L’Observatoire des oiseaux des jardins est un programme de sciences participatives lancé en 2012 et coordonné par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité. Deux protocoles cohabitent : un suivi annuel de dix minutes sur un point fixe du jardin, et deux comptages nationaux d’une heure, tenus les derniers week-ends de janvier et de mai. Depuis l’ouverture du programme, un rapprochement est mené avec les propriétaires de Refuges LPO pour les inviter à transmettre leurs observations. C’est ce croisement que détaille le bilan 2025, paru le 13 janvier 2026.
L’écart entre le nombre de jardins et le volume de données
Le rapport est explicite sur ce point : les jardins Refuges LPO représentent 9 % de l’ensemble des jardins de l’Observatoire, soit 10 588 jardins, et ces propriétaires comptabilisent à eux seuls près de 20 % de l’ensemble des données collectées. Attention au périmètre de lecture : les deux nombres ne se rapportent pas au millésime 2025. Les 9 % sont mesurés sur l’ensemble des jardins de l’Observatoire, ouvert en 2012, et non sur les 27 782 jardins ayant contribué cette année-là. Le bilan ne publie pas la part des Refuges dans les seules données de 2025, et ne précise pas sur quelle période les 10 588 jardins sont recensés.
Reste à savoir pourquoi. La LPO pose la question sans la trancher et annonce qu’elle y reviendra dans les prochaines années : les propriétaires de Refuges sont-ils plus assidus, leurs jardins rassemblent-ils plus d’oiseaux, ou les communications régulières adressées à la communauté des Refuges les incitent-elles à contribuer plus souvent ? Aucune de ces trois explications n’est mesurée dans le bilan 2025. La fiche ne les départage pas.
Ce que l’année 2025 a réuni
La participation se concentre sur l’hiver : les observations de novembre à février représentent plus de 60 % du total annuel. Le comptage de janvier pèse à lui seul 171 835 des 593 648 données de 2025, contre 36 440 pour celui de mai. Deux raisons à cela, données par la LPO : les oiseaux se font discrets pendant la reproduction, et le feuillage des arbres complique l’observation pour les participants novices. Les points de nourrissage installés en hiver concentrent aussi les oiseaux et rendent le comptage plus facile.
Le maillage tient à un nombre restreint de départements. 11 734 communes comptaient au moins un jardin participant en 2025, soit 33,3 % des communes de France, mais les cinq premiers départements rassemblent à eux seuls près de 3 900 jardins.
| Département | Jardins contributeurs en 2025 |
|---|---|
| Loire-Atlantique | 845 |
| Nord | 787 |
| Finistère | 786 |
| Ille-et-Vilaine | 765 |
| Gironde | 681 |
Départements comptant le plus de jardins ayant contribué à l’Observatoire des oiseaux des jardins en 2025. Source : LPO et Muséum national d’Histoire naturelle, bilan 2025.
- Les progressions les plus fortes viennent du Gers, de la Corse-du-Sud et de la Lozère, avec plus de 45 % d’implication supplémentaire sur un an.
- Trois départements reculent légèrement : le Cher (-11,8 %), la Seine-Maritime (-4,3 %) et le Maine-et-Loire (-2,7 %).
- Presque tous les départements ont vu leur participation progresser, dans des proportions variables.
Ce que ça change pour votre jardin
Rejoindre l’Observatoire ne demande aucun matériel particulier : dix minutes sur un point fixe de votre jardin, ou une heure pendant l’un des deux comptages nationaux, suffisent pour alimenter la base. La LPO rappelle que la contribution aux programmes de sciences participatives figure parmi les quinze Gestes Refuges du label. Pour préparer un premier comptage, notre fiche ce que les particuliers observent dans les jardins donne le classement des espèces saison par saison, et les gestes posés pour faire revenir la biodiversité chiffre les aménagements qui l’accompagnent.
Méthode et périmètre : cette fiche ne s’appuie que sur le bilan annuel de l’Observatoire des oiseaux des jardins, rendu public le 13 janvier 2026 par la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle, avec l’Office français de la biodiversité. Les 9 % et les 10 588 jardins sont une lecture interne à la base de l’Observatoire, donnée dans le corps du bilan, sans tableau détaillé derrière. Comme pour toute enquête participative, il s’agit d’observations bénévoles déclarées, et non d’un relevé professionnel : un jardin équipé de mangeoires concentre les oiseaux, ce qui pèse sur les volumes observés.