Le repère vient de la page que l’Anses consacre aux chenilles processionnaires : à elles deux, les deux espèces ont été identifiées sur l’ensemble de la métropole, et aucun département n’échappe à l’une ou à l’autre, quand ce ne sont pas les deux qui sont présentes. Le décompte porte donc sur les 96 départements métropolitains, sans exception. Cette page est une republication d’un article cosigné par une médecin de santé publique de l’Anses.
Les deux espèces sont des larves de papillons de nuit, la processionnaire du pin sur les résineux de la famille des pins, la processionnaire du chêne sur les feuillus de la famille des chênes. Leur classement parmi les espèces nuisibles à la santé humaine date d’avril 2022, avec le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, et il oblige les autorités régionales et locales à traiter et à organiser la lutte partout où les chenilles menacent les populations et les animaux domestiques.
La processionnaire du pin s’est d’abord développée dans les forêts de conifères des régions atlantique et méditerranéenne. Les hivers moins rigoureux lui ont permis de remonter : l’espèce étend son implantation vers le nord-est depuis les années 1960 et progresse vers le nord et l’Île-de-France depuis 2010, ce qui en fait l’un des biomarqueurs du réchauffement retenus par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique. Sa progression tient aussi aux pins plantés dans des milieux non forestiers de régions nouvelles.
La processionnaire du chêne a une autre histoire. Ses pullulations périodiques sont connues dans les chênaies du nord-ouest, de l’Île-de-France et d’une zone d’endémie à l’Est. Elle se développe discrètement sur une bonne partie du pays, à l’exception de certains départements de la moitié sud, et son aire de répartition a peu bougé ces dernières décennies, même si l’espèce pullule de plus en plus. C’est la complémentarité des deux cartes qui explique l’absence de département épargné.
| Espèce | Période d’exposition | Pic |
|---|---|---|
| Processionnaire du pin | janvier à mai | mars |
| Processionnaire du chêne | avril à août | juin |
Périodes d’exposition aux soies urticantes selon l’espèce, d’après les expositions enregistrées par les Centres antipoison de janvier 2012 à juillet 2019.
Les deux cartes de présence sont tenues par l’Observatoire des chenilles processionnaires et publiées sur sa page où se trouvent les chenilles en France. Elles rassemblent les remontées d’observations de 2007 à 2023 et s’appuient sur le Département de la Santé des Forêts, l’Inrae, l’Office national des forêts, les agences régionales de santé, ainsi que le réseau FREDON. Les températures hivernales douces, en latitude comme en altitude, favorisent l’éclosion des œufs et la croissance des larves, ce qui déplace les cartes d’année en année.
Ce que le classement change
Dans les départements concernés par la présence des processionnaires ou susceptibles de l’être, le préfet fixe par arrêté les mesures de lutte, leur périmètre et leurs modalités, après avis de l’agence régionale de santé et du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. La liste publiée par l’Observatoire en porte 31 à la date du 28 septembre 2026, du plus ancien arrêté encore en vigueur, les Ardennes en mai 2022, aux plus récents, le Cantal en août 2026, la Savoie en juin 2026 et la Loire en mai 2026. Les arrêtés pris avant la réglementation nationale ont été repris. Ce compte est celui des lignes du tableau publié par l’Observatoire, page consultée le 28 septembre 2026 : il recense les arrêtés portés à sa connaissance, département par département, et mesure donc l’effort de gestion engagé, pas l’étendue de la présence des chenilles, qui couvre toute la métropole. Une espèce peut être présente dans un département sans arrêté.
- Ne touchez pas une chenille et ne vous approchez pas d’une procession, ni des endroits où elle est passée.
- Ne touchez pas les nids, même vides : ils gardent une forte concentration de poils urticants. Confiez leur destruction à des professionnels équipés.
- Si un arbre infesté borde la maison, évitez de faire sécher le linge dehors et faites attention en tondant la pelouse.
- Lavez les fruits et les légumes cueillis dans le secteur.
- En forêt, portez des vêtements longs et couvrants, et ne vous frottez pas les yeux pendant et après la promenade.
- Gardez les jeunes enfants à distance : ils peuvent porter une chenille à la bouche, ce qui est le risque d’intoxication le plus grave.
Une fois exposé, les poils se détachent et voyagent : dans un cas sur deux, les personnes prises en charge n’avaient pas vu de chenilles et avaient été touchées par des poils déposés sur des habits, du matériel de jardinage ou une terrasse. La fiche sur les accidents de jardinage en France replace ce risque dans l’ensemble des accidents du jardin, et adapter le jardin au changement climatique montre comment ces décalages de saison s’installent. Le suivi département par département des espèces nuisibles est traité, pour un autre vecteur, par la fiche où le moustique tigre est implanté.