Le suivi de la sécheresse des sols repose sur l’indicateur que Météo-France calcule pour le ministère de la Transition écologique. Il rapporte, en moyenne sur l’année, la part du territoire métropolitain où l’humidité du sol reste anormalement basse. Le critère retenu est une humidité inférieure au seuil des 10 % des valeurs les plus faibles relevées pour le même mois et au même endroit entre 1961 et 1990, ce qui correspond à un événement de fréquence supérieure à dix ans. Les données viennent de la chaîne Safran-Isba-Modcou, opérationnelle à Météo-France depuis 2003, et la série remonte à 1959.
De 5 % dans les années 1960 à 10 % sur la période récente
La courbe annuelle publiée depuis 1959 fait ressortir les événements les plus sévères : 1976, 1989, 2003, 2011 et 2022. La moyenne par décennie, qui lisse les écarts d’une année sur l’autre, passe d’environ 5 % dans les années 1960 à plus de 10 % aujourd’hui. Le SDES donne la même évolution : le déficit d’humidité des sols touche en moyenne 10 % du territoire métropolitain sur la période récente, contre 5 % dans les années 1960, sous l’effet d’une évapotranspiration en hausse de 0,18 % par an depuis 1959, c’est-à-dire d’un volume d’eau qui repart vers l’atmosphère au lieu de rester dans les sols.
L’été 2026, une extension jamais mesurée
Part du territoire métropolitain touchée par une sécheresse des sols de fréquence supérieure à 25 ans, aux quatre dates de l’été 2026. Source : Météo-France, article du 18 août 2026.
La sécheresse s’installe dès le printemps. Météo-France relève un déficit de précipitations de 70 % en avril, puis le sixième mois de juin le moins pluvieux depuis 1959 et le mois de juin le plus chaud jamais mesuré. Juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais observé en France, tous mois confondus, et le troisième mois de juillet le moins arrosé derrière 2022 et 2020. Début août, les sols étaient plus secs qu’à la même période en 2022, l’année de référence en matière de sécheresse, et l’indicateur atteint depuis début juillet un niveau jamais observé en moyenne sur le pays.
84 % du pays en sécheresse décennale à la fin septembre
Au 20 septembre 2026, 84 % de la France est concernée par une sécheresse décennale pour un mois de septembre, et l’indicateur national d’humidité des sols se situe à un niveau record pour ce mois. Les sols d’un large axe sud-ouest nord-est n’ont jamais été aussi secs à cette saison, et localement, du Languedoc-Roussillon à la Dordogne, en Corrèze et dans le Bas-Rhin, le niveau atteint n’avait jamais été observé toutes saisons confondues. Les restrictions d’usage de l’eau suivent le même mouvement : au 10 septembre, 93 départements en appliquaient, dont 74 au niveau de crise, le plus élevé.
Les chiffres de cette fiche ne se comparent pas directement entre eux. L’indicateur annuel et la sécheresse dite décennale repèrent les sols passés sous le seuil des 10 % des humidités les plus faibles de la période 1961-1990, une fréquence supérieure à dix ans ; la sécheresse de l’été 2026 est mesurée à un seuil de fréquence supérieure à 25 ans, plus rare, et le SDES raisonne sur une moyenne de la période récente, sans seuil. Une part du territoire plus élevée ne signifie donc pas toujours une sécheresse plus intense. La série annuelle, elle, est publiée sous forme de courbe, sans tableau de valeurs millésime par millésime : les repères repris ici sont ceux que le ministère, Météo-France et le SDES commentent.
Ce que ces niveaux changent au jardin
Un sol qui s’assèche plus tôt au printemps et plus longtemps en été déplace les arrosages vers le début de saison et met à l’épreuve les plantations récentes, dont les racines n’ont pas encore colonisé la terre. Le déficit climatique d’arrosage, qui mesure la pluie que le jardin doit compenser, est détaillé département par département dans la fiche consacrée aux normales climatiques et au déficit d’arrosage. Pour réduire les apports, notre guide de l’arrosage au goutte-à-goutte détaille le choix du kit, la pose et les réglages.