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Ce que la crise du miel a changé dans les exploitations apicoles

La crise de commercialisation du miel de 2023 a laissé des traces inégales dans les ruchers français. FranceAgriMer a demandé aux apiculteurs ce qu’ils ont subi, puis ce qu’ils ont changé dans leur production. Les grands ruchers et ceux qui vendaient une partie de leur récolte en vrac ont payé le plus lourd.

En bref

Comment la crise du miel a-t-elle touché les exploitations apicoles ?

La crise du miel de 2023 a touché 8 % des apiculteurs français, mais 49 % de ceux qui dépassent 400 ruches et 48 % de ceux qui vendaient la moitié de leur récolte en vrac, d’après FranceAgriMer. Parmi les exploitations touchées, 70 % n’ont pas vendu toute leur récolte et 30 % ont accepté une baisse de prix pour garder leurs contrats. Et 49,1 % des apiculteurs n’ont changé aucune de leurs pratiques de production.

70 %
des exploitations touchées
n’ont pas vendu l’intégralité de leur récolte de miel après la crise de commercialisation de 2023

En 2023, la filière apicole française a traversé une crise de commercialisation née de l’inflation européenne. L’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, publié par FranceAgriMer en juillet 2025 sur les données 2024, consacre un focus à ses effets sur les exploitations. Sa figure 19 liste sept conséquences déclarées par les apiculteurs touchés, plusieurs réponses étant possibles par répondant.

Ce que la crise a fait aux exploitations touchées

Je n’ai pas vendu toute ma récolte70 %
J’ai dû accepter une baisse de prix importante pour vendre30 %
J’ai réussi à écouler le surplus en 202424 %
J’ai dû trouver d’autres détaillants pour la vente en pots22 %
J’ai dû augmenter la part de vente directe16 %
J’ai dû trouver de nouveaux acheteurs pour le vrac12 %
J’ai dû investir dans le stockage7 %

Impacts de la crise déclarés par les exploitations touchées, en part des répondants, plusieurs réponses étant possibles, figure 19 du document. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.

Le premier effet est un stock qui ne part pas : 70 % des exploitations touchées n’ont pas vendu l’intégralité de leur récolte. Vient ensuite le prix, avec 30 % qui ont accepté une baisse importante pour conserver leurs contrats de vente en vrac, un choix que FranceAgriMer observe surtout chez les grandes exploitations. Près d’un quart a réussi à écouler le surplus l’année suivante, 24 %, malgré une récolte 2024 plus faible. Les recompositions de circuits suivent : 22 % ont cherché d’autres détaillants pour la vente en pots, 16 % ont augmenté la part de vente directe et 12 % ont trouvé de nouveaux acheteurs pour le vrac. Le stockage, enfin, n’a concerné que 7 % des exploitations touchées.

Les exploitations les plus grandes ont été les plus touchées

Toutes les exploitations ne se sont pas retrouvées au même point. La figure 17 montre un gradient net selon la taille du rucher : 5 % des apiculteurs de moins de 50 ruches déclarent avoir été confrontés à des difficultés de commercialisation en 2023, contre 18 % de ceux qui ont entre 50 et 149 ruches, 27 % entre 150 et 199, 37 % entre 200 et 399 et 49 % au-delà de 400 ruches. Rapporté à l’ensemble de la filière, cela donne 8 % des apiculteurs, et 24 % parmi ceux qui dépassent 50 ruches. La figure 18 ajoute une seconde lecture, par circuit de vente plutôt que par taille.

Part du miel vendue en vracExploitations touchées par la crise
0 à 25 %8 %
25 à 50 %45 %
50 à 75 %48 %
75 à 100 %30 %

Part des exploitations touchées par la crise de 2023 selon la part de leur miel commercialisée en vrac, figure 18 du document. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.

Le classement surprend par son milieu. Ce ne sont pas les exploitations entièrement tournées vers le vrac qui ont le plus souffert, mais celles qui n’en vendaient qu’une partie : entre 25 et 75 % de vrac, environ la moitié des répondants ont été touchés, 45 % puis 48 %. FranceAgriMer l’explique par des relations moins fortes avec les clients et les grossistes : leurs contrats ont été difficilement renouvelés en 2023, et ces exploitations ont peiné à retrouver des débouchés pour compenser la perte des ventes en vrac. Au-delà de 75 % de vrac, la part retombe à 30 % : face à la hausse des prix, les grossistes ont privilégié leurs plus gros fournisseurs, avec qui ils traitent régulièrement. Sous 25 % de vrac, elle tombe à 8 %, car ces exploitations vivent surtout de la vente directe, des magasins de producteurs et des enseignes de grande distribution.

Ce que les apiculteurs ont changé dans leur production

Aucun changement49,1 %
Augmentation du nombre de ruches22,8 %
Limitation des coûts de production8,4 %
Recherche de miellées plus productives6,2 %
Recherche de miellées mieux valorisées6,1 %
Augmentation de la production en transhumance4,5 %
Diminution de la production3,2 %
Mise en place d’une certification ou d’un label2,4 %
Prophylaxie1,1 %
Nouveaux investissements0,7 %
Achat d’essaims et de reines0,5 %

Modifications de stratégies de production déclarées après la crise, en part des répondants, plusieurs réponses étant possibles, figure 20 du document. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.

Prise dans son ensemble, la réponse est d’abord un statu quo : 49,1 % des apiculteurs n’ont modifié aucune de leurs pratiques de production. Ceux qui ont bougé ont surtout agrandi leur rucher, 22,8 %, et ces changements concernent 70 % des ruchers de plus de 50 ruches, contre seulement 45 % des plus petits. La réduction des coûts de production arrive loin derrière, à 8,4 %, mais elle monte à 22 % chez les plus de 50 ruches, où elle passe le plus souvent par une limitation des investissements. La transhumance, 4,5 %, la recherche de miellées plus productives, 6,2 %, ou mieux valorisées, 6,1 %, et la mise en place d’une certification, 2,4 %, répondent à la même logique : produire autrement pour se démarquer sur un marché où le vrac se paie mal. Pour situer cet effort, ce que vaut le miel en vrac selon la miellée donne le prix de chaque cru, les stocks de miel des apiculteurs détaillent les volumes restés sur les palettes en 2024, la production de miel par région mesure la place de la transhumance dans la récolte et la catégorie matériel apicole rassemble l’équipement que ces changements supposent. Ces déclarations portent sur l’année qui a suivi la crise. Une seule campagne ne dit pas si les orientations prises se sont installées dans la durée.

Les quatre figures viennent de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025. L’enquête a recueilli 4 002 réponses, ce qui couvre 5,8 % des apiculteurs ayant déclaré des ruches à la DGAL en 2024. Les figures 17 et 18 portent sur l’ensemble des répondants, la figure 19 sur les seules exploitations touchées par la crise, et la figure 20 sur l’ensemble des répondants, plusieurs réponses pouvant être cochées. Ce sont des déclarations d’apiculteurs, pas un relevé de comptabilité.

Questions fréquentes

Les grands ruchers ont-ils été plus touchés par la crise du miel ?
Oui. La part des apiculteurs déclarant des difficultés de commercialisation en 2023 passe de 5 % sous 50 ruches à 18 % entre 50 et 149 ruches, 27 % entre 150 et 199, 37 % entre 200 et 399 et 49 % au-delà de 400 ruches. Rapportée à l’ensemble de la filière, elle tombe à 8 %, et à 24 % chez les plus de 50 ruches.
Pourquoi les apiculteurs vendant une partie de leur miel en vrac ont-ils été les plus touchés ?
Parce que leurs relations avec les grossistes sont plus fragiles. 45 % des exploitations qui vendaient entre 25 et 50 % de leur miel en vrac ont été touchées, et 48 % de celles entre 50 et 75 %, contre 30 % au-delà de 75 % et 8 % sous 25 %. FranceAgriMer explique ce creux du milieu par des contrats difficilement renouvelés en 2023, ces exploitations étant moins bien placées que les gros fournisseurs réguliers.
Quelles conséquences la crise a-t-elle eues sur les récoltes ?
Parmi les exploitations touchées, 70 % n’ont pas vendu l’intégralité de leur récolte et 30 % ont accepté une baisse de prix importante pour conserver leurs contrats de vente en vrac. 24 % ont réussi à écouler leur surplus en 2024, et 22 % ont dû chercher d’autres détaillants pour la vente en pots.
Les apiculteurs ont-ils changé leurs façons de produire après la crise ?
Pas tous : 49,1 % n’ont modifié aucune de leurs pratiques de production. 22,8 % ont augmenté le nombre de ruches, 8,4 % ont travaillé à la réduction de leurs coûts, 6,2 % ont cherché des miellées plus productives et 6,1 % des miellées mieux valorisées. Ces changements concernent 70 % des ruchers de plus de 50 ruches, contre 45 % des plus petits.

Sources

  1. FranceAgriMer, enquête du cabinet Agrex Consulting, Observatoire 2025 de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, édition de juillet 2025, consultée le 28 septembre 2026.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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