L’observatoire de la production de miel et de gelée royale publié par FranceAgriMer en juillet 2025 consacre une page aux stocks. Le document les mesure en fin de campagne, à la date du 31 décembre, et les compte en tonnes de miel non encore écoulées par les apiculteurs.
Ce n’est donc pas un volume de récolte : c’est ce qui restait dans les locaux de stockage une fois la campagne terminée. Les deux grandeurs se lisent ensemble, elles ne s’additionnent pas. Le document rappelle aussi une mécanique simple, un stock élevé suit une bonne année, quand les apiculteurs ont du mal à écouler leur production.
Sept années de stocks, du creux de 2018 au pic de 2023
Stocks de miel en France au 31 décembre de chaque année, en tonnes, figure 11 du document. La longueur des barres est proportionnelle au total de chaque année. Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale 2024, FranceAgriMer.
La série dessine deux creux et deux sommets. Les stocks les plus bas de la période sont ceux de 2018 et 2019, sous 10 000 tonnes. Ils remontent fortement en 2020, à 15 241 tonnes, retombent à 10 354 tonnes en 2021, puis repartent sur les deux campagnes suivantes : 13 581 tonnes fin 2022 et 15 868 tonnes fin 2023, le plus haut niveau de la série.
L’année 2024 referme cet épisode à la baisse. La récolte de la campagne recule de 28 % en un an, à 21 585 tonnes, et le miel non écoulé retombe à 13 222 tonnes. Le document relie directement les deux faits : après deux bonnes campagnes où les apiculteurs avaient eu des difficultés à écouler leurs productions, la faible récolte de 2024 a fait fondre le stock.
Un stock très inégalement réparti selon la taille du rucher
Rapporté au nombre de ruches, le stock varie de plus du triple entre un professionnel et un petit rucher. FranceAgriMer écrit que les stocks à la ruche restent particulièrement élevés chez les apiculteurs professionnels, 14,2 kg par ruche au-dessus de 400 ruches et 11,8 kg par ruche de 200 à 399 ruches, quand les ruchers de moins de 50 ruches sont beaucoup plus limitées, à 4 kg par ruche.
La concentration suit : 73 % des stocks sont détenus par les apiculteurs de plus de 200 ruches. Autrement dit, le miel non écoulé du pays se trouve en grande partie chez une petite part des exploitations, celles qui produisent le plus et pour qui l’écoulement de la récolte se joue sur des circuits professionnels.
L’enquête derrière ces chiffres couvre 4 002 exploitations apicoles, soit 5,8 % du total des apiculteurs enregistrés à la DGAL. Les stocks sont donc des résultats d’enquête étendus à toute la filière, pas un comptage exhaustif. Le document ne publie pas de méthode de calcul détaillée pour le stock par ruche, et ses deux lectures ne se recoupent pas forcément : une part de détenteurs et un volume rapporté à une ruche ne mesurent pas la même chose.
Ce que ça change pour votre jardin
Ces repères concernent la filière professionnelle, mais ils éclairent aussi le prix et la disponibilité du miel que vous achetez : une année de faible récolte avec des stocks déjà hauts ne se traduit pas de la même façon qu’une année de faible récolte sur des stocks vides. Pour situer la campagne, le cheptel et la récolte nationale sont sur la fiche apiculteurs et ruches en France, la géographie de la production sur le miel région par région et les crus sur les miellées du miel français.