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Les Français allergiques aux pollens et l’allongement de la saison pollinique

La part des Français allergiques aux pollens, ce que valent vraiment ces estimations, et l’évolution mesurée de la saison : un démarrage plus précoce, des concentrations plus fortes et une durée qui s’allonge.

En bref

Combien de Français sont allergiques aux pollens et la saison pollinique s’allonge-t-elle ?

De l’ordre de 30 % des adultes et de 7 à 20 % des enfants sont allergiques aux pollens en France, d’après les enquêtes menées entre 1994 et 2006 que cite l’ANSES. Sur l’Eurométropole de Strasbourg, le démarrage de la pollinisation du bouleau et du chêne a gagné 10 jours entre 1998 et 2023, et la durée de la saison pollinique augmente en moyenne de 0,9 jour par an dans l’hémisphère nord.

30 % des adultes
allergiques aux pollens en France, contre 7 à 20 % des enfants, d’après les enquêtes menées de 1994 à 2006 que cite l’ANSES

Deux repères circulent pour la France : de 7 à 20 % chez les enfants et de l’ordre de 30 % chez l’adulte, tirés des enquêtes épidémiologiques françaises menées entre 1994 et 2006 et repris par l’ANSES dans son état des connaissances sur l’exposition aux pollens. Le rapport de la mission IGAS et IGEDD sur la surveillance des pollens, remis en janvier 2025, les reprend aussi, mais rappelle que l’agence les juge supérieurs à ce qu’elle a elle-même recueilli et que les études reposant sur un questionnaire seul surestiment la prévalence de 100 à 300 %.

À Strasbourg, la pollinisation du bouleau et du chêne démarre 10 jours plus tôt

+1,1 °C
de température moyenne annuelle gagné dans l’Eurométropole de Strasbourg entre 1998 et 2023
10 jours
de précocité gagnée au démarrage de la pollinisation du bouleau et du chêne sur la même période
+388 %
de concentration de pollen d’aulne sur les périodes récentes, par rapport au début des années 2000
EspèceÉvolution des concentrations de pollen
Aulne+388 %
Platane+248 %
Chêne+115 %
Bouleau+55 %
Graminées+47 %

Concentrations des périodes récentes comparées au début des années 2000, capteur de pollen des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Eurométropole de Strasbourg, 1998-2023. Source : Bilan des pollens et des moisissures 2025, Atmo Grand Est.

L’étude strasbourgeoise, menée avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et financée par l’ARS Grand Est, relie ces hausses à un réchauffement local mesuré sur 26 années de relevés. Elle relève aussi un allongement plus ou moins marqué de la saison pollinique du bouleau, du chêne et du platane, des pics plus intenses pour l’aulne, le chêne et le platane, et un démarrage plus précoce chez le bouleau et le chêne. Cette mesure porte sur cinq espèces et une agglomération : elle ne se transpose pas telle quelle au reste de la France.

À l’échelle de l’hémisphère nord, la saison gagne 0,9 jour par an

Une analyse rétrospective publiée par The Lancet Planetary Health en 201930015-4) a réuni 17 sites de l’hémisphère nord disposant d’au moins vingt ans de mesures continues, soit environ 26 ans de données en moyenne. Sur 11 de ces 17 sites, soit 65 %, la durée de la saison pollinique augmente, à raison de 0,9 jour par an en moyenne. Sur 12 sites, soit 71 %, la charge pollinique saisonnière progresse aussi. Les auteurs relient ces évolutions à la hausse des températures maximales et minimales.

Les deux échelles ne se comparent pas : le chiffre d’Atmo Grand Est décrit cinq espèces dans une agglomération sur 1998-2023, celui de The Lancet Planetary Health agrège des taxons et des périodes qui diffèrent d’un site à l’autre depuis les années 1970. Aucun des deux ne permet de dater la saison pollinique de votre jardin.

Aucune des sources citées ne compte les personnes allergiques en France : les estimations de prévalence reposent sur des enquêtes de 1994 à 2006, par questionnaire et sans test allergologique, ce qui empêche de distinguer une rhinite allergique d’une rhinite d’une autre origine. Prenez les 30 % comme un ordre de grandeur de la littérature, pas comme un recensement. Pour suivre votre exposition au jour le jour, les données publiques existent : l’indice pollen d’Atmo France et le réseau de sentinelles Pollin’Air publient des relevés géolocalisés, et les effets du décalage des saisons sur les plantations sont détaillés dans notre fiche sur l’adaptation du jardin au changement climatique.

Questions fréquentes

Combien de Français sont allergiques aux pollens ?
De l’ordre de 30 % des adultes et de 7 à 20 % des enfants, selon les enquêtes épidémiologiques françaises menées de 1994 à 2006 que reprend l’ANSES. Ce sont des estimations par questionnaire, que l’agence elle-même juge surestimées : à prendre comme un ordre de grandeur, pas comme un comptage.
La saison pollinique s’allonge-t-elle en France ?
Le suivi le plus long publié porte sur l’Eurométropole de Strasbourg : entre 1998 et 2023, la saison s’allonge pour le bouleau, le chêne et le platane, et le démarrage de la pollinisation du bouleau et du chêne a gagné 10 jours. À l’échelle de l’hémisphère nord, la durée de la saison pollinique augmente en moyenne de 0,9 jour par an sur les sites suivis, d’après une analyse parue en 2019 dans The Lancet Planetary Health.
Quelles espèces ont le plus augmenté à Strasbourg ?
Sur l’Eurométropole de Strasbourg, les concentrations des périodes récentes dépassent celles du début des années 2000 de 388 % pour l’aulne, 248 % pour le platane, 115 % pour le chêne, 55 % pour le bouleau et 47 % pour les graminées, d’après le bilan 2025 d’Atmo Grand Est.
Pourquoi les chiffres de prévalence sont-ils si incertains ?
Parce que la plupart des études disponibles reposent sur des questionnaires sans test allergologique, ce qui surestime la rhinite allergique de 100 à 300 % selon l’ANSES, et parce que l’intensité de la saison pollinique de l’année de l’enquête fait varier le résultat. Les méthodes diffèrent aussi d’une enquête à l’autre, ce qui rend les comparaisons difficiles.

Sources

  1. ANSES, Exposition de la population générale aux pollens de l’air ambiant : l’Anses fait le point, état des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition aux pollens, expertise de janvier 2014, enquêtes épidémiologiques françaises menées de 1994 à 2006, consultée le 28 septembre 2026.
  2. IGAS et IGEDD, Évolution de la surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant, rapport définitif tome 1, IGAS n°2023-100R et IGEDD n°015399-01, rapport remis en janvier 2025, consulté le 28 septembre 2026.
  3. Atmo Grand Est, avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et l’ARS Grand Est, Bilan des pollens et des moisissures 2025, dont l’étude Quand le climat transforme les saisons polliniques, Eurométropole de Strasbourg 1998-2023, étude portant sur 1998-2023, bilan publié en mai 2026, consulté le 28 septembre 2026.
  4. The Lancet Planetary Health, Ziska L. H. et al., Temperature-related changes in airborne allergenic pollen abundance and seasonality across the northern hemisphere: a retrospective data analysis, 17 sites suivis sur environ 26 ans en moyenne, article publié en mars 2019.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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