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Le logement prend deux fois plus de budget en bas de l’échelle des niveaux de vie

Du ménage le plus modeste au plus aisé, le poids du loyer, des charges et de l’énergie dans le budget d’un ménage, et ce que cache une part qui recule.

En bref

Quand le niveau de vie baisse, la part du budget qui part au logement augmente-t-elle ?

Oui. En 2017, la ligne du logement absorbait 22,6 % de la dépense totale d’un ménage parmi les 10 % les plus modestes, contre 12,0 % parmi les 10 % les plus aisés et 16,3 % en moyenne. Le montant engagé suit pourtant la pente inverse, de 3 640 à 5 788 euros par an : la part recule parce que la dépense totale triple quand le coût du logement augmente de moitié.

22,6 %
de la dépense totale d’un ménage du premier décile passent dans le logement, l’eau et l’énergie en 2017, contre 12,0 % au dernier décile

Le tableau TF106 de l’enquête Budget de famille range les ménages par niveau de vie et donne, pour chaque dixième de la population, sa dépense annuelle moyenne. La ligne suivie ici additionne le loyer de la résidence principale, net des aides au logement, l’eau, l’assainissement et les charges, le gaz, l’électricité et les autres combustibles, l’entretien courant et les autres frais d’habitation. Elle laisse de côté trois familles de dépenses : les remboursements d’emprunt, les gros travaux et la fiscalité. Pour obtenir un pourcentage, on divise cette ligne par la dépense totale du même ménage, telle que l’enquête la compte.

De 22,6 % au premier décile à 12,0 % au dernier

Niveau de vieDépense totaleLogement, eau et énergiePart
Décile 116 123 €3 640 €22,6 %
Décile 218 322 €3 974 €21,7 %
Décile 320 071 €4 194 €20,9 %
Décile 422 638 €4 375 €19,3 %
Décile 523 787 €4 369 €18,4 %
Décile 627 081 €4 642 €17,1 %
Décile 729 059 €4 490 €15,5 %
Décile 832 645 €4 557 €14,0 %
Décile 935 867 €4 503 €12,6 %
Décile 1048 353 €5 788 €12,0 %
Ensemble des ménages27 408 €4 454 €16,3 %

Dépense annuelle moyenne par ménage en 2017, du dixième le plus modeste au dixième le plus aisé, la moyenne nationale surlignée. La dernière colonne rapporte la ligne du logement à la dépense totale du même décile. Chiffres : tableau TF106 de l’enquête Budget de famille de l’INSEE, mis en ligne en septembre 2020.

La pente ne se dément à aucune marche : chaque décile consacre à son logement une part plus petite que le précédent. Dix points et demi séparent les deux extrémités. Les montants, eux, ne redescendent jamais : la dépense la plus faible du poste est celle du premier décile, 3 640 euros, la plus élevée celle du dernier, 5 788 euros. C’est donc le dénominateur qui commande tout. Entre ces deux ménages, la dépense totale passe de 16 123 à 48 353 euros, un rapport de trois, quand celle du logement ne progresse que de moitié.

Un budget qui triple, une facture qui augmente de moitié

3 640 €
de logement, d’eau et d’énergie pour un ménage du premier décile, le montant le plus bas de l’échelle
5 788 €
pour un ménage du dernier décile, le montant le plus haut, pour une part deux fois plus petite
4 454 €
en moyenne nationale, pour 16,3 % de la dépense totale, entre les deux extrémités

Derrière la part, deux lignes qui ne bougent pas ensemble

Niveau de vieLoyer de la résidence principaleÉlectricité, gaz et combustibles
Décile 11 870 €967 €
Décile 32 128 €1 193 €
Décile 52 227 €1 281 €
Décile 71 874 €1 449 €
Décile 102 074 €1 925 €
Ensemble des ménages2 022 €1 353 €

Dépense annuelle moyenne par ménage en 2017, pour les deux plus grosses lignes du poste du logement. Le loyer est net des aides au logement et ne porte que sur la résidence principale. Chiffres : tableau TF106 de l’enquête Budget de famille de l’INSEE.

Le loyer ne suit pas la dépense totale : 1 870 euros au premier décile, 2 074 au dernier, soit 11 % d’écart là où le budget triple, et un maximum au cinquième décile, à 2 227 euros. La raison tient au périmètre de la ligne. Un ménage propriétaire ne verse pas de loyer réel : sa mensualité de prêt et le loyer qu’il se verserait à lui-même restent hors du tableau, comme les gros travaux. Cette ligne n’additionne donc que des locataires, et le tableau ne dit pas combien il y en a par décile. La facture d’énergie, elle, monte à chaque marche, de 967 à 1 925 euros, et double entre les deux extrémités : une dépense qui suit la taille du logement et son mode de chauffage, deux éléments que ce tableau ne détaille pas.

Le premier poste des dépenses, de justesse

Sur l’ensemble des ménages, la ligne du logement arrive en tête des postes de dépense, à 16,3 %, et devance de deux dixièmes l’alimentation, 16,1 %. Le poste alimentaire lu par niveau de vie recule lui aussi, de 17,8 % du budget chez les ménages les plus modestes à 13,6 % chez les plus aisés, et la même lecture par profession et catégorie socioprofessionnelle donne au logement un écart encore plus large. Ces deux postes payés, il reste environ 60 % du budget au premier décile et 74 % au dernier pour tout le reste, des transports aux loisirs.

Repères de lecture. Les montants du tableau sont arrondis à l’euro et les pourcentages sont recalculés en rapportant deux de ses lignes : le dernier dixième peut bouger. Chaque valeur est une moyenne par ménage, sans division par le nombre de personnes du foyer ni par unité de consommation. Le découpage range les ménages, pas les individus : chaque décile réunit 10 % des ménages, du dixième au niveau de vie le plus bas au dixième le plus élevé. Enfin, ces chiffres décrivent 2017 et ont été diffusés en 2020, avant la poussée des prix de l’énergie et des loyers des années suivantes : ils disent des écarts relatifs entre niveaux de vie, pas le coût d’un logement aujourd’hui.

Questions fréquentes

Quel décile consacre la plus grosse part de son budget au logement ?
Le premier, à 22,6 % de sa dépense totale en 2017, contre 12,0 % au dernier décile et 16,3 % en moyenne nationale. La part baisse à chaque décile sans exception, du plus modeste au plus aisé.
Les ménages aisés dépensent-ils moins que les autres pour se loger ?
Non, ils dépensent plus : 5 788 euros par an au dernier décile, contre 3 640 euros au premier. Leur part est deux fois plus faible parce que leur dépense totale, 48 353 euros, est trois fois supérieure à celle du premier décile.
Pourquoi la ligne du loyer varie-t-elle si peu d’un décile à l’autre ?
Parce qu’elle ne compte que les loyers réellement versés, nets des aides au logement, pour la résidence principale. Un ménage propriétaire n’y figure pas : sa mensualité de prêt et les gros travaux restent hors du tableau. Les montants, de 1 870 à 2 227 euros, mesurent donc les seuls locataires, dont le tableau ne donne pas le nombre par décile.
Le chauffage pèse-t-il plus lourd chez les ménages les plus modestes ?
En part, oui : 6,0 % de la dépense totale au premier décile contre 4,0 % au dernier. En montant, c’est l’inverse : 967 euros contre 1 925 euros par an, la facture d’énergie suivant la taille du logement et son mode de chauffage.

Sources

  1. INSEE, Les dépenses des ménages en France en 2017, enquête Budget de famille, Insee Résultats, tableaux des dépenses annuelles moyennes par ménage (TF101, TF102, TF103, TF104, TF105, TF106 et TF107), données 2017, publié le 15 septembre 2020.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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