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Les canaux de navigation, 20 % de l’eau prélevée en France

Deuxième poste de prélèvement du pays, l’alimentation des canaux prend son eau en rivière et la rend au milieu, mais rarement là où elle l’a prise.

En bref

Quelle part de l’eau prélevée en France alimente les canaux de navigation ?

En 2023, l’alimentation des canaux de navigation a mobilisé 5,8 milliards de m³ en France métropolitaine, soit 20,3 % des volumes d’eau douce prélevés. Cette eau vient des eaux de surface à 99,9 %, et le volume mobilisé reste globalement stable depuis 2012.

20,3 %
des volumes d’eau prélevés en France en 2023 servent à l’alimentation des canaux de navigation

En 2023, la France métropolitaine a prélevé 28,9 milliards de m³ d’eau douce, hors production hydroélectrique. L’alimentation des canaux de navigation en a mobilisé 5,8 milliards de m³, ce qui en fait le deuxième usage du pays, derrière le refroidissement des centrales électriques, 45 % des volumes. Viennent ensuite la production d’eau potable, 18 %, l’agriculture, 10 %, et les autres activités économiques, 7 %.

5,8 Md m³
mobilisés pour les canaux de navigation en 2023, France métropolitaine
20,3 %
des volumes d’eau prélevés dans le pays cette année-là
99,9 %
de cette eau est prise en eaux de surface

Une eau prise presque uniquement en surface

Sur les 5,8 milliards de m³ mobilisés pour les canaux en 2023, 99,9 % sortent des eaux de surface : rivières, lacs, plans d’eau traversés. Le SDES rattache les canaux, comme le refroidissement des centrales, à un approvisionnement exclusivement de surface. Les usages domestiques, agricoles, industriels et autres, eux, se partagent la ressource de façon équilibrée, 48 % en surface et 52 % en souterrain. Aucune nappe profonde n’est donc sollicitée pour maintenir le niveau d’un canal.

Un volume stable depuis 2012

La série est récente : le SDES signale qu’il existe peu, voire pas de données avant 2012. Sur la période couverte, le volume prélevé pour les canaux reste globalement stable, entre 4,7 milliards de m³ en 2016, son point bas, et 5,8 milliards de m³ en 2023. L’année 2022 avait été la plus basse de la décennie, à 4,8 milliards de m³ ; 2023 retrouve le niveau du début des années 2010, sans que cette remontée s’inscrive dans une tendance, la série oscillant d’une année sur l’autre.

AnnéeVolume prélevé pour les canaux
20125,3 milliards de m³
20164,7 milliards de m³
20195,2 milliards de m³
20224,8 milliards de m³
20235,8 milliards de m³

France métropolitaine, hors production hydroélectrique. Cinq années de la série publiée par le SDES, de son point bas à son point haut. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.

Ces prélèvements concernent 51 départements, principalement dans la moitié est du pays et autour de la Méditerranée. Leur mesure repose sur plusieurs dispositifs : en 2023, 66 % des points de prélèvement, qui portent 42 % des volumes, sont relevés directement, compteur à l’appui. 26 % des points, soit 38 % des volumes, sont déterminés forfaitairement, une part en net recul puisqu’elle atteignait 45 % des volumes en 2022. Les 8 % de points restants relèvent d’une mesure indirecte ou spécifique, pour 20 % des volumes.

L’eau prélevée pour les canaux est considérée comme entièrement restituée au milieu naturel, avec les pertes par évaporation ou fuite qui peuvent subsister. Cette restitution se fait toutefois généralement dans un autre bassin versant que celui du prélèvement. Le volume publié pour cet usage exclut d’ailleurs les prélèvements effectués dans les canaux pour d’autres usages, irrigation ou eau potable, afin d’éviter les doubles comptes. Ces volumes n’entrent pas dans les consommations rattachées à un usage : leur poids face au total national est détaillé dans Les consommations d’eau par usage en France et dans L’évaporation des retenues d’eau et des canaux.

Pour un jardin, ces volumes n’ont pas d’effet direct : l’arrosage amateur ne forme pas un poste à part dans ces statistiques, son eau venant du réseau public ou d’un ouvrage privé. L’année 2023 a en revanche été marquée par des restrictions : à la fin du mois de mai, environ 10 % du territoire métropolitain subissait des limitations d’usage des eaux superficielles, et la proportion a dépassé un tiers du pays de la mi-juillet à la fin octobre. Le calculateur du besoin en eau d’arrosage estime, mois par mois et par département, les litres à apporter à chaque culture, et Les prélèvements d’eau par bassin versant situent les volumes près de chez vous.

Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026, données 2023. Les volumes portent sur la France métropolitaine et excluent la production hydroélectrique, les prélèvements en mer et en eau saumâtre. Ils proviennent des déclarations enregistrées auprès des agences de l’eau dans la BNPE, la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, traitée par le SDES.

Questions fréquentes

Combien de milliards de m³ vont chaque année à l’alimentation des canaux ?
5,8 milliards de m³ en France métropolitaine en 2023, selon le SDES, contre 4,8 milliards en 2022. Ce poste représente 20,3 % des volumes d’eau douce prélevés dans le pays cette année-là, ce qui en fait le deuxième usage de France, derrière le refroidissement des centrales électriques.
D’où vient l’eau qui alimente les canaux de navigation ?
Des eaux de surface, à 99,9 %. Rivières, lacs et plans d’eau traversés fournissent la quasi-totalité du volume, ce qui distingue les canaux du reste des usages : eau potable, agriculture, industrie et collectivités puisent ensemble 52 % de leur eau dans les nappes souterraines.
Le volume prélevé pour les canaux augmente-t-il ?
Non. Le SDES décrit un volume globalement stable depuis 2012, compris entre 4,7 milliards de m³ en 2016 et 5,8 milliards en 2023. La série reste courte : l’organisme signale qu’il existe peu, voire pas de données avant 2012, ce qui interdit de la comparer aux séries d’usages plus anciennes.
L’eau prélevée pour les canaux est-elle consommée ?
Non, elle est considérée comme entièrement restituée au milieu naturel, même si des pertes par évaporation ou par fuite subsistent. Une nuance compte pour lire les cartes : cette restitution se fait généralement dans un autre bassin versant que celui du prélèvement, si bien que le retour d’eau ne profite pas toujours à la rivière sollicitée.

Sources

  1. SDES, Commissariat général au développement durable, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, volumes prélevés par usage et par ressource, séries depuis 2008, données 2023, publié le 17 juillet 2026, consulté le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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