Tontes, feuilles, tailles de haies et branches suivent trois voies. La déchèterie publique, où les particuliers les apportent eux-mêmes, la collecte séparée des biodéchets, quand la commune en organise une, et le compostage ou le paillage sur place, qui ne passe par aucun circuit de collecte. Cette fiche porte sur les tonnages, relevés par l’enquête Collecte de l’ADEME. La part des ménages qui compostent, elle, est traitée dans notre fiche sur le compostage.
Le premier flux des déchèteries, devant les gravats
En 2024, les déchèteries du service public ont reçu 4,51 millions de tonnes de déchets verts, soit 4 509 kt et 68,3 kg par habitant desservi. Aucun autre flux n’atteint ce niveau : les déblais et gravats suivent avec 3,65 millions de tonnes, puis les encombrants, qui forment toujours le troisième flux, avec 20 % des tonnages. Le parc de déchèteries, lui, bouge peu, à 4 612 sites en 2024.
Tonnages reçus en déchèterie publique en 2024 par type de flux. Les barres sont proportionnelles aux tonnages, la barre des déchets verts servant de référence. Le rapport ajoute deux flux plus petits, déchets dangereux et autres déchets, environ 160 kt chacun, qui portent le total des déchèteries à 15 140 kt. Source : enquête Collecte 2024, ADEME.
Une année pluvieuse, des apports en hausse
| Année | Déchets verts reçus en déchèterie | Ratio par habitant desservi |
|---|---|---|
| 2015 | 4 017 kt | 63 kg |
| 2017 | 4 303 kt | 66 kg |
| 2019 | 4 160 kt | 64 kg |
| 2021 | 4 460 kt | 69 kg |
| 2023 | 4 148 kt | 63 kg |
| 2024 | 4 509 kt | 68,3 kg |
Déchets verts reçus dans les déchèteries du service public, en kilotonnes et en kilogrammes par habitant desservi. Source : enquête Collecte 2024, ADEME.
La série ne monte pas en ligne droite : 4 460 kt en 2021, un repli à 4 148 kt en 2023, puis 4 509 kt en 2024, le niveau le plus élevé de la série publiée depuis 2015. Les apports gagnent 360 000 tonnes en un an, et le rapport les relie d’abord à la météo : 2024 se classe parmi les dix années les plus pluvieuses mesurées en France depuis 1959, avec 1 075 mm en moyenne, et la pluviométrie commande directement la pousse de l’herbe et des haies. Deux départements échappent à cette lecture, les Pyrénées-Orientales avec un déficit de 10 % et l’Aude avec 20 %. L’interdiction des apports de tontes en déchèterie, décidée par certaines collectivités, reste peu répandue en 2024 : ses effets ne se lisent pas encore dans le total national.
Où partent les déchets verts après la déchèterie
En sortie de déchèterie, 71 % des flux partent en valorisation en 2024 : 44 % en valorisation matière hors organique et 28 % en valorisation organique. L’augmentation des apports de déchets verts se retrouve surtout dans cette seconde filière, très majoritairement orientée vers le compostage. La part envoyée directement en stockage recule dans le même temps, de 25 % en 2021 à 22 % en 2023 puis 20 % en 2024, et l’incinération directe reste stable, autour de 1 million de tonnes, soit 7 % des déchets sortants. Le rapport précise un point de lecture : la valorisation matière comprend aussi les refus de tri et les déchets de démolition concassés, elle ne signifie donc pas que tout est recyclé.
La collecte séparée, seconde voie pour les déchets verts
Quand la commune organise une collecte séparée des biodéchets, en porte à porte ou en apport volontaire, les déchets verts y passent par un autre circuit que la déchèterie. En 2024, cette collecte a pris en charge 1,25 million de tonnes de biodéchets auprès de 40,3 millions d’habitants desservis, soit un ratio de 31 kg par habitant desservi et de 18,4 kg rapporté à la population totale. Les déchets verts y pèsent 955 000 tonnes, contre 1 038 000 tonnes en 2021, et les déchets alimentaires 129 000 tonnes, un tonnage qui progresse chaque année depuis 2021. Le rapport note que les déchets verts déposés en déchèterie sont exclus de ce tableau. Il observe aussi que les ratios de collecte séparée sont plus élevés en ville qu’à la campagne : les collectes de déchets verts y sont plus souvent proposées, tandis qu’à la campagne ces déchets partent majoritairement en déchèterie ou restent sur place.
Et le compostage au fond du jardin
Le compostage individuel ou partagé et le paillage sur place ne passent par aucun service de collecte : ces gestes n’apparaissent donc ni dans les tonnages de déchèterie, ni dans ceux de la collecte séparée. L’ADEME les estime à environ 320 000 tonnes de biodéchets triés et recyclés à la source en 2024, soit 4,7 kg par habitant rapporté à la population nationale. Cette estimation repose sur les populations déclarées par les intercommunalités qui ont répondu au questionnaire. La gestion de proximité couvre 10,7 millions d’habitants, dont 9,5 millions avec une solution de compostage individuel et 1,2 million en compostage partagé, en hausse de 2,1 millions d’habitants en un an, soit au moins 16 % de la population. Les collectivités ont distribué un peu plus de 605 000 composteurs en 2024, deux fois plus qu’en 2021 : 822 d’entre elles proposent un composteur individuel et 396 un compostage partagé. Notre article sur le composteur souple détaille la mise en route de ces bacs.
Périmètre. Ces tonnages sont ceux des déchets ménagers et assimilés pris en charge par le service public de gestion des déchets, déchèteries publiques comprises, qui peuvent aussi accueillir des déchets de professionnels sous conditions. Les données sont représentatives de la France métropolitaine, de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion. Deux conventions cohabitent dans le rapport : les ratios rapportés à la population desservie, utilisés pour la déchèterie et la collecte séparée, et les performances rapportées à la population totale française 2024, utilisées pour les tonnages de biodéchets. Un déchet vert composté, paillé ou laissé sur la pelouse ne passe par aucune collecte : il n’est compté nulle part.
Reste la pratique. Composter ses tontes et ses tailles réduit d’autant ce qui part en déchèterie. Le volume du bac est le premier point de blocage : notre guide pour choisir son volume donne les repères, et le rayon composteurs réunit les bacs souples à trappe. La pratique des ménages est mesurée dans le compostage des foyers français.