Deux repères circulent pour la France : de 7 à 20 % chez les enfants et de l’ordre de 30 % chez l’adulte, tirés des enquêtes épidémiologiques françaises menées entre 1994 et 2006 et repris par l’ANSES dans son état des connaissances sur l’exposition aux pollens. Le rapport de la mission IGAS et IGEDD sur la surveillance des pollens, remis en janvier 2025, les reprend aussi, mais rappelle que l’agence les juge supérieurs à ce qu’elle a elle-même recueilli et que les études reposant sur un questionnaire seul surestiment la prévalence de 100 à 300 %.
À Strasbourg, la pollinisation du bouleau et du chêne démarre 10 jours plus tôt
| Espèce | Évolution des concentrations de pollen |
|---|---|
| Aulne | +388 % |
| Platane | +248 % |
| Chêne | +115 % |
| Bouleau | +55 % |
| Graminées | +47 % |
Concentrations des périodes récentes comparées au début des années 2000, capteur de pollen des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Eurométropole de Strasbourg, 1998-2023. Source : Bilan des pollens et des moisissures 2025, Atmo Grand Est.
L’étude strasbourgeoise, menée avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et financée par l’ARS Grand Est, relie ces hausses à un réchauffement local mesuré sur 26 années de relevés. Elle relève aussi un allongement plus ou moins marqué de la saison pollinique du bouleau, du chêne et du platane, des pics plus intenses pour l’aulne, le chêne et le platane, et un démarrage plus précoce chez le bouleau et le chêne. Cette mesure porte sur cinq espèces et une agglomération : elle ne se transpose pas telle quelle au reste de la France.
À l’échelle de l’hémisphère nord, la saison gagne 0,9 jour par an
Une analyse rétrospective publiée par The Lancet Planetary Health en 201930015-4) a réuni 17 sites de l’hémisphère nord disposant d’au moins vingt ans de mesures continues, soit environ 26 ans de données en moyenne. Sur 11 de ces 17 sites, soit 65 %, la durée de la saison pollinique augmente, à raison de 0,9 jour par an en moyenne. Sur 12 sites, soit 71 %, la charge pollinique saisonnière progresse aussi. Les auteurs relient ces évolutions à la hausse des températures maximales et minimales.
Les deux échelles ne se comparent pas : le chiffre d’Atmo Grand Est décrit cinq espèces dans une agglomération sur 1998-2023, celui de The Lancet Planetary Health agrège des taxons et des périodes qui diffèrent d’un site à l’autre depuis les années 1970. Aucun des deux ne permet de dater la saison pollinique de votre jardin.
Aucune des sources citées ne compte les personnes allergiques en France : les estimations de prévalence reposent sur des enquêtes de 1994 à 2006, par questionnaire et sans test allergologique, ce qui empêche de distinguer une rhinite allergique d’une rhinite d’une autre origine. Prenez les 30 % comme un ordre de grandeur de la littérature, pas comme un recensement. Pour suivre votre exposition au jour le jour, les données publiques existent : l’indice pollen d’Atmo France et le réseau de sentinelles Pollin’Air publient des relevés géolocalisés, et les effets du décalage des saisons sur les plantations sont détaillés dans notre fiche sur l’adaptation du jardin au changement climatique.