Le repère vient du communiqué de Santé publique France sur les moustiques et les maladies qu’ils transmettent, publié le 6 mai 2026, dont la carte s’appuie sur les données du ministère chargé de la santé. Durablement implanté ne veut pas dire repéré une fois : le comptage retient les départements où le moustique est installé et actif, et le ministère rappelle qu’une fois installé dans une commune, il est pratiquement impossible de s’en débarrasser.
La carte s’est remplie en vingt ans
Le moustique tigre, Aedes albopictus, a été détecté pour la première fois en métropole en 2004. Au début 2025, le ministère chargé de la santé comptait 81 départements colonisés sur les 96 départements métropolitains, et 6 574 communes où l’implantation avait été constatée et confirmée. Un an plus tard, au 1er janvier 2026, Santé publique France en dénombre 83. Quelques départements n’ont pas encore rapporté sa présence, et le ministère invite les particuliers à signaler toute observation pour compléter la carte.
Ce décompte se lit avec une réserve de méthode : le ministère range les départements colonisés en deux catégories selon la part des communes touchées, faiblement colonisé lorsque moins de 40 % des communes du département sont colonisées, fortement colonisé à partir de 40 %. Le moustique est anthropophile, il vit près des habitations et se développe dans les petites collections d’eau que l’on entretient sans y penser.
Ce que cela change pour la surveillance
Le moustique tigre est actif de mai à novembre. La surveillance de la dengue, du chikungunya et du Zika est donc renforcée du 1er mai au 30 novembre : elle est coordonnée par Santé publique France avec les agences régionales de santé et le Centre national de référence des arbovirus, et repose sur le signalement obligatoire des cas par les médecins.
Ces comptes sont ceux du bulletin national des arboviroses du 16 septembre 2026, arrêtés au 13 septembre et cumulés depuis le début de la surveillance renforcée. La transmission locale reste rare sans être nulle : à la même date, 17 épisodes autochtones avaient été identifiés en France hexagonale, 13 de chikungunya totalisant 75 cas et 4 de dengue totalisant 6 cas, dans le Tarn, le Lot, la Gironde, les Landes, le Val-de-Marne, l’Hérault, la Dordogne et les Bouches-du-Rhône.
2025, l’année où le chikungunya a changé d’échelle
La saison précédente avait été plus lourde : en 2025, la métropole a connu 81 foyers de transmission locale de chikungunya et près de 809 cas autochtones, un record depuis 2006, ainsi que 30 cas autochtones de dengue et 60 cas confirmés d’infection à virus West Nile. Ces chiffres viennent du même communiqué de Santé publique France, qui rappelle que les cas importés suivent l’épidémie de l’océan Indien et que les maladies circulent aussi aux Amériques, en Asie du Sud-Est, en Afrique et dans le Pacifique.
Ce que vous pouvez faire au jardin
- Vider l’eau stagnante des pots, des soucoupes, des bâches et des gouttières : ce sont les gîtes où les larves se développent.
- Couvrir les récupérateurs d’eau de pluie et les réservoirs de jardin, pour que la surface de l’eau ne reste pas libre.
- Éviter les piqûres avec des vêtements couvrants, des répulsifs et des moustiquaires, y compris autour des poussettes.
- Après un séjour dans une zone où la dengue circule, rester protégé jusqu’à trois semaines après le retour.
Un jardin arrosé abrite de fait de nombreux contenants : c’est là que le moustique trouve à pondre. Le calculateur de récupérateur d’eau de pluie aide à dimensionner une cuve réellement couverte, et la fiche Ce que l’arrosage consomme au jardin détaille les volumes en jeu saison par saison.