Le repère vient de l’expertise collective que l’Anses a consacrée à l’ambroisie à feuilles d’armoise, publiée le 20 octobre 2020. L’agence n’y publie pas un coût unique mais trois fourchettes annuelles, correspondant chacune à un poste de dépense distinct. Mises bout à bout, elles dessinent une facture comprise entre 415 et 654 millions d’euros par an pour la France métropolitaine. Cette addition est la nôtre : elle n’est écrite nulle part telle quelle, chaque poste reste à lire séparément dans la synthèse de l’Anses.
| Poste de coût | Fourchette annuelle | Ce qu’il recouvre |
|---|---|---|
| Prise en charge médicale | 59 à 186 M€ | Médicaments et consultations |
| Pertes de production | 10 à 30 M€ | Arrêts de travail des personnes allergiques |
| Perte de qualité de vie | 346 à 438 M€ | Gêne quotidienne des personnes allergiques |
Fourchettes estimées à l’échelle nationale par l’Anses dans son expertise collective sur les impacts sanitaires et les coûts associés à l’ambroisie à feuilles d’armoise, saisine n° 2018-SA-0088, octobre 2020. Source : rapport d’expertise collective, Anses.
De 1,1 à 3,5 millions de personnes allergiques au pollen
Cette prévalence de 1,7 % à 5,4 % est une estimation, pas un comptage : elle repose sur une relation entre l’exposition modélisée au pollen et la consommation de soins, appliquée à l’ensemble des communes de métropole. Elle varie d’un bout à l’autre du pays, la vallée du Rhône concentrant les valeurs hautes et les zones alpines les valeurs basses. À l’échelle européenne, l’Anses rappelle que la littérature situe la part de la population allergique entre 4,5 % et 40 % selon le degré d’infestation local.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la région la plus touchée
En 2017, sur le périmètre d’Auvergne-Rhône-Alpes, l’estimation atteignait 10,1 % de la population, et jusqu’à 37,3 % au niveau de certaines communes, avec un minimum communal de 2,4 %, selon le rapport de l’Anses. La Drôme comptait le plus d’individus allergiques de la région, la Haute-Savoie le moins. Sur le seul coût de la consommation de soins, arrêts de travail inclus, l’ORS et l’ARS estimaient la dépense à plus de 40,6 millions d’euros pour cette région en 2017, et une enquête téléphonique antérieure y mesurait une prévalence de 12,5 % à 14,1 % en 2014.
Le reste du pays est loin d’être épargné, mais la plante y est inégalement installée. Les cartographies de l’Observatoire des ambroisies rassemblent les observations validées de 2005 à 2025, établies avec les conservatoires botaniques nationaux, le réseau FREDON et les CPIE. Côté signalements, l’année 2025 a réuni plus de 6 400 déclarations entre janvier et novembre, contre 8 000 sur la même période en 2024, la majorité provenant d’Auvergne-Rhône-Alpes, avec une progression en Bourgogne-Franche-Comté, en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Ces signalements portent d’abord sur des parcelles agricoles, à 50 %, puis sur des bords de route, à 25 %.
Ce que la gestion précoce change
Les référents territoriaux ont pris en compte près de 70 % des signalements de 2025 et validé puis détruit près d’un tiers du total, tandis que 32 % des foyers reconnus sont restés en place, faute de pouvoir intervenir. Pour la plante, la fenêtre utile se situe avant la floraison : une fois le pollen libéré, l’exposition de la population est acquise et les graines se disséminent. Si vous en repérez dans votre jardin ou sur votre trottoir, arrachez-la avant le pic de mi-août à mi-septembre et signalez-la sur la plateforme de l’Observatoire ; en cas d’intervention pendant le pic, portez un masque pour limiter l’inhalation. Le pic de l’ambroisie tombe après la saison des graminées, ce que détaille notre fiche sur les allergies aux pollens.
Périmètre : les trois postes de coût et la prévalence de 1,7 % à 5,4 % sont des estimations de l’Anses pour la France métropolitaine, publiées en octobre 2020 à partir de données d’exposition modélisées sur les années 2005 à 2011 et de consommation de soins de 2017 pour l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les coûts agricoles de la plante en sont exclus : ils sont estimés à environ 170 millions d’euros par an par des travaux que l’Anses cite. Aucun de ces chiffres ne porte sur une parcelle précise, et le coût total de 415 à 654 millions d’euros est la somme, calculée par nos soins, des trois fourchettes publiées.