Le repère vient du rapport de mission du CGAAER n° 22114, « La haie, levier de la planification écologique », remis en avril 2023. Le document sépare la plantation de l’entretien : l’entretien comprend en général le temps de travail, le coût des matériels et l’énergie. Pour ce poste, la mission écrit que, d’après les données qu’elle a recueillies, le coût de l’entretien régulier d’un kilomètre de haies arbustives représenterait environ 450 € par an, soit 0,45 € par mètre linéaire et par an. Le conditionnel fait partie de la phrase : c’est une estimation tirée des entretiens et des déplacements de la mission, pas une comptabilité d’exploitations suivies. Le chiffre porte sur des haies de bocage agricole taillées mécaniquement, et le rapport ne publie aucun équivalent pour une haie de jardin.
Deux façons de compter le coût d’une haie
| Manière de compter | Coût annuel d’un kilomètre | Ce que le montant recouvre |
|---|---|---|
| Entretien régulier de haies arbustives | environ 450 € | temps de travail, matériels et énergie |
| Gestion durable, avant valorisation du bois | environ 500 € | abattage, débardage, mise en tas, reprise de coupe, déchiquetage, transport |
Les deux montants sont publiés dans le rapport du CGAAER d’avril 2023. Le premier vient des données recueillies par la mission, le second de l’exploitation des données du programme RESP’HAIES : le rapport l’arrondit à environ 500 € par kilomètre tout en détaillant le calcul à 486 €.
Le second chiffre a une origine précise, exposée en note du rapport. D’après le programme RESP’HAIES, une haie produit en moyenne une tonne de bois vert par cent mètres et par an, et le coût moyen de gestion se situe entre 43,6 et 53,6 € par tonne de bois vert, main-d’œuvre agricole comprise et pour l’ensemble des étapes, de l’abattage au transport. Avec un coût intermédiaire de 48,6 € par tonne, le rapport en déduit un coût de gestion durable d’environ 486 € par kilomètre et par an. L’annexe 11 du même rapport précise le cadre de ce calcul : la productivité de 10 tonnes au cent mètres est celle d’une récolte, et les cycles de prélèvement vont de 10 ans dans un contexte très poussant à 30 ans dans un contexte très peu poussant. La moyenne annuelle d’une tonne au cent mètres correspond donc au cycle le plus court, celui des parcelles les plus favorables.
Ce que les aides publiques couvrent
| Dispositif | Montant publié dans le rapport |
|---|---|
| Bonus haie de l’éco-régime de la PAC | 7 € par hectare de surface agricole utile |
| MAEC Biodiversité, entretien durable des infrastructures agroécologiques | 0,8 € par mètre linéaire, soit 800 € par hectare de haie |
| MAEC entretien du bocage de la programmation 2007 à 2013 | 0,18 € par mètre linéaire et par an |
| Certification Label Haies | 352 € par an, après un plan de gestion durable facturé 1 500 à 2 500 € |
Le bonus haie se calcule sur la surface agricole utile, pas sur le linéaire : pour l’exploitation type décrite par le rapport, 100 hectares avec 3,5 km de haies, il représente 700 € par an, soit 233 € par kilomètre de haie. La MAEC revalorisée se compte bien au mètre linéaire, soit 800 € par kilomètre. La mission juge le bonus faible au regard du coût de gestion durable, et rappelle que l’ancienne MAEC était déjà critiquée pour son montant trop faible par rapport au temps passé.
Reste à savoir ce que la haie rend en échange. L’annexe 11 du rapport donne la réponse en marge brute, par hectare et par cycle d’exploitation des haies. Pour des haies dont l’emprise est contrôlée, sans production de bois, la marge brute moyenne d’une parcelle de 4 hectares reste inférieure à celle de la parcelle témoin sans haie ; elle rejoint le témoin à 16 hectares, l’augmentation des rendements des cultures voisines compensant alors les frais d’entretien. Avec une production de bois durable, la marge devient positive et atteint au maximum environ 50 € par hectare après dix ans. Le rapport ajoute que ces résultats varient fortement selon la productivité des haies, le prix de vente du bois, les charges de mécanisation et les aides.
La mission observe aussi que certains agriculteurs entretiennent leurs haies trop intensivement pour contenir leur expansion, et qu’un entretien moins fréquent permettrait de réaliser des économies. Elle cite un cas : sur 900 mètres le long d’un ruisseau, un propriétaire a économisé 8 000 € sur 35 ans, en euros constants, en cessant de faucher l’emprise de la haie. La plantation, elle, coûte beaucoup plus cher que l’entretien : le barème de la mesure « Plantons des haies » du Plan de relance retient environ 8 € hors taxes par mètre linéaire pour une haie à un rang, sans conception ni suivi, et le dispositif régional mis en place en Occitanie atteint 14 € hors taxes par mètre linéaire, avec conception et suivi.
Pour un jardin, ces montants ne se transposent pas tels quels : le rapport chiffre des haies agricoles de bocage, taillées au lamier ou à l’épareuse, et ne publie rien sur la haie d’un particulier. Ce que la fiche retient, c’est l’ordre de grandeur d’un entretien courant, un peu moins de 0,50 € par mètre linéaire et par an dans le cas décrit, et surtout le fait que la dépense se décide au moment de la taille, un entretien moins fréquent coûtant moins cher. Si vous taillez votre haie, la fenêtre du 15 mars au 31 juillet est celle où la coupe coûte le plus cher aux oiseaux, comme le détaille la taille des arbres et des arbustes entre le 15 mars et le 31 juillet. Le linéaire national et son recul sont dans le linéaire de haies en France et le rythme de sa disparition, et ce qu’un professionnel facture pour entretenir un jardin dans faire appel à un professionnel pour son jardin.
Un coût de gestion de haie se cite avec son périmètre. Les 450 € par an portent sur l’entretien régulier d’un kilomètre de haies arbustives agricoles, d’après des données recueillies par la mission du CGAAER en 2023, et les 500 € par kilomètre sur une gestion durable avec récolte de bois, avant valorisation. Ces deux montants ne recouvrent pas les mêmes travaux et ne s’additionnent pas.