Le baromètre de l’Office français de la biodiversité est réalisé par Harris Interactive. La troisième vague a interrogé 2 000 personnes de 15 ans et plus par internet, du 27 mars au 2 avril 2024, après une première vague en mai 2018 et une deuxième en novembre 2022. Sa question sur les gestes du quotidien propose seize propositions et demande, pour chacune, si la personne la fait déjà ou pourrait la faire. Le jardin n’apparaît que dans une seule d’entre elles : faire revenir la biodiversité dans son jardin, sa terrasse ou son balcon. La réponse se répartit entre 63 % de « je le fais déjà », 24 % de « je pourrais le faire », 12 % de « non » et 1 % de personnes sans opinion.
Le jardin, septième des seize gestes testés
| Geste du quotidien | Déjà fait | Pourrait le faire |
|---|---|---|
| Éviter le gaspillage | 89 % | 8 % |
| Consommer moins | 72 % | 20 % |
| Faire des choses soi-même plutôt que de les acheter | 70 % | 19 % |
| Faire réparer ses objets plutôt que de les changer | 67 % | 25 % |
| Utiliser le vélo, la marche ou les transports en commun | 66 % | 19 % |
| Prendre moins l’avion | 65 % | 16 % |
| Faire revenir la biodiversité dans son jardin, sa terrasse ou son balcon | 63 % | 24 % |
| Utiliser des produits ménagers moins polluants | 59 % | 32 % |
| Manger moins de viande | 57 % | 20 % |
| Consommer le plus possible des aliments bio | 45 % | 31 % |
| Utiliser des produits cosmétiques bio | 44 % | 31 % |
| Faire un don à une association de protection de la nature | 22 % | 38 % |
| Participer à des actions de restauration de la biodiversité près de chez soi | 21 % | 49 % |
| Choisir une banque éthique et écologique | 20 % | 43 % |
| S’investir auprès des élus locaux pour protéger la nature autour de soi | 19 % | 39 % |
| Investir dans la finance verte | 17 % | 40 % |
Réponses à la question « Parmi ces gestes du quotidien qui participent à préserver la biodiversité, lesquels faites-vous déjà ou pourriez-vous faire ? », posée à 2 000 personnes de 15 ans et plus du 27 mars au 2 avril 2024 par Harris Interactive pour l’Office français de la biodiversité. Les lignes suivent l’ordre de publication d’origine.
Six gestes devancent le jardin au classement du « déjà fait », et les premiers sont aussi les plus faciles à mener sans changer d’équipement : éviter le gaspillage, consommer moins, faire soi-même, faire réparer. Le jardin n’apparaît que dans une seule des seize propositions, sous l’intitulé « faire revenir la biodiversité dans son jardin, sa terrasse ou son balcon ». Lu en potentiel, en additionnant le « déjà fait » et le « pourrais le faire », le jardin remonte au sixième rang avec 87 %, contre 97 % pour le gaspillage. Les cinq derniers du classement portent tous sur des actions qui dépassent le cadre de son propre extérieur : faire un don à une association, participer à des actions de restauration près de chez soi, choisir une banque éthique, s’investir auprès des élus locaux, investir dans la finance verte. Ce sont eux qui recueillent les plus fortes intentions, jusqu’à 49 % pour la restauration des milieux près de chez soi. Les gestes que l’on peut poser chez soi sont donc majoritairement déjà faits, tandis que ceux qui demandent d’agir avec d’autres restent à engager, avec les intentions les plus fortes du baromètre.
Un socle d’opinion qui bouge peu d’une vague à l’autre
Le baromètre ne mesure pas seulement des gestes. Il demande aussi ce que le public sait, et ce qu’il croit pouvoir. La notoriété du mot est acquise depuis longtemps, mais la connaissance précise progresse nettement : 52 % des personnes interrogées savent de quoi il s’agit en 2024, après 45 % en 2022 et 37 % en 2018. Sur l’action, 87 % estiment qu’il est encore temps d’agir pour préserver la biodiversité et 12 % qu’il est trop tard, un partage presque identique à celui de 2018 et de 2022. Dans le même sondage, 78 % jugent la perte de biodiversité d’origine humaine, douze points de plus qu’en 2022, contre 15 % qui la disent naturelle.
Deux précautions avant de lire ces parts. Le baromètre publie des déclarations, pas des relevés : personne n’a compté les insectes ni les oiseaux de ces jardins, et 47 % des personnes interrogées en ont entendu parler sans savoir précisément de quoi il s’agit, quand 1 % n’en ont jamais entendu parler. Ensuite, il ne détaille aucun aménagement. Ni les refuges, ni les nichoirs, ni les hôtels à insectes, ni les haies, ni les points d’eau ne font l’objet d’une ligne : le geste est posé en bloc, et la part des 63 % qui ont installé quelque chose de précis n’est pas publiée. Une autre enquête répond en partie, en mars 2025, en situant à 42 % des détenteurs de jardin ceux qui ont implanté des refuges pour la biodiversité ; notre fiche sur le jardin et le changement climatique publie ce repère avec les autres pratiques qu’elle mesure.
Pour un jardin ou un balcon, ces 63 % disent surtout que le geste est courant et qu’il ne demande pas d’équipement particulier : laisser une zone moins tondue, un tas de bois, une haie qui fleurit, ou poser un abri. Sur ce point, notre guide pour choisir un hôtel à insectes détaille ce qui distingue les modèles, et le rayon hôtels à insectes rassemble les abris disponibles. Si votre extérieur se limite à un balcon, la fiche sur le jardinage sur balcon et terrasse donne les chiffres de cette pratique, et celle sur l’adaptation du jardin au changement climatique rassemble les gestes déjà mis en œuvre, arrosage et pelouse compris.