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L’artificialisation des sols en France : 8 % du territoire, 19 263 hectares en 2023

Un dixième du pays environ, et un rythme qui baisse sans s’arrêter : deux mesures publiques, deux producteurs, une même trajectoire.

En bref

Quelle part du territoire français est artificialisée, et à quel rythme ?

En France, 8 % des terres sont artificialisées, selon la synthèse 2023 du SDES : bâtiments, routes, parkings, jardins et pelouses compris. Le rythme ralentit : 19 263 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été artificialisés en 2023, le plus bas niveau mesuré par le Cerema depuis 2009.

8 %
des terres françaises sont artificialisées
19 263 ha
artificialisés en 2023, le plus bas niveau depuis 2009
63 %
de cette artificialisation vont à l’habitat en 2023

La synthèse du SDES sur les sols en France est nette : 8 % des terres sont artificialisées, et cette superficie ne cesse d’augmenter, même si le rythme ralentit par rapport au début de la décennie 2000. Un sol artificialisé n’est pas forcément un sol bétonné. La statistique range dans la même famille les sols imperméabilisés, bâtis et revêtus, et les sols fortement anthropisés : équipements sportifs, espaces verts artificialisés, carrières, décharges. Dans cette masse, 44 % des espaces artificialisés sont constitués de sols imperméabilisés, le reste restant perméable, sur la période 2017-2019.

Ce que recouvre la statistique

Deux instruments mesurent l’artificialisation, et ils ne répondent pas à la même question. La part du territoire vient de l’enquête Teruti, un échantillonnage de points sur le terrain : elle photographie l’état du sol à une date donnée. Le rythme annuel vient des fichiers fonciers, retraités par le Cerema pour le portail de l’artificialisation, qui suivent les changements d’usage d’une année sur l’autre. Un pourcentage et un flux annuel ne se comparent donc pas directement, et cette fiche ne les additionne pas.

Habitat63 %
Activité économique23 %

Répartition par usage de l’artificialisation de 2023, d’après le Cerema. Les autres usages ne sont pas détaillés dans la publication, qui nomme seulement l’habitat et l’activité économique.

Un rythme qui ralentit depuis 2021

Le bilan 2009-2023 du Cerema chiffre à 19 263 hectares les espaces naturels, agricoles et forestiers artificialisés en 2023. C’est le plus bas niveau relevé depuis le début de la mesure, en 2009, et cela confirme la baisse de la consommation foncière engagée depuis 2021. Le mouvement reste très concentré : 5,6 % des communes portent 40 % de la consommation nationale, et 60,7 % de celle de 2011 à 2024 s’est faite dans des communes où la tension immobilière est faible.

Cette géographie de l’artificialisation ne suit pas celle des besoins. Elle suit la métropolisation et l’attrait du littoral, dans des communes où le foncier reste accessible et où la construction neuve se fait en périphérie. Le stock déjà constitué, lui, est massivement urbain : Paris atteint 84 % de sa superficie artificialisée et la petite couronne se situe entre 72 % et 79 %, alors que les taux descendent à 11 % en Gironde et 14,5 % dans le Morbihan. Pour un jardin, la conséquence est directe : les surfaces qui changent d’usage sont souvent des terres agricoles ou des milieux naturels de plaine, pas des friches urbaines.

Ce que l’objectif de zéro artificialisation nette change

La loi Climat et Résilience fixe un objectif de réduction de moitié de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers sur la décennie 2021-2031, par rapport à la décennie précédente, puis une artificialisation nette nulle en 2050. La consommation se mesure en hectares consommés ; l’artificialisation nette, elle, déduit de ce flux les sols renaturés, et s’appuie sur l’occupation des sols à grande échelle plutôt que sur les seuls fichiers fonciers. La trajectoire se joue donc autant sur la désimperméabilisation des sols déjà construits que sur la protection des terres encore libres.

Cette dynamique croise directement le jardin. Les sols artificialisés non bâtis, jardins et pelouses comptés, sont ceux qui reculent le moins vite, et la place des jardins privés dans l’occupation du sol se lit dans notre fiche La surface des jardins privés face à la surface agricole française. À l’échelle d’une parcelle, c’est la même question posée en petit : ce que vous laissez perméable, et ce que vous recouvrez, se retrouve dans la statistique nationale. Les sols secs de l’été, qui conditionnent l’arrosage, sont traités dans La sécheresse des sols en France.

Périmètre : la part de 8 % est publiée pour la France par le SDES ; le rythme annuel du Cerema porte sur la France métropolitaine. Les deux documents ne portent pas sur la même aire géographique.

Questions fréquentes

Pourquoi le taux d’artificialisation change-t-il selon la source ?
Parce que les instruments ne mesurent pas la même chose. L’enquête Teruti échantillonne des points sur le terrain et décrit l’état du sol ; les fichiers fonciers suivent, parcelle par parcelle, les changements d’usage d’une année sur l’autre, et le calcul de l’artificialisation nette s’appuie désormais sur l’occupation des sols à grande échelle. Un taux de territoire et un flux annuel ne se comparent pas.
Quelle part des sols artificialisés est réellement imperméabilisée ?
44 % des espaces artificialisés sont constitués de sols imperméabilisés, bâtis ou revêtus, sur la période 2017-2019 selon le SDES. Le reste des surfaces artificialisées demeure perméable : sols enherbés, stabilisés ou simplement fortement anthropisés, comme les équipements sportifs et les espaces verts artificialisés.
Quels territoires sont les plus artificialisés ?
Paris atteint 84 % de sa superficie artificialisée, et la petite couronne se situe entre 72 % et 79 %, d’après le SDES. En province, les taux vont de 11 % à 14,5 % de la Gironde au Morbihan, et les Bouches-du-Rhône se situent à 17,5 %. L’artificialisation est donc très polarisée, entre les métropoles et le littoral d’un côté, les territoires ruraux de l’autre.
Qu’appelle-t-on consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers ?
C’est la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné. Cette définition est fixée par l’article 194 de la loi Climat et Résilience. Au niveau national, la consommation est mesurée par les fichiers fonciers retraités par le Cerema, ce qui explique qu’elle soit publiée en hectares par an et non en pourcentage du territoire.

Sources

  1. SDES, d’après Agreste, Les sols en France, synthèse des connaissances en 2023, part des terres artificialisées issue de l’enquête Teruti, synthèse publiée en 2023, données Agreste-Teruti, consultée le 27 septembre 2026.
  2. SDES, d’après Agreste, L’artificialisation des sols, chiffres clés du logement, part du territoire artificialisé et part imperméabilisée issues de l’enquête Teruti, données Teruti 2017-2019, édition 2022, consultée le 27 septembre 2026.
  3. Cerema, Le Cerema publie les données 2009-2023 de consommation foncière, hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers artificialisés et répartition par usage, données 2009-2023, publié le 13 mai 2025, consulté le 27 septembre 2026.
  4. Cerema, pour le ministère de la Transition écologique, Le portail de l’artificialisation des sols, définitions de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et de l’artificialisation nette, objectifs de la loi Climat et Résilience, consultée le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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