Ces chiffres viennent de la page Borréliose de Lyme, données de Santé publique France, mise à jour le 20 février 2026. Le nombre de cas vus en médecine générale n’est pas un décompte : il est estimé à partir des cas signalés par les médecins volontaires du Réseau Sentinelles, 557 généralistes en 2024, soit 1,0 % de la profession, qui ont notifié 143 cas cette année-là. Ce nombre est ensuite extrapolé à l’ensemble de la France hexagonale. Les hospitalisations, elles, sont comptées dans la base du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), qui enregistre les séjours hospitaliers.
Une incidence qui a culminé en 2018, puis reflué
Entre 2009 et 2024, l’estimation du nombre de cas diagnostiqués en médecine générale a fluctué entre 26 146 cas, en 2014, et 68 530 cas, en 2018. Le taux d’incidence a suivi la même courbe, autour d’une moyenne estimée à 61 cas pour 100 000 habitants, de 41 pour 100 000 en 2014 à 104 pour 100 000 en 2018. La tendance s’est inversée à partir de 2020 pour descendre à 53 cas pour 100 000 habitants en 2024.
| Année | Cas estimés en médecine générale | Incidence pour 100 000 |
|---|---|---|
| 2009 | 29 072 | 46 |
| 2014 | 26 146 | 41 |
| 2018 | 68 530 | 104 |
| 2020 | 60 033 | 91 |
| 2021 | 46 598 | 71 |
| 2022 | 34 017 | 51 |
| 2023 | 39 052 | 59 |
| 2024 | 35 147 | 53 |
Estimation annuelle du nombre de cas de borréliose de Lyme diagnostiqués en médecine générale, France hexagonale, Réseau Sentinelles. Les années intermédiaires de la série figurent sur la page source, de 2009 à 2024.
La baisse observée en 2020 est à lire avec prudence : la pandémie de COVID-19 a pu réduire le recours aux soins et fausser la comparaison. Elle apparaît cependant aussi dans les hospitalisations, ce qui plaide pour une baisse réelle de l’incidence depuis 2020 plutôt que pour un seul effet de recours aux soins.
Ce que la maladie prend comme forme
En 2024, 96,5 % des cas notifiés en médecine générale se présentaient sous la forme d’un érythème migrant, 138 cas sur 143. Les autres formes restent rares, 5 cas au total, dont 4 neurologiques et 1 cutanée. Les hospitalisations, 633 cas en 2024 pour une incidence de 0,96 pour 100 000 habitants, en donnent une autre image : la moitié environ comporte des manifestations neurologiques, et les neuroborrélioses représentaient 0,53 cas pour 100 000 habitants. Ces hospitalisations sont plus fréquentes entre juin et octobre, et touchent surtout les enfants de 5 à 9 ans et les adultes de 70 à 79 ans.
Où les tiques se trouvent, et pourquoi le jardin compte
Le vecteur de la borréliose de Lyme en France est une tique dure du complexe Ixodes ricinus, décrite par Santé publique France dans les forêts de feuillus, les sous-bois et les prairies. L’agence ajoute les zones boisées péri-urbaines, les parcs en ville et les jardins privés, et cite explicitement les jardins parmi les lieux où se déroulent les activités exposantes. La tique est présente dans la plupart des régions hexagonales, sauf en haute altitude, dans les zones très sèches ou inondables, et elle n’a jamais été trouvée dans les départements et régions d’Outre-Mer. Son activité est saisonnière, d’avril à novembre dans les régions à climat continental, et peut se poursuivre toute l’année dans les régions plus douces.
Le risque n’est pas réparti également sur le territoire. En 2024, les anciennes régions d’Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté et du Centre dépassaient 100 cas pour 100 000 habitants en médecine de ville, quand l’ouest de la France et le sud-Est méditerranéen restaient sous les 50 cas pour 100 000 habitants. Le gradient est le même pour les hospitalisations, plus élevées dans l’Est et le Centre.
Ce que les personnes exposées déclarent faire
Le Baromètre de Santé publique France de 2024 donne la mesure des comportements. Dans la population, 28 % déclaraient avoir déjà été piquées par une tique au cours de leur vie et 5 % dans les douze derniers mois. Parmi les 23 % d’adultes qui se sentent exposés aux piqûres, 81 % portaient des vêtements longs pour se protéger, 65 % s’inspectaient à la recherche de tiques après une exposition à risque et 28 % utilisaient des répulsifs cutanés. En 2024, 16 % de la population métropolitaine déclarait n’avoir jamais entendu parler de la borréliose de Lyme, contre 35 % en 2016.
- Marcher sur les chemins tracés et éviter les hautes herbes, y compris dans les zones boisées qui bordent le jardin.
- Porter des vêtements couvrants et clairs, pour repérer une tique avant qu’elle ne se fixe sur la peau.
- Après un passage dans les herbes ou sous les arbres, examiner le corps en entier, sans oublier les plis cutanés, l’arrière des genoux, les aisselles et le cuir chevelu des enfants.
- Retirer une tique fixée le plus tôt possible, avec un crochet à tique ou une pince fine, puis désinfecter et surveiller la zone de piqûre pendant quatre semaines.
- Il n’existe pas de vaccin contre la borréliose de Lyme, et une infection ne protège pas pour la suite : les gestes de prévention valent à chaque saison.
Le jardin reste un espace de travail et de loisir, et le risque se limite à des gestes simples. La fiche Les accidents de jardinage en France chiffre l’autre risque du jardin, celle sur Où les chenilles processionnaires sont présentes couvre une autre nuisance sanitaire, et Combien de foyers ont un jardin donne l’échelle de la population concernée.