L’équipement d’irrigation se chiffre d’abord en euros par hectare. Le référentiel des coûts publié par l’ODARC pour la campagne 2024 retient 3 000 € par hectare pour un goutte-à-goutte enterré à une ligne, 1 900 € pour un goutte-à-goutte de surface à une ligne et 5 500 € pour une couverture intégrale par aspersion. Le document vient d’un organisme agricole : il sert à fixer l’assiette éligible des aides à l’irrigation des exploitations corses, et ses lignes décrivent du maraîchage, de l’arboriculture et des grandes cultures, jamais un jardin. Aucune statistique publique ne publie l’équivalent pour l’arrosage amateur, et cette fiche ne l’estime pas.
| Poste | Référentiel 2024 |
|---|---|
| Poste de tête, ferti-irrigation, vannes principales et compteur de production | 10 k€ |
| Ouvrage de pompage sur cours d’eau ou source, hors alimentation électrique | 10 k€ |
| Forage ou puits, travaux et équipement, hors alimentation électrique | 15 k€/unité |
| Essai de pompage | 2 k€/unité |
| Ouvrage de stockage et équipements de surpression associés | 60 €/m³ |
| Linéaire de réseau d’adduction depuis le point de prélèvement jusqu’au peigne | 20 €/ml |
| Dispositifs de comptage | 700 €/unité |
| Pack sondes, tous types | 2 500 €/pack |
Référentiel des coûts pour l’irrigation 2024, éléments communs aux trois catégories d’opérations, ODARC. La pose des réseaux n’est pas comprise, elle est forfaitarisée séparément sur le bordereau de mise en valeur agricole.
Le coût à l’hectare, système par système
| Système d’irrigation | Référentiel 2024 |
|---|---|
| Goutte-à-goutte de surface, 1 ligne | 1 900 €/ha |
| Goutte-à-goutte de surface, 2 lignes | 2 850 €/ha |
| Goutte-à-goutte enterré, 1 ligne | 3 000 €/ha |
| Goutte-à-goutte enterré, 2 lignes | 3 950 €/ha |
| Micro-aspersion en arboriculture, mini-diffuseurs et microjets | 4 300 €/ha |
| Aspersion sous frondaison pour vergers traditionnels | 5 750 €/ha |
| Couverture intégrale en grandes cultures et fourrages | 5 500 €/ha |
| Tous systèmes d’irrigation avec peigne confondus | 6 300 €/ha |
| Canon-enrouleur jusqu’au diamètre 75 | 17,5 k€/unité |
| Canon-enrouleur jusqu’au diamètre 90 | 30 k€/unité |
| Autres systèmes d’aspersion basse pression, pivot ou rampe frontale | 60 k€/unité |
| Mini-canon enrouleur en maraîchage et PPAM | 10 k€/unité |
Création ou extension d’un système d’irrigation, référentiel 2024 de l’ODARC. La ligne « tous systèmes d’irrigation avec peigne confondus » est celle de la catégorie maraîchage et PPAM, tous systèmes avec peigne réunis. Un canon-enrouleur et un pivot se chiffrent à l’unité, pas à l’hectare.
Ces montants sont des coûts maximum. Le référentiel sert de plafond à l’assiette éligible d’une aide, pas de prix observé : si le devis de l’exploitant est inférieur, l’aide se calcule sur le devis, s’il est supérieur, elle se calcule sur le référentiel. Les frais d’installation de l’irrigation n’y figurent pas, ils sont considérés forfaitairement sur le bordereau de mise en valeur agricole. La modernisation sans changement de mode d’irrigation coûte beaucoup moins : 1 900 € par hectare pour une automatisation seule, 600 € par hectare pour l’automatisation d’un goutte-à-goutte de surface plus 850 € pour les lignes de distributeurs autorégulantes, et 50 k€ pour un pivot couvrant 20 hectares ou moins, un pivot plus grand sortant du référentiel et se chiffrant sur devis.
Ce que le goutte-à-goutte enterré fait gagner en eau
Économie d’eau du goutte-à-goutte enterré face au pivot témoin, bilans hydriques cumulés du 1er juin au 15 septembre, Chambre d’agriculture des Landes. La parcelle n’a pas pu être suivie en 2021, détruite par les sangliers.
Ce que la technique ne fait pas gagner
Une irrigation qui consomme moins d’eau n’est pas forcément une irrigation qui rend plus. Sur l’essai maïs de Pusignan, dans la plaine de Lyon, conduit en 2016 et 2017 par ARVALIS, le goutte-à-goutte n’a pas d’effet significatif sur le rendement face à une rampe sur enrouleur, et l’institut conclut qu’il ne faut pas moins d’eau avec cette technique qu’avec une autre pour atteindre le rendement optimal. L’article rappelle que les économies de 20 à 30 % souvent citées viennent de la littérature et que la meilleure efficience du goutte-à-goutte n’a pas été prouvée sur les deux premières années de l’essai, qui portent sur une culture de plein champ et non sur un potager. La Chambre d’agriculture des Landes écrit de son côté que les rendements de 2025 devraient être similaires ou légèrement inférieurs sous goutte-à-goutte, une attente liée aux fortes températures, pas une mesure.
Ces montants sont ceux d’une exploitation, pas d’un carré de potager, et ils ne se transposent pas au mètre carré. Pour un jardin, ils disent surtout une chose : le geste le plus efficace reste de réduire le besoin avant d’équiper. Le calculateur de besoin en eau du jardin donne le volume à apporter semaine par semaine, et la fiche des surfaces irriguées par culture montre où l’irrigation agricole se concentre. Sur le versant des exploitations, les exploitations équipées pour l’irrigation situent la part des fermes concernées, et les prélèvements d’eau par bassin rappellent que l’eau d’irrigation pèse surtout sur quelques territoires.