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Ce qui ferait cesser le brûlage des déchets verts au jardin

Nouveaux services, horaires de déchèterie élargis, aide à l’achat d’un broyeur, information : ce que les personnes qui brûlent disent attendre, et le peu de poids de la sanction dans leurs réponses.

En bref

Qu’est-ce qui ferait cesser le brûlage des déchets verts ?

Dans l’enquête menée par le Crédoc pour l’ADEME en 2023, près des trois-quarts des personnes qui brûlent au moins un de leurs déchets verts cesseraient si de nouveaux services existaient : collecte en porte à porte, broyage à domicile ou plateforme collective. Les deux-tiers attendent un assouplissement des services actuels, près de six sur dix une aide économique, et 28 % seulement la verbalisation.

Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit toute l’année. Pour savoir ce qui ferait vraiment baisser la pratique, l’analyse sociologique menée par le Crédoc pour l’ADEME, publiée en mars 2023, a interrogé directement les personnes concernées. Les réponses qui suivent portent sur un sous-ensemble précis : les personnes qui déclarent brûler au moins un de leurs déchets verts, et non l’ensemble des jardiniers.

près des trois-quarts
seraient incitées à arrêter si de nouveaux services étaient proposés
les deux-tiers
seraient dissuadées par un assouplissement des services déjà en place
près de 6 sur 10
seraient sensibles à une aide économique, broyeur ou composteur

Ce que les personnes qui brûlent attendent

Le premier levier est l’accès à un service qui n’existe pas encore sur leur territoire. Près des trois-quarts citent la collecte en porte à porte, le broyage à domicile ou une plateforme collective de broyage : mis à disposition, ces services les inciteraient à renoncer au feu. Vient ensuite la demande d’assouplir ce qui existe déjà, c’est-à-dire élargir les horaires des déchèteries, augmenter la fréquence des collectes et accepter les sacs ou les fagots en porte à porte. Les deux-tiers des personnes qui brûlent s’en contenteraient.

Levier attenduPart des personnes qui brûlent
Nouveaux services : collecte en porte à porte, broyage à domicile, plateforme collectiveprès des trois-quarts
Assouplissement des services existants : horaires, fréquences, sacs et fagotsles deux-tiers
Aide économique : achat d’un broyeur, composteur gratuit ou à tarif réduitprès de six sur dix
Accompagnement ou information52 %
Verbalisation effective28 %

Réponses des personnes déclarant brûler au moins un de leurs déchets verts, enquête du Crédoc pour l’ADEME publiée en mars 2023.

28 %
des personnes qui brûlent citent la verbalisation comme ce qui les ferait changer, alors que 84 % d’entre elles déclarent n’avoir jamais été sanctionnées (ADEME 2023)

L’argument économique arrive ensuite : près de six personnes sur dix seraient sensibles à une aide financière pour l’achat d’un broyeur, ou à la distribution d’un composteur gratuit ou à tarif préférentiel. Un peu plus de la moitié, 52 %, attendent un accompagnement ou une information, ce qui recoupe le déficit de connaissances relevé par l’étude : la réglementation comme les effets du brûlage sur l’air et la santé restent mal connus des ménages.

Ce que ça change au jardin

Aucun de ces leviers ne demande d’attendre sa collectivité pour commencer. La fiche sur le broyage des déchets verts montre comment une partie des jardiniers transforment déjà leurs tailles en paillage ou en matière à composter, et notre guide que faire des feuilles mortes sans tas de compost détaille ce qui se valorise sur place sans équipement lourd. Pour situer la pratique du feu, voir combien de déchets verts sont brûlés en France, et pour le tonnage reçu par les déchèteries, ce qui est collecté chaque année.

Ce que l’étude recommande aux collectivités

  • Présenter le déchet vert comme une ressource végétale valorisable localement, plutôt que comme un déchet à évacuer.
  • Faire connaître l’impact du brûlage sur la qualité de l’air et la santé, cité loin derrière la gêne causée par les fumées.
  • Combiner les deux, l’enquête auprès des collectivités concluant que l’interdiction n’est cohérente que si des solutions alternatives existent sur le territoire.

Chiffres issus de l’enquête quantitative du Crédoc pour l’ADEME, réalisée auprès de 2 559 personnes de 18 ans et plus résidant en France et disposant d’un jardin ou d’un extérieur privatif, complétée par des entretiens avec une dizaine de collectivités. Synthèse publiée en mars 2023.

Questions fréquentes

Que demandent en priorité les personnes qui brûlent leurs déchets verts ?
Un service de proximité. Près des trois-quarts d’entre elles seraient incitées à ne plus brûler si une collecte en porte à porte, un broyage à domicile ou une plateforme collective était proposée. Les deux-tiers se contenteraient d’un assouplissement de ce qui existe déjà : horaires de déchèterie plus larges, collectes plus fréquentes, sacs ou fagots acceptés en porte à porte.
Une sanction plus systématique ferait-elle cesser le brûlage ?
C’est le levier le moins cité : 28 % des personnes qui brûlent disent qu’elles seraient moins incitées à le faire si la verbalisation était effective. Le rappel de l’interdiction et l’information sur les solutions alternatives sont cités bien plus souvent, et 84 % des personnes concernées déclarent n’avoir jamais été sanctionnées.
Combien de personnes seraient sensibles à une aide pour acheter un broyeur ?
Près de six personnes sur dix qui brûlent leurs déchets verts se disent sensibles à l’argument économique : une aide financière pour l’achat d’un broyeur, ou la distribution d’un composteur gratuit ou à tarif préférentiel. L’étude y voit un levier d’équipement, au même titre que le prêt ou la location de broyeurs pratiqués par certaines collectivités.
L’information suffit-elle à faire changer la pratique ?
Elle manque en tout cas. 52 % des personnes qui brûlent attendent un accompagnement ou une information, et l’étude relève que la réglementation comme les effets du brûlage sur l’air et la santé sont mal connus. L’enquête auprès des collectivités montre la même tendance chez les élus, qui privilégient le rappel de l’interdiction à la sanction.

Sources

  1. ADEME et Crédoc, Analyse sociologique des comportements liés au brûlage des déchets verts, enquêtes auprès des particuliers et des collectivités, publié en mars 2023, chiffres CITEPA 2021.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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