Broyer, c’est hacher les feuilles coriaces, les brindilles, les petites branches et les autres résidus de taille avec un matériel adapté à leur diamètre. L’opération réduit nettement le volume des déchets, et le broyat obtenu sert de paillage ou de matière à composter. Dans l’enquête menée par le Crédoc pour l’ADEME auprès de 2 559 personnes disposant d’un jardin, 9 % d’entre elles ont recours au broyage. La pratique se fait presque toujours chez soi : la plateforme collective de broyage reste rare.
Ce que mesure cette enquête
L’étude a été réalisée par le Crédoc pour l’ADEME auprès de 2 559 personnes majeures vivant en France et ayant accès à un jardin ou à un espace vert privatif. Le terrain s’est déroulé du 7 janvier au 14 février 2022, le rapport est publié en mars 2023. Les personnes qui disposent d’un espace vert représentent 53 % de la population française. Les proportions qui suivent sont déclaratives : elles reposent sur des pratiques racontées, jamais sur des volumes pesés.
Le broyage augmente avec la taille du jardin
| Population | Part qui broie au moins un déchet vert |
|---|---|
| Ensemble des personnes qui ont un jardin | 9 % |
| Jardin de moins de 500 m² | 6 % |
| Jardin de 500 m² et plus | 13 % |
| Cadres et professions intellectuelles supérieures | 14 % |
Pratiques déclarées, enquête Crédoc pour l’ADEME, terrain de janvier et février 2022, rapport publié en mars 2023.
Le déchet vert compte aussi : 6 % des personnes interrogées broient à domicile les tailles d’arbres et 4 % les tailles de haies ou de broussailles, tandis que 1 % passent par une plateforme collective pour l’un et l’autre type de végétaux. Le matériel pèse directement sur la pratique : parmi les personnes qui broient, les deux tiers possèdent leur propre broyeur, l’emprunt à un proche, la location et le service à domicile restant marginaux. Le taux d’équipement monte à 85 % chez les retraités, soit 19 points de plus que la moyenne, et à 80 % dans les jardins de plus de 3 000 m².
Pourquoi broyer
- 50 % broient pour pailler leurs plantations.
- 41 % pour obtenir de la matière à composter.
- 41 % pour éviter les allers et retours en déchèterie.
- 40 % pour diminuer la quantité de déchets verts.
- 27 % pour réduire l’impact sur l’environnement.
- 22 % pour réduire les coûts d’entretien du jardin.
Ce qui retient les jardiniers
- 52 % des personnes qui ne broient pas citent le manque d’équipement.
- 18 % considèrent qu’elles n’ont pas assez de déchets verts à broyer.
- 12 % jugent la pratique compliquée ou contraignante.
- 11 % disent qu’elles n’y pensent pas.
- 11 % estiment que le matériel coûte trop cher.
- 9 % pointent le manque de place.
- 8 % ne sauraient pas quoi faire du broyat.
- 3 % trouvent le broyat peu esthétique.
Le manque d’équipement pèse plus lourd chez les retraités (59 % des freins cités, soit 7 points de plus que la moyenne) et dans les jardins de 500 à 999 m² (63 %, soit 11 points de plus). À l’inverse, 8 % des personnes interrogées disent pouvoir se rendre sur une plateforme de broyage, 6 % pouvoir emprunter un broyeur et 3 % disposer d’un service de broyage en porte à porte.
Le broyat se réutilise sur place, en paillage au pied des plantations ou en apport au compost. Les volumes qui passent encore par la déchèterie sont détaillés dans notre fiche sur la collecte des déchets verts, et la pratique du compostage dans celle sur le compostage domestique. Côté matériel, le choix d’un sac de jardin pour les feuilles et les tontes et le paillage organique plutôt que la toile complètent le geste.