La question posée est celle des supports, pas des messages : l’enquête nationale sur le tri à la source des biodéchets demandait aux répondants de quelle façon ils aimeraient être informés davantage. Qualitest a recueilli 1 023 réponses représentatives de la métropole pour le compte de l’ADEME entre le 9 et le 31 janvier 2024, avec une marge d’erreur annoncée sous 3,10 %.
Canaux par lesquels les répondants aimeraient être informés davantage sur le tri des déchets alimentaires, question à choix multiples. Les barres sont proportionnelles à la citation, la plus longue valant 34,9 %. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Deux canaux de proximité devant le numérique
Le classement place côte à côte deux supports que tout oppose : la télévision, 34,9 %, et le courrier postal, 33,2 %, se tiennent en 1,7 point. Internet suit à 25,8 %, onze points derrière le premier. Viennent ensuite les réseaux sociaux à 17,6 %, la radio à 13,1 % et la presse à 13,0 %, presque à égalité, puis les échanges directs avec des ambassadeurs à 11,9 %. Le rapport en tire une consigne pour les collectivités qui déploient une solution de tri : privilégier la télévision et le courrier, et diversifier les supports selon le public visé.
Ce que les croisements par âge déplacent
Le même document croise ces préférences avec l’âge des répondants, et le résultat n’est pas uniforme. Chez les plus jeunes, la télévision reste en tête, accompagnée des réseaux sociaux et d’internet, et 9,3 % seulement déclarent ne pas avoir besoin d’informations supplémentaires. Dans la tranche des 65 ans et plus, les courriers postaux apparaissent devant, avec la télévision, et près de 27 % des répondants de cette tranche ne souhaitent pas d’information supplémentaire. Un même dispositif de communication ne peut donc pas viser les deux publics de la même manière.
Ce que change la connaissance des solutions de tri
Le même type de croisement est proposé un cran plus haut dans la chaîne, sur la connaissance des solutions : 81,9 % des répondants déclarent en connaître au moins une, sans qu’aucune leur ait été présentée, et 18,1 % aucune. Chez les premiers, le courrier postal tombe à 30,9 % et la réponse « pas besoin de plus d’informations » monte à 23,3 %. Chez les seconds, le rapport s’inverse : 43,8 % pour le courrier postal, 12,8 % pour l’absence de besoin. La télévision, elle, varie peu, 34,5 % contre 36,3 %.
| Support | En connaissent une | N’en connaissent aucune |
|---|---|---|
| Télévision | 34,5 % | 36,3 % |
| Courriers postaux | 30,9 % | 43,8 % |
| Pas besoin de plus d’informations | 23,3 % | 12,8 % |
| Internet | 25,1 % | 28,9 % |
| Réseaux sociaux | 17,5 % | 17,8 % |
| Presse | 13,5 % | 10,9 % |
| Radio | 12,9 % | 13,9 % |
| Échanges directs avec des ambassadeurs | 12,1 % | 10,9 % |
Supports d’information souhaités, croisés avec la connaissance déclarée d’une solution de tri, question à choix multiples posée à l’ensemble des répondants. La première colonne réunit ceux qui citent au moins une solution, la seconde ceux qui n’en citent aucune. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le courrier postal est le seul support qui passe devant la télévision entre les deux colonnes : second chez les répondants informés, premier chez les autres. Le rapport y voit un levier pour les collectivités dont le territoire connaît mal les solutions proposées, sans mesurer si un envoi postal ferait progresser cette connaissance. Notre fiche sur la connaissance des solutions de tri des déchets alimentaires montre que ce niveau varie surtout selon la région et la taille de la commune.
Ce que change la sensibilité environnementale
Les répondants se classent eux-mêmes sur une échelle de sensibilité environnementale à quatre niveaux, sans que l’enquête la mesure autrement. 60,1 % se disent plutôt marqués, 19,8 % plutôt peu marqués, 17,2 % très marqués et 2,9 % pas du tout marqués, soit 77,3 % dans les deux premiers niveaux. Le croisement avec les supports attendus dessine une pente nette : la part de ceux qui ne réclament aucune information supplémentaire passe de 17,5 % chez les très marqués à 20,2 %, puis 25,4 %, et enfin 41,9 % chez les répondants qui se disent pas du tout marqués.
| Support | Très marquée | Plutôt marquée | Plutôt peu marquée | Pas du tout marquée |
|---|---|---|---|---|
| Télévision | 39,7 % | 33,2 % | 36,8 % | 27,0 % |
| Courriers postaux | 31,2 % | 33,5 % | 32,9 % | 41,7 % |
| Pas besoin de plus d’informations | 17,5 % | 20,2 % | 25,4 % | 41,9 % |
| Internet | 25,8 % | 27,4 % | 22,8 % | 14,2 % |
| Réseaux sociaux | 22,8 % | 17,0 % | 15,2 % | 14,5 % |
| Presse | 14,0 % | 15,0 % | 7,5 % | 4,0 % |
| Radio | 14,3 % | 13,3 % | 12,1 % | 7,3 % |
| Échanges directs avec des ambassadeurs | 10,6 % | 12,8 % | 11,4 % | 3,8 % |
Supports par lesquels les répondants aimeraient être informés davantage, selon la sensibilité environnementale qu’ils s’attribuent, question à choix multiples. Chaque colonne porte sur le groupe qui a choisi ce niveau, et les quatre niveaux rassemblent l’ensemble des répondants. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le classement des supports résiste à ce croisement : la télévision garde la première place dans trois des quatre groupes, de 39,7 % chez les très marqués à 36,8 % chez les plutôt peu marqués. Le quatrième est le seul où elle la perd, 41,7 % des répondants pas du tout marqués citant le courrier postal contre 27,0 % la télévision. Les supports qui varient le plus sont ailleurs : internet tombe de 25,8 % à 14,2 %, les réseaux sociaux de 22,8 % à 14,5 %, la presse de 14,0 % à 4,0 % et la radio de 14,3 % à 7,3 %. Le rapport en conclut que les supports les plus souhaités restent les mêmes, et que la sensibilité pèse surtout sur l’envie d’être informé.
Le groupe des répondants pas du tout marqués ne compte que 30 personnes sur les 1 023 de l’enquête, soit 2,9 % de l’échantillon : les taux qui le concernent portent sur un effectif réduit, ce que le rapport signale lui-même dans ses tableaux de profil. La question acceptait plusieurs réponses, donc chaque colonne se lit séparément et les pourcentages d’un même groupe dépassent 100 % une fois additionnés.
Ce que change la pratique du tri
Le rapport croise enfin ces attentes avec la pratique déclarée du tri. La télévision reste le premier support dans les deux groupes, citée par 35,5 % du groupe qui trie et 34,0 % de l’autre. Le courrier postal se détache en revanche nettement chez les seconds, à 38,8 %, contre 28,8 % chez les premiers. L’écart le plus parlant est ailleurs : 24,8 % des foyers qui trient estiment ne pas avoir besoin de plus d’informations, contre 17,1 % dans l’autre groupe.
| Support | Pratiquent le tri | Ne pratiquent pas le tri |
|---|---|---|
| Télévision | 35,5 % | 34,0 % |
| Courriers postaux | 28,8 % | 38,8 % |
| Pas besoin de plus d’informations | 24,8 % | 17,1 % |
| Internet | 24,5 % | 27,5 % |
| Réseaux sociaux | 17,1 % | 18,2 % |
| Presse | 14,4 % | 11,2 % |
| Radio | 13,9 % | 11,9 % |
| Échanges directs avec des ambassadeurs | 11,5 % | 12,4 % |
Supports par lesquels les répondants aimeraient être informés davantage, selon qu’ils déclarent pratiquer ou non le tri de leurs déchets alimentaires, question à choix multiples. Croisement réalisé sur les répondants qui ne mettent pas leurs épluchures aux ordures ménagères. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Les deux constats se lisent ensemble : la demande d’information est plus forte chez les foyers qui ne trient pas encore, et elle se porte alors sur un support de proximité, le courrier postal, tandis que les personnes qui trient déjà s’estiment suffisamment informées. Le rapport en tire une consigne pour les collectivités, adapter le support au public plutôt que de diffuser les mêmes messages à tout le monde. Il ne mesure en revanche pas l’effet d’un envoi postal sur le geste lui-même.
La question acceptait plusieurs réponses : les pourcentages ne forment pas une répartition et leur somme dépasse 100 %. On ne peut pas en déduire qu’un répondant sur trois serait atteignable par la seule télévision, puisque les mêmes personnes peuvent aussi citer plusieurs canaux à la fois.
Ces attentes disent la façon de faire connaître le geste, pas le geste lui-même. Le même sondage mesure d’ailleurs un écart connu : 56 % de ses répondants déclarent trier, 37 % composter, alors que la mise en pratique dépend surtout de l’équipement et de la place dont on dispose. Notre gamme de composteurs couvre le seau de cuisine comme le bac de jardin, et le compostage en France, chiffres en main montre ce qui fait basculer les foyers. Le niveau d’information déclaré, lui, varie surtout d’une région à l’autre.