Ces parts viennent de la deuxième grande enquête nationale sur les pratiques culturales des jardiniers amateurs, menée par la Société nationale d’horticulture de France pour son programme Jardiner Autrement, avec un rapport publié en décembre 2025. Le questionnaire est resté en ligne du 4 juillet au 15 octobre 2025 et a recueilli 1 810 réponses complètes. Le profil du corpus est âgé et expérimenté : 71 % des répondants jardinent depuis plus de dix ans, 67 % sont des femmes. Ces résultats décrivent ce corpus, pas l’ensemble des jardins français.
L’eau de pluie récupérée passe devant le réseau
| Source d’eau principale | Part des jardiniers |
|---|---|
| Récupération de l’eau de pluie | 47 % |
| Eau du robinet | 32 % |
| Puits, source naturelle, rivière | 11 % |
| Récupération des eaux grises | 10 % |
Source d’eau déclarée comme principale pour l’arrosage, sur l’ensemble du corpus. Les quatre réponses couvrent la totalité des jardiniers interrogés. Source : SNHF, programme Jardiner Autrement, rapport de décembre 2025.
La récupération au jardin se joue donc surtout sur l’eau de pluie, 47 % des jardiniers en faisant leur source principale, devant le réseau d’eau potable, 32 %. Les eaux grises, celles de la cuisine, de la salle de bain et du lave-linge, restent la source la moins citée, à 10 %, alors que le rapport rappelle qu’elles représentent en moyenne 70 % du volume total des eaux usées domestiques, soit environ 86 L par personne et par jour, d’après l’étude bibliographique menée par l’IRSTEA et l’ONEMA en 2015. Toutes ne sont pas réutilisables au jardin, à cause des produits ménagers qu’elles contiennent, mais le gisement reste important.
Sur un balcon, l’eau de pluie recule
Le rapport croise la source d’eau avec l’espace de jardinage et avec le degré d’urbanisation, et les écarts sont nets. En culture hors sol, sur un balcon, une terrasse ou une cour, 17 % des jardiniers déclarent utiliser de l’eau de pluie, contre 49 % des jardiniers de jardin, une différence que le rapport relie à la surface de collecte disponible. Les jardins situés en zone urbaine recourent significativement moins à l’eau de pluie que ceux des autres zones, et ceux de zone rurale utilisent significativement moins l’eau du robinet. La surface compte aussi : les jardins de moins de 300 m² arrosent davantage à l’eau du robinet que les plus grands, les parcelles de moins de 100 m² recourent moins à l’eau de pluie et moins au tuyau d’arrosage, et les jardins de plus de 10 000 m² ont plus souvent recours à des programmateurs d’irrigation. Le détail des surfaces disponibles selon le type d’espace est dans Le jardinage sur balcon et en terrasse en France.
L’arrosoir reste l’outil le plus courant
Méthode d’arrosage déclarée, sur l’ensemble du corpus. La barre de l’arrosoir donne l’échelle : les deux autres lui sont proportionnelles. Les parts ne couvrent pas la totalité des jardiniers, plusieurs méthodes pouvant coexister. Source : SNHF, programme Jardiner Autrement, rapport de décembre 2025.
Aucune statistique publique ne mesure la source d’eau choisie par les jardiniers amateurs : ni Agreste, ni le SDES, ni l’INSEE ne publient cette répartition. Le repère de cette fiche vient d’une enquête déclarative diffusée par les réseaux de la SNHF et de Jardiner Autrement, financée par l’Office français de la biodiversité : 1 810 jardiniers ont répondu, avec une forte part de jardiniers expérimentés. Elle mesure la source déclarée comme principale, ce qui n’est pas la même chose que l’équipement possédé, chiffré par une autre fiche, De quoi les foyers équipent leur jardin, ni la part de l’eau du jardin dans la consommation d’un foyer, traitée dans L’eau d’arrosage des jardins.
Pour votre jardin, ces ordres de grandeur disent surtout où se trouve la marge : un récupérateur d’eau de pluie change la source principale sans changer les gestes, alors que l’arrosoir et le tuyau restent les deux outils dominants. Le matériel d’arrosage, oyas, goutte à goutte et programmateurs, se trouve dans l’arrosage. Les restrictions d’arrosage qui encadrent l’usage de cette eau sont, elles, comptées département par département dans Les restrictions d’eau par département.