L’Observatoire des oiseaux des jardins propose deux rendez-vous par an aux particuliers, le dernier week-end de janvier et le dernier week-end de mai, une heure de comptage à chaque fois. Le bilan 2025 publié par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, qui gère l’observatoire avec le Muséum national d’Histoire naturelle, rassemble 27 782 jardins contributeurs et 1 554 952 oiseaux comptés sur l’année. Lancé en 2012, l’observatoire a réuni plus de 80 000 participants depuis ses débuts, d’après sa page de présentation sur Vigie-Nature.
Deux week-ends, deux saisons qui ne se ressemblent pas
Le comptage de janvier tombe au cœur de l’hivernage, celui de mai pendant la reproduction. La participation et les effectifs suivent : le rendez-vous d’hiver rassemble bien plus de monde et d’oiseaux, parce que les oiseaux se regroupent autour des points de nourrissage et se repèrent plus facilement dans des arbres sans feuilles. Le bilan le mesure : les observations collectées entre novembre et février représentent plus de 60 % des données de l’année.
| Comptage 2025 | Janvier | Mai |
|---|---|---|
| Jardins contributeurs | 20 027 | 4 400 |
| Oiseaux observés | 493 919 | 85 513 |
| Observateurs | 19 553 | 4 297 |
| Oiseaux par jardin en moyenne | 25 | 19 |
Comptages nationaux des 25 et 26 janvier 2025 et des 24 et 25 mai 2025. Source : Observatoire des oiseaux des jardins, LPO et Muséum national d’Histoire naturelle.
Le classement des espèces change avec la saison
Part de chaque espèce dans le total des individus observés au comptage de janvier 2025. Source : Observatoire des oiseaux des jardins.
En mai, le moineau domestique garde la première place avec 17,4 % des individus, mais la suite du classement se recompose : le merle noir passe de 5,0 % à 8,1 %, le pigeon ramier de 2,9 % à 6,1 %, et deux migrateurs entrent dans les quinze premières places, l’hirondelle rustique à 4,3 % et le martinet noir à 3,8 %. Le chardonneret élégant, troisième granivore de l’hiver à 6,1 %, retombe à 2,4 %.
Ce que dix ans de comptages disent des deux saisons
Le bilan de dix ans publié en 2023 par la LPO et le Muséum donne un contraste net entre les deux saisons. Au printemps, 41 % des espèces rencontrées dans les jardins ont vu leurs effectifs diminuer sur la décennie, à commencer par le martinet noir, -46 %. En hiver, à l’inverse, près de la moitié des espèces augmentent, surtout les granivores comme le chardonneret élégant ou le pinson des arbres, alors que leurs populations nationales reculent : la raréfaction de la nourriture en zone d’agriculture intensive reporte ces oiseaux vers les jardins.
Pour lire ces chiffres chez vous, la régularité compte plus que le nombre : c’est en comptant le même jardin d’une année sur l’autre que les variations deviennent visibles. Nos guides sur la mangeoire à suspendre et le choix d’un abreuvoir détaillent l’équipement qui facilite l’observation, et le rayon mangeoires pour oiseaux donne les modèles disponibles. Les fiches les gestes posés pour faire revenir la biodiversité et les achats de plantes mellifères chiffrent ce qui se passe dans les jardins.
Méthode et périmètre : les chiffres de cette fiche sont ceux publiés par l’Observatoire des oiseaux des jardins, animé par la LPO et l’équipe Vigie-Nature du Muséum national d’Histoire naturelle, bilan 2025 publié le 13 janvier 2026 et bilan de dix ans publié le 24 janvier 2023. Les effectifs sont des observations bénévoles d’une heure, pas un protocole de relevé professionnel : un jardin qui nourrit les oiseaux attire des groupes plus nombreux, ce qui joue sur les moyennes par jardin. Le comptage de mai porte sur des oiseaux nicheurs, celui de janvier sur des oiseaux hivernants, deux populations qui ne se recouvrent pas entièrement.