Les chiffres viennent du tableau TF107 de l’enquête Budget de famille, paru en septembre 2020, sur les dépenses de l’année 2017. Il croise deux variables : le statut d’occupation du logement, publié en deux modalités, propriétaires et locataires, et le niveau de vie, découpé en quintiles. La division 01 réunit les produits alimentaires et les boissons sans alcool ; CTOTALE est la somme de toutes les dépenses de l’année. Le rapport des deux donne la part, qui est ici calculée et non publiée telle quelle. Les repas pris à l’extérieur et l’alcool dépendent d’autres divisions et n’entrent pas dans ce total.
Un écart de 3,5 points, à rebours du budget total
| Statut d’occupation | Alimentation | Consommation totale | Part de la consommation totale |
|---|---|---|---|
| Propriétaires | 5 118 € | 29 579 € | 17,3 % |
| Locataires | 3 323 € | 24 075 € | 13,8 % |
| Ensemble des ménages | 4 410 € | 27 408 € | 16,1 % |
Dépense annuelle moyenne d’un ménage en 2017, par statut d’occupation du logement. La part divise la ligne 01 par le total des dépenses du même groupe. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF107.
Le niveau de dépense ne suffit pas à lire ce tableau. Un ménage locataire dispose d’une consommation totale plus faible, 24 075 euros contre 29 579 euros, ce qui ne l’empêche pas d’accorder à son assiette une place plus étroite. Sa dépense alimentaire est inférieure de 1 795 euros par an à celle d’un propriétaire, et la part tombe à 13,8 %. Cette ligne ne dit pas d’où vient la différence ; elle écarte en revanche l’explication par le seul montant du budget.
Le croisement avec le niveau de vie ne renverse jamais l’écart
| Niveau de vie du ménage | Propriétaires | Locataires |
|---|---|---|
| Premier quintile | 19,9 % | 17,2 % |
| Deuxième quintile | 20,4 % | 15,1 % |
| Troisième quintile | 18,7 % | 13,2 % |
| Quatrième quintile | 17,0 % | 12,5 % |
| Cinquième quintile | 15,3 % | 10,2 % |
Part de la division 01 dans la consommation totale de chaque groupe, en 2017, par statut d’occupation et par quintile de niveau de vie. Les quintiles découpent l’ensemble des ménages, pas chaque statut. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF107.
Sur les cinq quintiles, la part des propriétaires reste au-dessus de celle des locataires : l’écart va de 2,6 points au premier à 5,6 points au troisième, calculé sur les parts non arrondies. Les deux courbes ne se croisent à aucune marche. Chacune a son profil : chez les locataires, la part descend sans discontinuer, de 17,2 % à 10,2 % ; chez les propriétaires, elle grimpe d’abord jusqu’à 20,4 % au deuxième quintile, le point le plus haut de tout le tableau, avant de retomber à 15,3 %.
Le logement, premier poste des locataires, troisième des propriétaires
| Poste | Propriétaires | Locataires | Ensemble des ménages |
|---|---|---|---|
| Alimentation | 5 118 € (17,3 %) | 3 323 € (13,8 %) | 4 410 € (16,1 %) |
| Logement | 2 813 € (9,5 %) | 6 975 € (29,0 %) | 4 454 € (16,3 %) |
| Transports | 5 323 € (18,0 %) | 3 190 € (13,3 %) | 4 482 € (16,4 %) |
Montants annuels moyens d’un ménage en 2017 et, entre parenthèses, leur poids dans la consommation totale du groupe, pour les trois postes qui décident de l’écart. Chiffres : enquête Budget de famille 2017 de l’INSEE, tableau TF107.
Le logement sépare nettement les deux budgets : 6 975 euros par an chez les locataires, soit 29,0 % de leur consommation, contre 2 813 euros chez les propriétaires, 9,5 %. Les transports prennent le chemin opposé, 5 323 euros et 18,0 % d’un côté, 3 190 euros et 13,3 % de l’autre. À l’échelle de l’ensemble des ménages, les trois postes arrivent presque à égalité : 4 482 euros pour les transports, 4 454 pour le logement, 4 410 pour l’alimentation. Le statut d’occupation ne change pas le total, il redistribue les rôles.
Le panier se ressemble, l’addition diffère
À l’intérieur du budget alimentaire, la hiérarchie des rayons bouge à peine. Les légumes frais valent 296 euros par an chez un propriétaire et 191 euros chez un locataire, soit 5,8 % et 5,7 % de leur budget alimentaire respectif. La viande pèse 1 131 euros d’un côté et 691 euros de l’autre, 22,1 % et 20,8 % du poste. Le pain et les céréales sont la seule ligne qui s’inverse, 17,2 % chez les propriétaires contre 19,4 % chez les locataires. Ce n’est donc pas la composition du panier qui creuse l’écart, c’est son montant global.
Ce qu’un potager peut reprendre
Un potager ne mord que sur une ligne de ce budget, celle des légumes. Ce qu’il en remplace exactement est chiffré dans l’autoconsommation du potager, et le détail des autres rayons dans le budget alimentaire poste par poste. Le même rapport se décline ailleurs sur le hub, chez les ménages d’âge différent ou de catégorie sociale différente. Quand la location ne laisse ni cour ni potager, une jardinière de balcon tient une culture sur quelques dizaines de centimètres carrés.
Repères. Les montants sont des moyennes par ménage et par an, arrondies à l’euro ; les pourcentages sont des rapports calculés, d’où un écart possible au dernier dixième. Les deux modalités publiées sont propriétaires et locataires, sans ligne distincte pour les autres situations de logement. Les quintiles de niveau de vie découpent l’ensemble des ménages et non chaque statut, si bien qu’une colonne ne se lit pas comme la moyenne des cinq autres. Ces données portent sur 2017, avant l’inflation des années 2020 : elles comparent des statuts, pas des époques.