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Les nappes phréatiques se rechargent de l’automne au début du printemps

Une nappe monte quand la pluie s’infiltre et baisse quand l’eau s’écoule vers les rivières et les prélèvements. Ce va-et-vient tient à une saison, avec un décalage de plusieurs semaines entre une nappe réactive et une nappe inertielle. Le bilan de l’année hydrologique 2024-2025 et le bulletin de septembre 2026 donnent les deux repères : la mécanique, et l’état du moment.

En bref

Quand les nappes phréatiques françaises se rechargent-elles, et où en sont-elles ?

La recharge court de l’automne au printemps : elle démarre dès septembre sur les nappes réactives, se généralise en octobre et s’arrête avec la reprise de la végétation, entre février et avril. En 2024-2025, elle a été excédentaire sur les nappes inertielles, déficitaire sur les nappes réactives du nord et du sud-ouest. Au 1er septembre 2026, 61 % des points sont sous les normales, contre 44 % un an plus tôt.

4 000
stations de mesure des eaux souterraines dont les niveaux sont consultables sur Ades
90 %
des points d’observation en vidange au mois d’août 2026, contre 8 % stables et 2 % en hausse
mars à mai
la période où surviennent en général les plus hautes eaux de l’année, en fin de recharge

Une nappe monte et descend au rythme de ce qui entre dans le sol et de ce qui en sort. La page publique consacrée au niveau des nappes le formule ainsi : le niveau d’une nappe dépend de la quantité d’eau qui entre par infiltration et de la quantité qui en sort vers les milieux aquatiques ou un autre aquifère. Il monte pendant la période de recharge, plutôt l’automne et l’hiver, et baisse dès que cette recharge cesse, jusqu’à l’étiage de fin d’été.

La raison est saisonnière. En automne et en hiver, la pluie est plus abondante, l’évaporation faible et la végétation peu active : elle ne reprend presque rien de l’eau qui traverse les sols. À partir d’avril et jusqu’à l’automne, au contraire, les pluies infiltrées sont entièrement reprises par les plantes, et la sécheresse météorologique n’a alors que peu d’effet sur le niveau des nappes. Le bilan de l’année hydrologique 2024-2025, qui court du 1er septembre au 31 août, en tire la conséquence : les niveaux des plus hautes eaux, observés en fin de période de recharge, sont en général enregistrés entre mars et mai.

Deux calendriers, selon la nappe

Un même épisode pluvieux ne met pas le même temps à se voir dans une nappe, selon les terrains qu’il traverse. Le temps de réponse est de quelques jours pour une nappe réactive, celle des alluvions, des sables, des calcaires karstiques crétacés et jurassiques et des formations de socle, contre plusieurs semaines pour une nappe inertielle, celle de la craie crétacée, des sables et calcaires éocènes d’Artois-Picardie et du Bassin parisien, et des formations du Sundgau, des plaines à l’est du Rhône et de la Saône.

Famille de nappeCe que le décalage change
Nappe réactivecyclicité annuelle ; temps de réponse de quelques jours ; sensible aux sécheresses météorologiques, elle peut être soutenue par des recharges ponctuelles nées des pluies de printemps et d’été
Nappe inertiellecyclicité pluriannuelle ; temps de réponse de plusieurs semaines ; résistante aux sécheresses, elle réagit rarement aux pluies estivales

Comportement comparé des deux familles de nappes. Source : Bilan de la situation hydrologique en France du 1er septembre 2024 au 31 août 2025, Eaufrance, 2025.

Le calendrier de la recharge, tel qu’observé en 2024-2025

Étape de l’année hydrologiqueCe que le bulletin observeQuand, en 2024-2025
Étiage 2024les plus basses eaux de l’année, qui ouvrent l’année hydrologiquegénéralement entre septembre et octobre 2024 ; entre fin septembre et mi-octobre pour les nappes inertielles, et jusqu’à début décembre sur les points les plus inertiels d’Artois et du Bassin parisien
Début de la rechargela pluie s’infiltre en profondeur et les niveaux remontentdès septembre 2024 sur les secteurs arrosés portant des nappes réactives, avec les orages de fin d’été, puis généralisée courant octobre à l’ensemble des nappes
Hautes eaux 2025le niveau le plus haut de l’année, atteint en fin de rechargeentre mars et mai 2025
Vidange 2025la nappe se vide vers les cours d’eau, les sources, la mer et les prélèvementsdès février 2025 sur les nappes réactives d’une grande partie nord du territoire, et seulement entre avril et mai 2025 au sud et en Corse

Séquence de l’année hydrologique 2024-2025, du 1er septembre 2024 au 31 août 2025. Source : Bilan de la situation hydrologique en France du 1er septembre 2024 au 31 août 2025, Eaufrance, 2025.

La recharge ne se déroule pas d’un trait. En 2024-2025, les épisodes ont été conséquents en octobre, puis la recharge a fortement ralenti en novembre, au point que la vidange a repris sur certains piézomètres captant une nappe réactive : les pluies efficaces manquaient, et une nappe très haute se vide plus vite. Elle s’est ensuite réactivée en décembre, plus activement en janvier 2025, avant de s’atténuer à partir de février sur une grande partie du territoire. Au même moment, elle repartait au sud-est, où les pluies de février à avril ont compensé les déficits des mois précédents.

Le bilan de l’hiver 2024-2025, secteur par secteur

SecteurRecharge 2024-2025
Nappes les plus inertielles du Bassin de l’Artois et du Bassin parisienexcédentaire, portée par les pluies infiltrées en profondeur tout au long de l’automne et de l’hiver
Nappes moins inertielles du littoral de l’Artois et de la bordure est du Bassin parisiendéficitaire à proche de la moyenne
Nappes réactives des deux tiers nord et du sud-ouestdéficitaire à proche de la moyenne, la succession de périodes humides et sèches ayant enchaîné remontées et vidanges
Nappes réactives du sud-estconforme aux normales à modérément excédentaire
Nappes inertielles du couloir Rhône-Saônemodérément déficitaire à autour de la moyenne, les pluies y ayant été moins efficaces
Plaine du Roussillon, massif des Corbières, vallée de l’Audedéficitaire, sans répit sur toute l’année hydrologique

Champ : France métropolitaine, année hydrologique 2024-2025. Les qualificatifs sont ceux du bilan, qui rapporte chaque secteur à la normale de ses propres nappes. Source : Bilan de la situation hydrologique en France du 1er septembre 2024 au 31 août 2025, Eaufrance, 2025.

Le résultat se lit sur les niveaux, pas seulement sur la pluie reçue. Aux hautes eaux 2025, les niveaux étaient généralement proches à au-dessus des normales, avec des situations déficitaires qui persistaient sur le Roussillon et le littoral ouest du Languedoc. À l’étiage 2025, fin août ou courant septembre, la situation restait proche des normales à haute pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives, quelques points bas à très bas subsistant sur le socle du Limousin.

Où en sont les nappes au 1er septembre 2026

Tout dépend ensuite de l’année qui suit. Le bulletin du 11 septembre 2026 décrit une vidange à la baisse généralisée, qui s’opère sur 90 % des points d’observation, contre 8 % stables et 2 % en hausse. Elle s’explique par un déficit de pluie efficace depuis le mois de mai sur tout le territoire, une sécheresse plus marquée et des températures élevées depuis juin. Les pluies orageuses de l’été s’infiltrent peu dans les sols, et l’évapotranspiration accrue a augmenté le besoin en eau des plantes.

RelevéAu-dessus de la normaleComparablesEn dessous de la normale
Fin juillet 202616 %21 %63 %
Fin août 202619 %20 %61 %
Fin août 202530 %26 %44 %

Part des points d’observation des nappes, rapportée aux normales du mois. Source : Bulletin national de situation hydrologique du 11 septembre 2026, Eaufrance, 2026.

Fin août 2026, les niveaux n’étaient satisfaisants que pour 39 % des points d’observation, légèrement au-dessus ou autour de la normale. Les situations les plus basses concernaient les nappes du socle limousin, des calcaires du Jura et de la plaine nord d’Alsace, à des niveaux très bas, tandis que la nappe des formations de la Vistrenque restait haute. Le bulletin signale aussi quelques piézomètres ayant réagi à la hausse après les pluies de début septembre, sans que cela marque pour l’instant le début de la recharge.

La section nappes du bulletin est réalisée par le BRGM à partir des données du réseau piézométrique national, consultables sur Ades. Un point d’observation « sous les normales » n’est pas une nappe à sec : son niveau est comparé à ceux du même mois sur les années antérieures. Le bulletin national paraît chaque mois en métropole et croise les nappes avec les précipitations, les précipitations efficaces et l’humidité des sols.

Questions fréquentes

Quand les nappes phréatiques se rechargent-elles en France ?
La recharge se met en place dès septembre sur les secteurs arrosés portant des nappes réactives, avec les orages de fin d’été, et se généralise courant octobre à l’ensemble des nappes. Elle s’arrête quand la végétation reprend son activité : dès février 2025 sur les nappes réactives du nord, entre avril et mai pour le sud et la Corse. Les plus hautes eaux surviennent en général entre mars et mai.
Quelle différence entre une nappe réactive et une nappe inertielle ?
Le temps de réponse à la pluie sépare les deux familles : quelques jours pour une nappe réactive (alluvions, sables, calcaires karstiques crétacés et jurassiques, formations de socle), plusieurs semaines pour une nappe inertielle (craie crétacée, sables et calcaires éocènes d’Artois-Picardie et du Bassin parisien, formations du Sundgau). La première suit une cyclicité annuelle et souffre des sécheresses, la seconde une cyclicité pluriannuelle et réagit rarement aux pluies d’été.
La recharge de 2024-2025 a-t-elle été suffisante ?
Elle a été hétérogène. Excédentaire sur les nappes les plus inertielles du Bassin de l’Artois et du Bassin parisien, elle est restée déficitaire à proche de la moyenne sur les nappes moins inertielles du littoral de l’Artois et de la bordure est du Bassin parisien, sur les nappes réactives des deux tiers nord et du sud-ouest et sur le couloir Rhône-Saône. Au sud-est, elle a été conforme aux normales à modérément excédentaire. Le Roussillon, les Corbières et la vallée de l’Aude sont restés déficitaires toute l’année.
Les nappes se sont-elles rechargées depuis l’été 2026 ?
Non. Au 1er septembre 2026, la vidange se poursuivait sur 90 % des points d’observation et 61 % des points étaient sous les normales, contre 44 % fin août 2025. Le déficit de pluie efficace depuis mai 2026, une sécheresse plus marquée et des températures élevées depuis juin expliquent cette baisse. Quelques piézomètres ont réagi à la hausse après les pluies de début septembre, sans que cela marque encore le début de la recharge.

Sources

  1. Eaufrance, Office international de l’eau, Le niveau des nappes souterraines, page consultée en septembre 2026.
  2. Eaufrance, Office international de l’eau, Bilan de la situation hydrologique en France du 1er septembre 2024 au 31 août 2025, année hydrologique 2024-2025, publié le 1er décembre 2025.
  3. Eaufrance, Office international de l’eau, Bulletin national de situation hydrologique du 11 septembre 2026, données d’août 2026, publié le 18 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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