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Ce que le bilan 2025 des arboviroses a changé en France

La saison 2025 a fait changer d’échelle la transmission locale des arboviroses : huit régions touchées, trois nouvelles, et des épisodes de plus de cent cas. Ce que le bilan national en retient, région par région.

En bref

Combien de cas d’arboviroses ont été transmis localement en France hexagonale en 2025, et dans quelles régions ?

Pendant la surveillance renforcée 2025, du 1er mai au 30 novembre, la France hexagonale a enregistré 809 cas autochtones de chikungunya, dont 790 répartis en 79 épisodes, et 30 cas autochtones de dengue, dont 29 en 11 épisodes. Huit régions ont été touchées, dont trois pour la première fois. C’est le plus grand nombre de cas autochtones de chikungunya depuis 2006.

809
cas autochtones de chikungunya identifiés en France hexagonale pendant la saison 2025, un record depuis 2006

Ces données viennent du bulletin national de Santé publique France sur le chikungunya, la dengue et le Zika en 2025, publié le 6 mai 2026. Elles portent sur la période de surveillance renforcée, entre le 1er mai et le 30 novembre, quand le moustique tigre est actif et que chaque cas déclenche une investigation et des mesures de lutte antivectorielle. Un cas autochtone est un cas dont la personne n’a pas voyagé en zone de circulation du virus dans les quinze jours qui précèdent les symptômes : la contamination a eu lieu sur le territoire. Le communiqué de presse publié le même jour parle de 81 foyers de transmission locale pour le chikungunya ; le bulletin, plus détaillé, distingue 79 épisodes de transmission et 19 cas isolés dont le lieu de contamination n’a pas pu être identifié.

809
cas autochtones de chikungunya, dont 790 en 79 épisodes de transmission
30
cas autochtones de dengue, dont 29 en 11 épisodes
2 398
cas importés de chikungunya sur l’année, toutes périodes

Huit régions touchées, trois pour la première fois

Les épisodes de transmission autochtone de chikungunya sont concentrés sur le pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône, mais la carte s’est élargie : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Corse et Île-de-France étaient déjà concernées les années précédentes, et la transmission a été observée pour la première fois en Nouvelle-Aquitaine, dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté. Le bilan compte ainsi huit régions touchées, tous virus confondus, dont trois nouvelles.

RégionÉpisodes de chikungunyaÉpisodes de dengue
Provence-Alpes-Côte d’Azur353
Nouvelle-Aquitaine161
Occitanie145
Auvergne-Rhône-Alpes62
Corse30
Île-de-France20
Grand Est20
Bourgogne-Franche-Comté10
Total7911

Épisodes de transmission autochtone identifiés pendant la surveillance renforcée 2025. Les régions où aucun épisode n’a été identifié figurent à zéro. Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Corse sont touchées par les deux virus.

Quatre épisodes ont duré plus de trois mois, et plusieurs ont dépassé les quatre-vingts cas, comme à Antibes avec 144 cas, à Bergerac avec 103 cas et à Fréjus avec 84 cas, un niveau jamais observé en métropole. La durée médiane d’un épisode de chikungunya a été de 31 jours, contre 12 jours pour la dengue, dont les épisodes sont restés plus petits.

Des cas importés portés par les épidémies voisines

La saison s’explique d’abord par ce qui se passait ailleurs. Sur 2 398 cas importés de chikungunya, 82 % revenaient de La Réunion, où une épidémie était en cours, avec un pic de 247 signalements en une semaine fin avril, dont 234 de retour de l’île. Les cas importés de dengue, 2 389 sur l’année, venaient à 60 % de Guadeloupe et de Martinique, puis de Polynésie française pour 14 %. Le Zika reste marginal, avec 18 cas importés, surtout de Thaïlande et d’Indonésie.

82 %
des cas importés de chikungunya revenaient de La Réunion
60 %
des cas importés de dengue venaient de Guadeloupe ou Martinique
18
cas importés de Zika sur toute l’année 2025

Ce que les virus disent d’eux-mêmes

Les analyses de laboratoire précisent ce qui a circulé. Pour la dengue, le sérotype a été identifié dans dix des onze épisodes autochtones : six étaient dus au sérotype 1, trois au sérotype 2 et un au sérotype 3, ce qui signifie que trois sérotypes différents ont circulé la même saison sur le territoire. Pour le chikungunya, le lignage a été identifié dans 42 des 79 épisodes, et il s’agissait chaque fois du lignage ECSA-2 du sous-lignage de l’océan Indien, porteur de la mutation E1-226V, une souche particulièrement adaptée au moustique tigre.

Le bilan rappelle que la circulation mondiale du chikungunya a dépassé 500 000 cas rapportés en 2025, avec 315 079 cas dans les Amériques et 115 948 en Asie du Sud-Est. La dynamique ne s’est pas arrêtée aux frontières : depuis le début 2026, Mayotte compte 942 cas au 17 avril et la Guyane 108 cas au 16 avril, deux épidémies qui alimenteront les cas importés de la saison suivante.

Ce que cela change au jardin

  • Retourner les coupelles, les arrosoirs et les bacs vides : une petite réserve d’eau claire suffit à une ponte, et l’ombre d’un feuillage la protège.
  • Fermer les réservoirs et les cuves de récupération, avec un couvercle ou une toile fine.
  • Au retour d’un séjour en zone de circulation, rester sous protection anti-piqûres, car le virus peut encore être présent dans le sang.

Un jardin arrosé multiplie les points d’eau où le moustique trouve à pondre. La fiche Où le moustique tigre est implanté en France donne le détail département par département, le calculateur de récupérateur d’eau de pluie aide à choisir un modèle qui reste fermé, et Ce que l’arrosage consomme au jardin chiffre les volumes en jeu.

Questions fréquentes

Combien de cas autochtones d’arboviroses la France a-t-elle connus en 2025 ?
809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue pendant la surveillance renforcée, du 1er mai au 30 novembre 2025. Le chikungunya atteint un niveau jamais vu depuis la mise en place de la surveillance en 2006, très au-dessus des 84 cas autochtones de 2024.
Quelles régions ont été touchées par la transmission locale en 2025 ?
Huit régions, dont trois pour la première fois : la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté. Les cinq autres, déjà touchées les années précédentes, sont Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Corse et l’Île-de-France.
Pourquoi la saison 2025 a-t-elle été si forte ?
À cause de l’épidémie de chikungunya dans l’océan Indien, surtout à La Réunion : 82 % des 2 398 cas importés en revenaient, avec un pic fin avril. Le virus en cause, le lignage ECSA-2 porteur de la mutation E1-226V, est particulièrement adapté au moustique tigre, ce qui a favorisé sa transmission locale.
Quels sérotypes de dengue ont circulé en France en 2025 ?
Le sérotype a été identifié dans dix des onze épisodes autochtones : six épisodes de sérotype 1, trois de sérotype 2 et un de sérotype 3. Trois sérotypes ont donc circulé la même saison, ce qui compte pour la suite, une infection par un sérotype ne protégeant pas contre les autres.

Sources

  1. Santé publique France, Chikungunya, dengue et Zika, France hexagonale (Corse comprise) en 2025, bilan de la surveillance renforcée, bulletin national publié le 6 mai 2026.
  2. Santé publique France, Face aux moustiques et aux maladies qu’ils transmettent, protégeons-nous !, communiqué publié le 6 mai 2026, implantation au 1er janvier 2026.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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