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Pourquoi les Français ne compostent pas leurs déchets alimentaires

Les raisons que donnent les personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, entre solutions absentes de la collectivité, place disponible et craintes liées au composteur.

En bref

Pourquoi les Français ne compostent-ils pas leurs déchets alimentaires ?

Parmi les personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, 34,5 % expliquent que leur collectivité ne propose pas de service de collecte séparée et 33 % qu’elle ne leur propose aucune solution. Le manque de place suit : 28,8 % n’ont pas d’espace pour stocker ces déchets dans leur logement et 22,8 % pour installer un compostage ou un lombricompostage, selon l’enquête de l’ADEME menée en 2024.

34,5 %
citent l’absence de service de collecte séparée proposé par leur collectivité
33 %
répondent que leur collectivité ne leur propose aucune solution
28,8 %
manquent de place pour stocker ces déchets dans leur logement

Ces proportions viennent de l’enquête ADEME sur le tri des biodéchets, conduite par l’institut Qualitest sur un panel représentatif de la métropole, plus de 1 000 personnes interrogées, parue en avril 2025. La question n’a été posée qu’aux personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, et plusieurs réponses étaient possibles : un même répondant pouvait citer l’absence de solution et le manque de place. Les parts ci-dessous dépassent donc 100 % une fois additionnées, et elles décrivent ce groupe, pas l’ensemble des ménages.

Le manque de solutions de la collectivité pèse le plus lourd

Ma collectivité ne propose pas de service de collecte séparée de ces déchets34,5 %
Ma collectivité ne me propose aucune solution33,0 %
Je manque de place pour stocker les déchets dans mon logement28,8 %
Je manque de place pour faire du compostage ou du lombricompostage22,8 %
Je redoute que le composteur attire des animaux indésirables22,0 %
Je redoute les odeurs18,3 %
Je manque de savoir-faire ou d’informations15,3 %
Je ne sais pas quoi faire du compost14,9 %
Je ne produis pas assez de déchets de ce type11,5 %
La borne d’apport volontaire est trop éloignée de mon domicile10,2 %
Je ne veux pas payer l’équipement8,6 %
Le composteur partagé est trop éloigné de mon domicile8,0 %
Rien en particulier7,7 %
Je ne vois pas l’intérêt de cette démarche6,8 %
Autres2,3 %

Raisons déclarées par les personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, réponse à choix multiples. En vert, les freins liés à une solution absente ou à la place disponible. Figure 47 de l’enquête, page 33. Source : enquête ADEME, enquête 2024.

Deux réponses sur trois dans le haut du classement renvoient à un service public absent ou inconnu : 34,5 % parce que la collectivité ne propose pas de collecte séparée, 33 % parce qu’elle ne propose aucune solution. L’ADEME lit dans ces déclarations un manque de moyens plutôt qu’un manque de volonté, et rappelle que les collectivités déploient progressivement ces services sur le terrain. Le manque de place, cité par 28,8 % des répondants pour le stockage en logement, vient juste après.

Le compostage domestique bute sur la place et sur les craintes

Frein déclaré au compostage domestiquePart des personnes qui ne trient pas
Manque de place pour faire du compostage ou du lombricompostage22,8 %
Crainte que le composteur attire des animaux indésirables22,0 %
Crainte des odeurs18,3 %
Manque de savoir-faire ou d’informations15,3 %
Ne sait pas quoi faire du compost produit14,9 %
Ne produit pas assez de déchets de ce type11,5 %
Ne veut pas payer l’équipement8,6 %

Réponses des personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, réponse à choix multiples. Figure 47 de l’enquête, page 33.

22,8 %
des personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires manquent de place pour faire du compostage ou du lombricompostage

La proximité des équipements collectifs compte aussi, mais moins nettement : 10,2 % trouvent la borne d’apport volontaire trop éloignée de leur domicile et 8,0 % le composteur partagé. La crainte que le composteur attire des animaux indésirables (22,0 %) dépasse celle des odeurs (18,3 %), ce qui désigne surtout les nuisibles attirés par les déchets de cuisine, rats et moucherons, dont la figure porte le libellé complet.

Le classement ne se réduit pas à un manque de moyens : 7,7 % répondent « rien en particulier » et 6,8 % ne voient pas l’intérêt de la démarche. Ces deux modalités restent minoritaires, et les écarts de quelques points entre deux motifs voisins ne se lisent pas comme des hiérarchies solides.

Ces freins se jouent souvent sur quelques mètres carrés. La place disponible décide de la contenance du composteur à prévoir, et un modèle souple à trappe se glisse là où un bac rigide ne passe pas : notre famille de composteurs rassemble ces modèles. Pour situer ces freins dans la pratique réelle, deux fiches voisines donnent la part des foyers qui compostent en France et le rythme des apports au composteur.

Questions fréquentes

Quelle est la première raison pour laquelle les Français ne trient pas leurs déchets alimentaires ?
L’absence de service proposé par la collectivité. Dans l’enquête ADEME menée en 2024, 34,5 % des personnes qui ne trient pas répondent que leur collectivité ne propose pas de service de collecte séparée, et 33 % qu’elle ne leur propose aucune solution. Les deux réponses se cumulent, un même répondant pouvant cocher plusieurs motifs.
Combien de personnes renoncent au compostage faute de place ?
28,8 % des personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires citent le manque de place pour les stocker dans leur logement, et 22,8 % le manque de place pour installer un compostage ou un lombricompostage. Le manque d’espace arrive donc juste derrière l’absence de solution de la collectivité dans le classement de l’enquête ADEME 2024.
La crainte des odeurs et des nuisibles est-elle un frein important ?
Elle est réelle mais moins lourde que le manque de place : 22,0 % des personnes qui ne trient pas redoutent que le composteur attire des animaux indésirables, rats et moucherons notamment, et 18,3 % redoutent les odeurs. Le manque de savoir-faire ou d’informations suit à 15,3 % et l’ignorance de ce que devient le compost à 14,9 %.
Pourquoi une même réponse peut-elle apparaître à plusieurs motifs ?
Parce que la question était à choix multiples : les répondants pouvaient cocher autant de raisons qu’ils le souhaitaient. La somme des parts du classement dépasse donc 100 %, et aucune d’elles ne se lit comme une part de la population entière, seulement comme la fréquence d’un motif chez les personnes qui ne trient pas.

Sources

  1. ADEME, Enquête nationale sur le tri à la source des biodéchets, sondage 2024 des pratiques grand public, ADEME et Qualitest, 61 pages, enquête 2024, édition avril 2025.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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