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Le poids et les acteurs du génie écologique en France

Un secteur à la croisée des études et des chantiers, qui a presque doublé ses effectifs en six ans et peine encore à recruter. Voici son poids, ses métiers et ceux qui l’emploient.

En bref

Quel est le poids du génie écologique en France ?

Le génie écologique représente environ 35 000 emplois salariés au 1er janvier 2023, auxquels s’ajoutent 3 500 à 4 000 indépendants, pour un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2022. Les trois quarts de ces emplois sont portés par des prestataires, entreprises ou associations, le quart restant par des gestionnaires d’espaces naturels.

35 000
emplois salariés au 1er janvier 2023
2,5 Md€
de chiffre d’affaires estimé pour 2022
75 %
des emplois portés par des prestataires

Ces trois repères sortent de l’étude prospective sur les emplois et les compétences du génie écologique à horizon 2030, menée par l’Union professionnelle du génie écologique dans le cadre de France 2030 et publiée en juin 2023. Le génie écologique recouvre les chantiers qui restaurent ou réhabilitent des milieux dégradés, suivent des milieux naturels, luttent contre les espèces invasives ou réparent des sols, en rivière, en zone humide, en ville comme en milieu agricole. Faute de source statistique directe, le volume d’emplois a été obtenu en croisant trois extrapolations à partir des 401 réponses d’une enquête électronique menée en mars 2023, et les trois méthodes donnent des résultats proches.

Un marché porté par le droit de l’environnement

Le secteur doit sa croissance à une série de textes. La doctrine Éviter, Réduire, Compenser, née en 2014 et renforcée par la loi de reconquête de la biodiversité en 2016, oblige les porteurs de projets d’aménagement à limiter puis à compenser leurs atteintes aux milieux. La directive européenne cadre sur l’eau de 2000 nourrit les chantiers de restauration de cours d’eau et de zones humides, et la loi Climat et résilience de 2021 ajoute l’objectif de zéro artificialisation nette. Entre janvier 2017 et janvier 2023, les effectifs des structures du secteur ont progressé de 93 %.

Études et travaux, deux moitiés du secteur

Études23 100 emplois, 60 %
Travaux11 900 emplois, 40 %

Répartition des 35 000 emplois salariés du génie écologique entre études et travaux au 1er janvier 2023, étude prospective UPGE pour France 2030, enquête de mars 2023.

Six métiers, tous en tension

MétierEmploisPart
Chargé d’étude ou technicien naturaliste9 10026 %
Ouvrier, conducteur d’engins8 75025 %
Chef de projet naturaliste5 95017 %
Ingénieur écologue5 95017 %
Chef de chantier, conducteur de travaux3 1509 %
Maître d’œuvre de génie écologique2 1006 %
Total35 000100 %

Répartition des emplois salariés par métier-type au 1er janvier 2023, étude prospective UPGE pour France 2030, enquête de mars 2023. Quatre métiers relèvent des études, deux des travaux.

Recruter reste le premier obstacle. 70 % des structures interrogées déclarent des difficultés importantes sur les postes liés au génie écologique, et les cursus de formation existants ne couvriraient que 42 % des besoins annuels de recrutement. Le turn-over aggrave le manque, estimé à près de 19 % des salariés dans les études contre 8 % dans les travaux, quand la moyenne nationale tous secteurs confondus se situe à 15 %.

Qui emploie, et où

Les employeurs se répartissent en deux familles. Environ 75 % des emplois sont exercés dans des établissements prestataires, entreprises ou associations qui réalisent les études et les chantiers, et 25 % dans des établissements gestionnaires d’espaces naturels, collectivités territoriales, établissements publics ou syndicats de rivière. La majorité de ces établissements compte moins de vingt salariés, surtout côté études. Les emplois se concentrent en Île-de-France (14,2 %), en Auvergne-Rhône-Alpes (14,0 %) et en Occitanie (12,1 %), et le secteur est présent dans les régions d’outre-mer, où les enjeux de préservation des milieux sont forts.

Taille de l’établissementÉtudesTravaux
Moins de 9 salariés60 %51 %
10 à 19 salariés27 %24 %
20 à 49 salariés9 %10 %
50 à 249 salariés3 %14 %
250 salariés et plus1 %1 %

Répartition des établissements employeurs du génie écologique selon leur taille, étude prospective UPGE pour France 2030, enquête de mars 2023.

La trajectoire ne devrait pas s’inverser. En prolongeant les tendances observées, l’étude projette 78 990 emplois en 2030, soit une hausse de 126 % par rapport à 2023, et de l’ordre de 50 000 recrutements à conduire d’ici là, entre 30 000 et 55 000 selon les scénarios, départs à la retraite compris. Le génie écologique se situe ainsi à côté du reste de la filière : le nombre d’entreprises du paysage et leurs salariés le dépassent largement en volume, et la part qu’y prennent les chantiers et l’entretien le range, avec l’écopastoralisme, dans des activités marginales, environ 2,5 % de son chiffre d’affaires en 2024. Son volume dépend aussi de l’artificialisation des sols, qui décide pour partie des surfaces à compenser.

Questions fréquentes

Combien d’emplois le génie écologique crée-t-il chaque année ?
Environ 6 284 créations nettes par an sur la trajectoire tendancielle retenue par l’étude, auxquelles s’ajoutent 3 150 départs à la retraite à remplacer. Le total des besoins est estimé à 47 140 recrutements d’ici 2030, soit 6 734 par an.
Quelle part des emplois du génie écologique se trouve dans les études ?
60 %, soit 23 100 emplois salariés sur 35 000 au 1er janvier 2023. Les travaux en concentrent 40 %, soit 11 900 emplois. C’est le secteur des études qui a connu la plus forte progression de ses effectifs sur la période.
Qui emploie les salariés du génie écologique ?
Environ 75 % travaillent dans des établissements prestataires, entreprises ou associations qui réalisent les études et les chantiers, et 25 % dans des établissements gestionnaires d’espaces naturels, collectivités territoriales, établissements publics ou syndicats de rivière.
D’où viennent ces chiffres ?
De l’étude prospective sur les emplois et les compétences du génie écologique à horizon 2030, publiée en juin 2023 par l’Union professionnelle du génie écologique dans le cadre de France 2030, à partir d’une enquête menée en mars 2023 auprès de 401 établissements employeurs.

Sources

  1. UPGE, Union professionnelle du génie écologique, avec le soutien de France 2030, Étude prospective : quels emplois et quelles compétences pour le génie écologique à horizon 2030 ? Diagnostic emplois-compétences du génie écologique, rapport de juin 2023 et sa synthèse, enquête électronique auprès de 401 établissements employeurs et traitements Terre d’Avance, chiffre d’affaires 2022, emplois au 1er janvier 2023, enquête de mars 2023, étude publiée en juin 2023, consultée le 28 septembre 2026.
  2. Unep, enquête Xerfi, Les chiffres clés du paysage 2024 : répartition du chiffre d’affaires par région, par commanditaire et par taille d’entreprise, profil des chefs d’entreprise, emploi et diplômes, douzième édition, enquête Xerfi pour l’Unep auprès de 1 084 entreprises, données 2024, enquête menée de mars à juillet 2025, consultée le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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