ensemble des jardiniers.
Ce que les personnes qui brûlent attendent
Le premier levier est l’accès à un service qui n’existe pas encore sur leur territoire. Près des trois-quarts citent la collecte en porte à porte, le broyage à domicile ou une plateforme collective de broyage : mis à disposition, ces services les inciteraient à renoncer au feu. Vient ensuite la demande d’assouplir ce qui existe déjà, c’est-à-dire élargir les horaires des déchèteries, augmenter la fréquence des collectes et accepter les sacs ou les fagots en porte à porte. Les deux-tiers des personnes qui brûlent s’en contenteraient.
| Levier attendu | Part des personnes qui brûlent |
|---|---|
| Nouveaux services : collecte en porte à porte, broyage à domicile, plateforme collective | près des trois-quarts |
| Assouplissement des services existants : horaires, fréquences, sacs et fagots | les deux-tiers |
| Aide économique : achat d’un broyeur, composteur gratuit ou à tarif réduit | près de six sur dix |
| Accompagnement ou information | 52 % |
| Verbalisation effective | 28 % |
Réponses des personnes déclarant brûler au moins un de leurs déchets verts, enquête du Crédoc pour l’ADEME publiée en mars 2023.
L’argument économique arrive ensuite : près de six personnes sur dix seraient sensibles à une aide financière pour l’achat d’un broyeur, ou à la distribution d’un composteur gratuit ou à tarif préférentiel. Un peu plus de la moitié, 52 %, attendent un accompagnement ou une information, ce qui recoupe le déficit de connaissances relevé par l’étude : la réglementation comme les effets du brûlage sur l’air et la santé restent mal connus des ménages.
Ce que ça change au jardin
Aucun de ces leviers ne demande d’attendre sa collectivité pour commencer. La fiche sur le broyage des déchets verts montre comment une partie des jardiniers transforment déjà leurs tailles en paillage ou en matière à composter, et notre guide que faire des feuilles mortes sans tas de compost détaille ce qui se valorise sur place sans équipement lourd. Pour situer la pratique du feu, voir combien de déchets verts sont brûlés en France, et pour le tonnage reçu par les déchèteries, ce qui est collecté chaque année.
Ce que l’étude recommande aux collectivités
- Présenter le déchet vert comme une ressource végétale valorisable localement, plutôt que comme un déchet à évacuer.
- Faire connaître l’impact du brûlage sur la qualité de l’air et la santé, cité loin derrière la gêne causée par les fumées.
- Combiner les deux, l’enquête auprès des collectivités concluant que l’interdiction n’est cohérente que si des solutions alternatives existent sur le territoire.
Chiffres issus de l’enquête quantitative du Crédoc pour l’ADEME, réalisée auprès de 2 559 personnes de 18 ans et plus résidant en France et disposant d’un jardin ou d’un extérieur privatif, complétée par des entretiens avec une dizaine de collectivités. Synthèse publiée en mars 2023.