Ce chiffre porte sur la France hexagonale et la Corse, pas sur l’ensemble du pays : la forêt des cinq départements et régions d’Outre-mer est comptée à part. Il s’agit de la forêt au sens de l’inventaire forestier national, un couvert arboré défini par des seuils de surface et de densité, mesuré sur le terrain et sur photographies aériennes. Le Mémento 2025 de l’inventaire forestier national chiffre même l’incertitude statistique : de l’ordre de 100 000 hectares. La forêt est le type d’occupation du sol le plus important après l’agriculture, qui couvre plus de la moitié de la France. En son sein, la forêt disponible pour la production de bois, dite forêt de production, couvre 16,7 millions d’hectares, soit 95 % de l’ensemble.
Un siècle de reconquête forestière
Il y a un siècle, en 1908, le taux de boisement de la France hexagonale et de la Corse s’élevait à 19 %, pour près de 10 millions d’hectares. En 1985, la forêt atteignait 14,1 millions d’hectares, portée par l’exode rural, les révolutions agricole et industrielle, le boisement des terres financé par le Fonds forestier national entre 1947 et 1999, à hauteur de 2 millions d’hectares, et la poursuite des reboisements en montagne. Depuis 1985, elle a encore gagné 3,4 millions d’hectares, soit plus que la superficie de la région Pays de la Loire. L’expansion se poursuit, à 90 000 hectares par an.
| Année | Surface forestière |
|---|---|
| 1840 | 8,9 millions d’hectares |
| 1908 | 9,9 millions d’hectares |
| 1985 | 14,1 millions d’hectares |
| 2010 | 16,2 millions d’hectares |
| 2024 | 17,6 millions d’hectares |
Évolution de la surface forestière en France hexagonale et Corse depuis la moitié du XIXe siècle, Mémento 2025 de l’inventaire forestier national.
Où la forêt gagne du terrain, où elle stagne
L’avancée de la forêt n’est pas régulière. Entre 1908 et 1985, la forêt s’est étendue de 4,2 millions d’hectares, soit une progression moyenne de plus de 50 000 hectares par an, surtout dans le Massif central et sur la pointe bretonne. Aujourd’hui, l’extension concerne encore la Bretagne et la zone méditerranéenne, tandis que des régions déjà très boisées voient leur taux de boisement stagner.
- La Lozère, la Drôme, les Pyrénées-Orientales, les Landes, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Ardèche, la Haute-Corse, le Var, les Alpes-Maritimes et la Corse-du-Sud forment les dix départements au plus fort taux de boisement.
- Sept départements atteignent ou dépassent 60 % de boisement, alors qu’aucun n’y parvenait en 1908.
- Quatre départements restent sous 10 % de boisement, contre dix-huit en 1908 : la Manche, la Vendée, la Mayenne et les Deux-Sèvres.
À qui appartient la forêt française
| Statut de la forêt | Surface | Part de la forêt |
|---|---|---|
| Forêt privée | 13,2 millions d’hectares | 75 % |
| dont forêt privée sous plan simple de gestion | 3,1 millions d’hectares | 18 % |
| Forêts domaniales | 1,55 million d’hectares | 9 % |
| Autres forêts publiques, surtout communales | 2,8 millions d’hectares | 16 % |
Répartition de la propriété forestière en France hexagonale et Corse, Mémento 2025 de l’inventaire forestier national.
La forêt d’outre-mer s’ajoute à ce tableau : les cinq départements et régions d’Outre-mer totalisent 8,2 millions d’hectares, soit un tiers de la forêt française, avec un taux de boisement qui va de 26 % à Mayotte à 96 % en Guyane. À l’échelle d’un jardin, ces chiffres rappellent qu’un paysage forestier bouge lentement : la forêt hexagonale est passée de près de 10 millions d’hectares en 1908 à 17,6 millions aujourd’hui. Sur votre terrain, la question se joue autrement, et le calendrier d’arrosage d’un jeune arbre ou d’une haie décide de sa reprise. À l’inverse de la forêt, le linéaire de haies recule : la fiche sur les haies en France et leur rythme de disparition en donne la mesure, et celle sur les arbres plantés par le renouvellement forestier montre ce que les aides publiques replantent.