Les chiffres viennent du tableau TF106 de l’enquête Budget de famille, publié par l’INSEE en septembre 2020, qui décrit les dépenses de l’année 2017. Il range les ménages par niveau de vie en déciles : chaque dixième de la population, du plus modeste au plus aisé. La ligne suivie ici est la division 01, produits alimentaires et boissons non alcoolisées. La part divise cette ligne par la consommation totale du même décile. Le document publie des montants en euros, ces pourcentages sont donc calculés et ne figurent pas tels quels dans le tableau source. Les repas pris à l’extérieur et l’alcool relèvent d’autres divisions et n’entrent pas dans ce total.
Une part qui recule, sans suivre une ligne droite
| Niveau de vie | Consommation totale | Alimentation | Part |
|---|---|---|---|
| Décile 1 | 16 123 € | 2 863 € | 17,8 % |
| Décile 2 | 18 322 € | 3 436 € | 18,8 % |
| Décile 3 | 20 071 € | 3 539 € | 17,6 % |
| Décile 4 | 22 638 € | 4 098 € | 18,1 % |
| Décile 5 | 23 787 € | 4 042 € | 17,0 % |
| Décile 6 | 27 081 € | 4 403 € | 16,3 % |
| Décile 7 | 29 059 € | 4 536 € | 15,6 % |
| Décile 8 | 32 645 € | 5 174 € | 15,9 % |
| Décile 9 | 35 867 € | 5 436 € | 15,2 % |
| Décile 10 | 48 353 € | 6 559 € | 13,6 % |
| Ensemble des ménages | 27 408 € | 4 410 € | 16,1 % |
Dépense annuelle moyenne par ménage en 2017, du dixième le plus modeste au dixième le plus aisé, la moyenne nationale surlignée. La dernière colonne rapporte la division 01, produits alimentaires et boissons non alcoolisées, à la consommation totale du même décile. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF106.
Sur toute l’échelle, la part perd 4,2 points, de 17,8 % à 13,6 %. La descente n’est pourtant pas régulière : elle culmine au deuxième décile, à 18,8 %, redescend à 17,6 % au troisième, remonte à 18,1 % au quatrième, puis ne se dément plus jusqu’au dernier. Le premier décile n’est donc pas le point haut de la courbe, et deux ménages voisins peuvent consacrer à leur assiette des parts très proches alors que leurs budgets diffèrent de 2 200 euros.
Le montant dépensé progresse donc avec le niveau de vie, mais deux fois moins vite que le budget qui le porte : de 2 863 à 6 559 euros par an, un rapport de 2,3, quand la consommation totale passe de 16 123 à 48 353 euros, un rapport de 3. C’est le dénominateur qui commande la baisse de la part, comme pour le logement, dont la part recule aussi avec le niveau de vie, et à l’inverse du jardin, dont la part monte quand le budget grossit.
Dans l’assiette, la viande reste en tête, le pain recule
| Rayon | Premier décile | Dernier décile | Ensemble des ménages |
|---|---|---|---|
| Viande | 21,1 % | 19,9 % | 21,7 % |
| Pain et céréales | 19,7 % | 15,6 % | 17,8 % |
| Lait, fromages et œufs | 13,2 % | 12,5 % | 13,0 % |
| Légumes | 10,8 % | 10,9 % | 10,2 % |
| Café, thé et boissons non alcoolisées | 8,4 % | 7,5 % | 7,8 % |
| Fruits | 7,2 % | 9,1 % | 7,6 % |
| Poissons et fruits de mer | 5,7 % | 8,9 % | 6,7 % |
| Autres dépenses d’alimentation | 3,2 % | 5,0 % | 3,8 % |
Part de chaque rayon dans la dépense alimentaire, division 01, du ménage type de chaque groupe en 2017. Les huiles et graisses, le sucre et la confiserie, les autres produits alimentaires complètent chaque colonne jusqu’à 100 %. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF106.
La viande reste le premier rayon à tous les niveaux de vie, 21,1 % du budget alimentaire au premier décile et 19,9 % au dernier. Les mouvements les plus nets vont dans deux directions : le pain et les céréales reculent de 19,7 % à 15,6 %, quand le poisson passe de 5,7 % à 8,9 % et les fruits de 7,2 % à 9,1 %. Les légumes tiennent leur rang, 10,8 % contre 10,9 %. Un poste double presque : les autres dépenses d’alimentation, 3,2 % au premier décile contre 5,0 % au dernier. À côté de ce panier, la restauration et l’hébergement forment une autre division, qui pèse 5,3 % de la consommation totale au premier décile et 10,2 % au dernier. Elle ne s’ajoute pas à la part calculée plus haut, car elle couvre aussi les nuits d’hôtel.
Repères. Les montants sont des moyennes par ménage et par an, arrondies à l’euro ; les parts sont des rapports calculés, d’où un écart possible au dernier dixième. Le tableau de composition ne somme pas à 100 % : les huiles et graisses, le sucre et la confiserie, les autres produits alimentaires complètent chaque colonne. Les déciles rangent l’ensemble des ménages par niveau de vie, ils ne découpent pas une population de jardiniers. Ces données portent sur 2017, publiées en septembre 2020, avant l’inflation des années 2020 : elles comparent des niveaux de vie à une même date.
Cette part dit ce que coûte l’assiette, pas ce qu’un potager peut en reprendre : l’autoconsommation du potager chiffre ce que les jardiniers retirent de leur jardin, et le budget alimentaire poste par poste détaille les rayons. Le même rapport se décline sur d’autres axes, par âge ou par statut d’occupation du logement. Pour reprendre la main sur cette ligne, une parcelle potagère peut nourrir un foyer sur quelques mètres carrés.