La donnée vient de l’enquête nationale sur le tri à la source des biodéchets publiée par l’ADEME, menée en ligne du 9 au 31 janvier 2024 auprès de 1 023 répondants représentatifs de la France métropolitaine, avec une précision annoncée de 3,1 points. La question est posée telle quelle, Connaissez-vous des solutions de tri des déchets alimentaires ?, sans qu’aucune solution soit présentée au préalable dans le questionnaire. C’est donc une connaissance citée spontanément, et non une reconnaissance parmi une liste.
Le mot « solutions » recouvre ici trois dispositifs que l’enquête définit elle-même : le compostage individuel, le compostage partagé et la collecte séparée des déchets alimentaires. Connaître l’un des trois suffit à répondre oui, et la question ne dit rien du dispositif effectivement proposé par la collectivité de la personne interrogée.
D’une région à l’autre, de 76,1 % à 93,8 %
| Région | Connaissent une solution | N’en connaissent aucune |
|---|---|---|
| Centre-Val de Loire | 93,8 % | 6,2 % |
| Bretagne | 89,6 % | 10,4 % |
| Grand Est | 87,8 % | 12,2 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 86,8 % | 13,2 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | 82,6 % | 17,4 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 82,1 % | 17,9 % |
| Hauts-de-France | 80,8 % | 19,2 % |
| Occitanie | 80,0 % | 20,0 % |
| Pays de la Loire | 78,5 % | 21,5 % |
| Normandie | 78,0 % | 22,0 % |
| Île-de-France | 76,3 % | 23,7 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 76,1 % | 23,9 % |
| Corse | 100,0 % | 0,0 % |
Connaissance des solutions de tri des déchets alimentaires selon la région des répondants. Figure 25 de l’enquête, page 17. La Corse figure telle quelle dans la figure, mais l’enquête la déclare inexploitable faute d’effectif suffisant. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Les deux extrémités de la figure 25, hors Corse : 17,7 points séparent le Centre-Val de Loire de la Provence-Alpes-Côte d’Azur.
L’enquête écarte elle-même la Corse de la lecture régionale : elle apparaît à 100 % dans la figure 25, mais les effectifs sont trop faibles pour garantir la représentativité du résultat, et le rapport recommande de se fier aux tendances générales. La région est également celle où l’importance déclarée du geste de tri est la plus faible, à 69 %.
De 87,7 % dans le rural à 76,3 % dans l’agglomération parisienne
| Taille de la commune | Répondent oui | Répondent non |
|---|---|---|
| Moins de 2 000 habitants | 87,7 % | 12,3 % |
| 2 000 à 20 000 habitants | 83,1 % | 16,9 % |
| 20 000 à 100 000 habitants | 79,2 % | 20,8 % |
| Plus de 100 000 habitants | 81,5 % | 18,5 % |
| Agglomération parisienne | 76,3 % | 23,7 % |
Ce que les répondants déclarent connaître, par taille de commune. Figure 24 de l’enquête, page 17. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le commentaire du rapport résume cette figure en écrivant que plus l’agglomération est grande, plus la connaissance est faible. La pente n’est pas continue : les communes de plus de 100 000 habitants affichent 81,5 %, au-dessus des 79,2 % de la tranche 20 000 à 100 000 habitants. L’écart le plus large se lit entre les communes de moins de 2 000 habitants et l’agglomération parisienne, soit 11,4 points.
Le logement déplace aussi la connaissance, de 75,2 % à 85,0 %
| Logement | En connaissent au moins une | N’en connaissent aucune |
|---|---|---|
| Une maison individuelle | 85,0 % | 15,0 % |
| Un appartement | 78,5 % | 21,5 % |
| Autres (chambre meublée…) | 75,2 % | 24,8 % |
Connaissance des solutions de tri des déchets alimentaires selon le type de logement. Figure 23 de l’enquête, page 17. Chaque ligne somme à 100 %. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le rapport commente cette figure en écrivant que les personnes vivant en maison sont légèrement plus informées que les autres, sans trancher la cause. Les 6,5 points qui séparent la maison individuelle de l’appartement sur la connaissance sont à comparer aux 28,8 points qui les séparent sur le geste lui-même, traités dans trier selon son logement. La modalité la moins informée du croisement est celle des autres logements, chambres meublées et hébergements de ce type, à 75,2 %.
Le compostage individuel, cité par 92,3 % de ceux qui en connaissent une
Solutions que citent les répondants ayant déclaré connaître des solutions de tri des déchets alimentaires, réponse à choix multiple. Figure 26 de l’enquête, page 18. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Chaque personne pouvait citer plusieurs solutions : les cinq parts ne s’additionnent pas, chacune indique combien de répondants de ce groupe ont donné cette réponse, et non la part de la population qui pratique chacune. Le compostage individuel recouvre ici le compostage en bac comme le lombricompostage, et l’alimentation animale la pratique qui donne les restes aux poules. Le rapport retient les trois premières comme celles qui reviennent le plus, et relève que plus de la moitié des connaisseurs citent la borne collective et près d’un tiers le porte-à-porte.
Ce que la collectivité propose, tel que ces mêmes répondants le décrivent
| Solution proposée par la collectivité | Cité par |
|---|---|
| Fourniture ou participation à l’achat d’un bac ou d’un lombricomposteur, promotion de la pratique (compostage individuel) | 29,4 % |
| Aucune solution proposée | 28,5 % |
| Borne collective (point d’apport volontaire) | 19,3 % |
| Mise à disposition d’un composteur en pied d’immeuble ou de quartier (compostage partagé) | 16,6 % |
| Je ne sais pas | 15,9 % |
| Collecte séparée en porte-à-porte | 11,3 % |
| Promotion de l’alimentation animale (poule…) | 5,4 % |
Solutions que les répondants déclarent que leur collectivité leur propose. Figure 27 de l’enquête, page 18. Réponse à choix multiple, posée aux seuls répondants qui connaissent au moins une solution de tri. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
La question acceptait plusieurs réponses, ces parts ne s’additionnent donc pas, et deux lignes du tableau ne sont pas des équipements : 28,5 % indiquent que rien ne leur est offert et 15,9 % avouent ne pas savoir. Le rapport voit dans cette seconde part un possible défaut de communication de la collectivité. Le compostage individuel reste le dispositif le plus cité, à 29,4 %, devant la borne collective à 19,3 %.
Ces réponses disent ce qui est proposé aux personnes qui connaissent déjà une solution. Le détail par taille de commune est publié dans les solutions proposées selon la taille de la commune : la part du compostage partagé y grimpe de 7,2 % à 23,4 % quand la commune grandit.
Ceux qui n’en connaissent aucune en ont souvent entendu parler
Réponses des personnes qui déclarent ne connaître aucune solution de tri, à la question « Avez-vous déjà entendu parler du compostage partagé (ou collectif) mis en place en bas de certains immeubles ou dans certains quartiers ? ». Figure 29 de l’enquête, page 19. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le total des deux réponses positives atteint 66,8 %, ce que le rapport résume en écrivant que plus de 66 % de ces personnes ont déjà entendu parler du compostage partagé. Cette mesure porte sur les seuls 18,1 % de répondants qui ne citaient aucune solution, et non sur l’ensemble du panel. Le rapport en tire l’hypothèse que le compostage partagé n’est pas identifié comme une solution de tri par une partie du public, et réserve la même question au point d’apport volontaire dans la figure 30.
Connaître une solution n’est pas la pratiquer
Le même rapport mesure trois choses distinctes qu’il ne faut pas confondre : 81,9 % des répondants citent une solution de tri, 62,3 % estiment être bien informés sur le tri et la valorisation de leurs déchets alimentaires, et 56 % des ménages déclarent trier. Le passage de la connaissance au geste dépend surtout de l’équipement et de la place disponible. Le détail de la seconde mesure se lit dans le niveau d’information déclaré, région par région, et les freins de celles et ceux qui ne trient pas dans pourquoi les Français ne compostent pas.
Pour un projet de composteur, ces chiffres disent que la solution est souvent déjà connue : ce qui décide, c’est le dispositif accessible depuis chez soi. Notre rayon composteurs va du seau de cuisine au bac de jardin, et ce que le compostage pèse en France détaille les pratiques derrière cette connaissance, région par région dans l’ancienneté du compostage.