Ces proportions viennent de l’enquête ADEME sur le tri des biodéchets, conduite par l’institut Qualitest sur un panel représentatif de la métropole, plus de 1 000 personnes interrogées, parue en avril 2025. La question n’a été posée qu’aux personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, et plusieurs réponses étaient possibles : un même répondant pouvait citer l’absence de solution et le manque de place. Les parts ci-dessous dépassent donc 100 % une fois additionnées, et elles décrivent ce groupe, pas l’ensemble des ménages.
Le manque de solutions de la collectivité pèse le plus lourd
Raisons déclarées par les personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, réponse à choix multiples. En vert, les freins liés à une solution absente ou à la place disponible. Figure 47 de l’enquête, page 33. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Deux réponses sur trois dans le haut du classement renvoient à un service public absent ou inconnu : 34,5 % parce que la collectivité ne propose pas de collecte séparée, 33 % parce qu’elle ne propose aucune solution. L’ADEME lit dans ces déclarations un manque de moyens plutôt qu’un manque de volonté, et rappelle que les collectivités déploient progressivement ces services sur le terrain. Le manque de place, cité par 28,8 % des répondants pour le stockage en logement, vient juste après.
Le compostage domestique bute sur la place et sur les craintes
| Frein déclaré au compostage domestique | Part des personnes qui ne trient pas |
|---|---|
| Manque de place pour faire du compostage ou du lombricompostage | 22,8 % |
| Crainte que le composteur attire des animaux indésirables | 22,0 % |
| Crainte des odeurs | 18,3 % |
| Manque de savoir-faire ou d’informations | 15,3 % |
| Ne sait pas quoi faire du compost produit | 14,9 % |
| Ne produit pas assez de déchets de ce type | 11,5 % |
| Ne veut pas payer l’équipement | 8,6 % |
Réponses des personnes qui ne trient pas leurs déchets alimentaires, réponse à choix multiples. Figure 47 de l’enquête, page 33.
La proximité des équipements collectifs compte aussi, mais moins nettement : 10,2 % trouvent la borne d’apport volontaire trop éloignée de leur domicile et 8,0 % le composteur partagé. La crainte que le composteur attire des animaux indésirables (22,0 %) dépasse celle des odeurs (18,3 %), ce qui désigne surtout les nuisibles attirés par les déchets de cuisine, rats et moucherons, dont la figure porte le libellé complet.
Le classement ne se réduit pas à un manque de moyens : 7,7 % répondent « rien en particulier » et 6,8 % ne voient pas l’intérêt de la démarche. Ces deux modalités restent minoritaires, et les écarts de quelques points entre deux motifs voisins ne se lisent pas comme des hiérarchies solides.
Ces freins se jouent souvent sur quelques mètres carrés. La place disponible décide de la contenance du composteur à prévoir, et un modèle souple à trappe se glisse là où un bac rigide ne passe pas : notre famille de composteurs rassemble ces modèles. Pour situer ces freins dans la pratique réelle, deux fiches voisines donnent la part des foyers qui compostent en France et le rythme des apports au composteur.