La question du financement est inscrite dans la loi. L’article L. 411-9-1 du code de l’environnement, créé par la loi n° 2025-237 du 14 mars 2025, prévoit que le plan national définit les financements de l’État, des collectivités territoriales et des acteurs socio-économiques et sanitaires alloués à l’information du public, à la connaissance scientifique, à la recherche de systèmes de prévention et à la lutte contre le frelon à pattes jaunes. Le plan national a été adopté par arrêté le 16 septembre 2026. À ce jour, seuls deux montants portant sur la lutte sont publiés, et tous deux viennent de l’État.
| Poste de dépense | Montant | Ce qu’il recouvre |
|---|---|---|
| Enveloppe exceptionnelle, 2026 | 3 M€ | Moyens opérationnels immédiats pour les territoires, et soutien à des méthodes de lutte plus sélectives |
| Fonds Vert, engagements 2025 | 4,5 M€ | L’ensemble des espèces exotiques envahissantes, pas le seul frelon asiatique |
Les deux seuls montants publics publiés pour la lutte contre le frelon asiatique. Enveloppe 2026 : communiqué d’adoption du plan national, ministère chargé de la Transition écologique, 16 septembre 2026. Engagements 2025 du Fonds Vert : dossier de presse de lancement du plan, même ministère, 27 mars 2026, qui précise que ce total porte sur l’ensemble des espèces exotiques envahissantes.
Ce que l’État annonçait en mars, et ce qu’il a confirmé en septembre
Le dossier de presse du 27 mars 2026, publié au lancement du projet de plan soumis à consultation, annonçait un financement global de 3 millions d’euros par an consacré aux moyens de lutte et de prévention, bénéficiant à la fois aux collectivités et aux associations mobilisées sur le terrain. Il détaillait l’emploi de cette somme : financer des formations, puis des moyens de lutte et de prévention à destination des collectivités, des communes et des associations, parmi lesquels le piégeage de printemps, le piégeage d’automne, la destruction des nids et la protection des ruches par des pièges sélectifs. Ces actions devaient être accessibles via un guichet dédié, ouvert au 1er mai, où collectivités, communes et structures associatives déposent leur demande en renseignant un cahier des charges simplifié. Le communiqué du 16 septembre 2026, lui, parle d’une enveloppe exceptionnelle de 3 millions d’euros mobilisée en 2026, sans reprendre la formule du montant annuel.
Un exemple chiffré : 40 279,20 € de perches pour le SDIS de l’Aisne
Le dossier de presse de mars 2026 donne un cas concret de dépense, sur l’exercice 2025. Le service départemental d’incendie et de secours de l’Aisne a reçu un soutien de l’État pour acquérir 12 perches télescopiques, pour un coût total de 40 279,20 €, et pour se former, pour un coût total de 25 000 €, afin de répartir la capacité de lutte sur le territoire. Ces financements ont été octroyés dans le cadre du Fonds Vert. Le même document précise que ce dispositif a représenté 4,5 millions d’euros engagés en 2025 sur l’ensemble des espèces exotiques envahissantes : le montant ne se rapporte donc pas au seul frelon asiatique, et il correspond à des engagements pris avant l’adoption du plan.
Ce que les collectivités financent, sans montant national publié
Le dossier de presse décrit aussi ce qui se faisait avant le plan : les collectivités territoriales coordonnent certaines actions et financent certains dispositifs, l’achat de pièges et la destruction des nids notamment, tandis que les apiculteurs assurent la surveillance et la protection des ruches. Aucun document public consulté ne chiffre ces dépenses à l’échelle nationale, ni par département, ni par commune. C’est précisément ce que la loi de 2025 a voulu corriger en imposant au plan de définir les financements de l’État et des collectivités : faute de comptabilité publique publiée, la fiche ne peut pas donner de part des collectivités dans la lutte, et ne l’estime pas.
La cartographie des financements, livrable du plan adopté
- Les aides aux opérations de gestion des espèces exotiques envahissantes du ministère chargé de l’environnement, via l’enveloppe de la stratégie nationale biodiversité pilotée par les DREAL.
- Les fonds contribuant aux programmes de recherche, avec des projets sur le frelon asiatique déjà identifiés pour 2027 et un poste existant au sein de l’unité mixte de service Patrinat.
- Les aides aux filières apicoles relevant du ministère chargé de l’agriculture, dont le financement de l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation.
- Des fonds provenant des collectivités territoriales.
- Des fonds européens, une piste à creuser par une structure socio-professionnelle.
- Des fonds privés, fondations et entreprises, et des opérations novatrices à monter, l’exemple des jeux à gratter et de l’appel à contribution auprès du grand public étant cité par le plan.
Ces six sources de financement sont celles qu’identifie l’action n° 6 « Cartographie et structuration des financements » du plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes, ministère chargé de la Transition écologique, arrêté du 16 septembre 2026. Le montant de chacune n’est pas arrêté à ce stade : le plan indique qu’il sera précisé en fonction des résultats de cette action.
Cette action n° 6 a pour livrable une cartographie nationale des financements et un plan de financement pluriannuel de six ans, couvrant l’ensemble des actions du plan au niveau national comme départemental. Sa fiche précise qu’aucun financement nouveau n’est nécessaire pour la mener, puisqu’il s’agit d’un travail d’identification et de coordination. En attendant, la dépense la plus visible pour un particulier reste la destruction d’un nid proche de chez lui, dont le financement dépend des dispositifs locaux : le classement des départements selon la pression du frelon indique ce que chaque niveau change sur le terrain, et la présence du frelon dans les jardins rappelle ce qu’un nid prélève aux colonies. Pour un piège de surveillance en terrasse ou au potager, voyez notre rayon des pièges à guêpes.
Périmètre : les deux montants cités sont les seuls que les documents publics consultés chiffrent. Les 3 millions d’euros de 2026 sont une enveloppe exceptionnelle annoncée par le communiqué d’adoption du 16 septembre 2026, distincte du financement global de 3 millions d’euros par an évoqué en mars 2026 dans le dossier de presse du projet de plan. Les 4,5 millions d’euros de 2025 sont des engagements du Fonds Vert sur l’ensemble des espèces exotiques envahissantes, et non sur le seul frelon asiatique. Le coût du renouvellement des colonies apicoles perdues, chiffré jusqu’à 26 % des revenus de la production de miel, soit près de 12 millions d’euros par an à l’échelle nationale, est un coût subi par la filière, pas une dépense de lutte : il n’entre pas dans les montants ci-dessus.