Cette moyenne porte sur 47 ans et sur la France métropolitaine, Corse comprise. Elle rassemble les surfaces forestières et les autres végétations parcourues, friches et landes. Une année moyenne ne décrit donc aucune année réelle : la même série, présentée dans les Chiffres clés des risques naturels, montre des exercices à plus de 70 000 hectares brûlés et d’autres bien en dessous. Le nombre de départs de feux suit la même irrégularité, ce qui rend toute comparaison entre deux années voisines trompeuse.
Des années sans commune mesure
Trois étés sortent du lot avec plus de 70 000 hectares brûlés : 1989, 1991 et 2003. L’année 2022 a été la plus touchée de la période récente, avec 62 000 hectares de forêts et 10 000 hectares d’autres végétations. En 2024, à l’inverse, un peu plus de 2 769 hectares ont été parcourus, et 217 incendies ont dépassé un hectare, contre 472 en 2023. Ces lignes ne se comparent pas directement : les sources et les périmètres de comptage changent d’une période à l’autre, et le tableau les reprend telles qu’elles sont publiées.
| Année | Surface brûlée | Périmètre de la ligne |
|---|---|---|
| 1989 | plus de 70 000 hectares | forêts et autres végétations, ONF-DFCI |
| 1991 | plus de 70 000 hectares | forêts et autres végétations, ONF-DFCI |
| 2003 | plus de 70 000 hectares | forêts et autres végétations, ONF-DFCI |
| 2022 | 62 000 hectares de forêts et 10 000 hectares d’autres végétations | année de référence de l’édition 2023 |
| 2024 | plus de 2 769 hectares | 1 367 incendies recensés, base BDIFF |
Années marquantes des surfaces brûlées en France métropolitaine, ministère de la Transition écologique. Les périmètres diffèrent : 1989, 1991 et 2003 sont mesurés par l’ONF-DFCI, la série la plus récente mêle la base Prométhée en région méditerranéenne et la base BDIFF ailleurs. Ces lignes ne forment pas une série continue.
D’où partent les feux
Sur les 810 feux de 2024 dont la cause est attribuée de façon certaine, 57 % sont involontaires ou accidentels, 31 % malveillants et 12 % d’origine naturelle. À l’échelle du pays, neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine, ce qui fait de l’incendie un risque largement lié aux activités et aux passages de l’homme plutôt qu’à la foudre. Les surfaces détruites se concentrent aussi sur un petit nombre de territoires : en 2024, l’Hérault, avec 685 hectares, et la Haute-Corse, avec 626 hectares, réunissent à eux deux près de la moitié de la surface nationale détruite.
Où le risque se concentre
En 2022, 6 870 communes ont été déclarées exposées au risque de feu de forêt par les préfets, soit environ une commune sur cinq. Les trois quarts se situent dans le sud de la France, où cinq régions, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, en concentrent 90 %. Le pourtour méditerranéen paie le tribut le plus lourd : près de 118 000 départs de feux y ont brûlé près de 942 000 hectares de forêt en 49 ans, et les massifs les plus exposés restent la Corse, le littoral méditerranéen, les Cévennes, les piémonts alpin et pyrénéen et les Landes.
- En 2022, près de 2 000 feux de forêt et de végétation ont détruit 16 558 hectares en région méditerranéenne, contre 6 907 hectares en moyenne sur 2011-2020, pour 1 617 feux.
- Un peu plus de 200 communes sont couvertes par un plan de prévention des risques d’incendie de forêt, dont près de la moitié en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
- Les surfaces parcourues annuellement par les incendies de forêt décroissent en zone méditerranéenne, sous l’effet des dispositifs de prévention et de lutte.
À l’échelle d’un jardin, ce risque se joue sur des gestes de voisinage. Brûler ses déchets verts est interdit, à l’air libre comme dans un incinérateur de jardin, et la combustion de végétaux humides fait partie des départs de feu accidentels : la page sur les feuilles mortes à évacuer sans les brûler détaille les voies autorisées. Pour situer ces surfaces, la fiche sur la surface de la forêt française donne les 17,6 millions d’hectares de forêt métropolitaine, et celle sur la sécheresse des sols rappelle ce qui rend la végétation combustible.