L’annexe 5 du rapport du CGAAER sur la haie, publié en mai 2023, s’intitule « Longueurs de haies France entière classées par département ». Elle donne trois colonnes pour les 95 départements de métropole : la longueur en kilomètres, la part dans le linéaire national et le nombre de lignes relevées. La ligne « Total » affiche 1 551 963,6 km, l’ordre de grandeur de la couche nationale de référence des haies.
Le classement des dix premiers départements
| Département | Linéaire de haies | Part du total national |
|---|---|---|
| Manche | 61 813 km | 3,98 % |
| Finistère | 53 152 km | 3,42 % |
| Aveyron | 49 602 km | 3,20 % |
| Vendée | 48 474 km | 3,12 % |
| Deux-Sèvres | 47 578 km | 3,07 % |
| Loire-Atlantique | 46 837 km | 3,02 % |
| Côtes-d’Armor | 44 026 km | 2,84 % |
| Orne | 41 260 km | 2,66 % |
| Ille-et-Vilaine | 41 150 km | 2,65 % |
| Calvados | 38 668 km | 2,49 % |
| Dix premiers départements | 472 560 km | 30,4 % |
Longueurs de haies par département, annexe 5 du rapport du CGAAER n° 22114 d’avril 2023. La part est celle du linéaire national publié dans le même tableau.
Les dix premiers forment une bande ouest : la Manche et le Calvados pour le bocage normand, le Finistère, les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine pour la Bretagne, l’Orne à la charnière des deux, puis la Vendée, les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique pour le bocage du Sud-Ouest intérieur. L’Aveyron est la seule exception du groupe : c’est aussi le seul département du classement à n’avoir pas de façade maritime.
Un classement à lire avec sa méthode
Le rapport ne cache pas la réserve. La couche des haies est construite par segmentation automatique d’images aériennes prises entre 2004 et 2015 selon les départements, fusionnée avec des photo-interprétations du registre parcellaire graphique. Autrement dit, la ligne de la Manche et celle de l’Aveyron ne reposent pas sur la même année, et une partie de l’écart entre deux départements peut venir de la date des images plutôt que du paysage. La documentation ajoute que la linéarisation automatique surestime la longueur par rapport à une saisie manuelle. Le détail de la méthode et des limites est dans le linéaire de haies en France et le rythme de sa disparition.
La colonne de part se lit de la même façon : elle rapporte chaque département au total national, elle ne dit rien de la densité de haies sur son territoire. Un département vaste et agricole placera mécaniquement un chiffre élevé sans être plus bocager qu’un petit département dense en haies, et aucune surface départementale n’est publiée dans ce tableau pour faire la correction.
En bas du classement, l’écart est tout aussi parlant : l’annexe 5 relève 15,8 km de haies dans les Hauts-de-Seine, 26,2 km à Paris, 26,3 km en Seine-Saint-Denis et 57,1 km dans le Val-de-Marne. Ces quatre départements urbains réunis tiennent sur moins d’une centaine de kilomètres là où la seule Manche en compte 61 813.
Pour un jardin, cela dessine deux choses. D’abord une ambiance régionale : si vous habitez l’ouest, la haie est déjà le motif dominant du paysage, et ce que vous plantez s’inscrit dans un réseau continu. Ensuite une responsabilité de continuité, car c’est ce réseau qui sert de refuge à la faune, comme le détaille faire revenir la biodiversité dans son jardin. Si vous taillez votre haie, la fenêtre du 15 mars au 31 juillet est celle où la coupe coûte le plus cher aux oiseaux, voir la taille des arbres et des arbustes entre le 15 mars et le 31 juillet.
Un classement départemental de haies se cite toujours avec son organisme, son millésime et sa méthode. Ici : annexe 5 du rapport du CGAAER n° 22114, avril 2023, couche bâtie sur des images aériennes de 2004 à 2015 selon le département. Sans ces trois éléments, le nombre laisse croire à une mesure homogène qu’elle n’est pas.