L’Observatoire de la production de miel et de gelée royale de FranceAgriMer décrit la géographie de la filière par trois entrées : où sont les apiculteurs, combien rend une ruche selon la région, et comment la récolte a bougé d’une année sur l’autre. Ces trois repères ne racontent pas la même carte, et c’est ce qui rend la lecture intéressante : une région peut réunir beaucoup d’apiculteurs et afficher un rendement moyen modeste.
Les apiculteurs se concentrent dans le Sud et l’Est
Part de chaque région dans les 68 571 apiculteurs déclarés auprès de la DGAL, données 2024. Ces cinq entrées totalisent 55,9 % du total, le reste se répartit entre les autres régions. Le document relève que les apiculteurs sont moins nombreux au Nord-Ouest du territoire. Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale 2024, FranceAgriMer.
L’Auvergne-Rhône-Alpes détient donc un apiculteur sur cinq, et le Grand-Est devance la Nouvelle-Aquitaine de moins d’un point. L’Occitanie, quatrième région pour le nombre d’apiculteurs, joue un autre rôle : c’est la seule région de France, avec la Corse, dont la récolte a progressé en 2024. Le nombre total d’apiculteurs déclarés, le cheptel de ruches et le rendement moyen national sont détaillés dans la fiche sur les apiculteurs et les ruches en France.
Une ruche rend près du double en Occitanie qu’en Bretagne
| Région | Rendement 2024 | Comparaison avec 2023 |
|---|---|---|
| Occitanie | 19,1 kg par ruche | même niveau qu’en 2023 |
| Centre-Val de Loire | plus de 20 kg par ruche | seule région à franchir ce seuil |
| Bourgogne-Franche-Comté | 13,2 kg par ruche | 35,5 kg par ruche en 2023 |
| Grand-Est | 11,8 kg par ruche | 32,3 kg par ruche en 2023 |
| Bretagne | 9,8 kg par ruche | non publié |
Rendement moyen en miel par ruche mise en production, par région, campagne 2024. Le rendement national tombe à 15,2 kg par ruche, contre 22,5 kg en 2023. L’observatoire signale que les rendements restent très variables d’un apiculteur à l’autre et d’une région à l’autre, et que la tendance est baissière dans la plupart des régions du Nord. Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale 2024, FranceAgriMer.
Deux régions du Nord-Est ont perdu plus de la moitié de leur rendement en un an : la Bourgogne-Franche-Comté passe de 35,5 à 13,2 kg par ruche, le Grand-Est de 32,3 à 11,8 kg. La Bretagne affiche le rendement le plus faible du pays, 9,8 kg par ruche, conséquence de mauvaises conditions tout au long de la saison. Dans le Sud, la baisse est plus douce : l’Occitanie et la Corse conservent les niveaux de 2023, et l’Occitanie affiche 19,1 kg par ruche.
2024 : deux régions en hausse, le reste en recul
| Région | Variation de la récolte 2024 / 2023 |
|---|---|
| Corse | + 26 % |
| Occitanie | + 9 % |
| Pays de la Loire | - 8 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | - 17 % |
| DOM | - 36 % |
| Bretagne | - 46 % |
| Grand-Est | - 59 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | - 60 % |
Évolution de la production de miel de chaque région entre 2023 et 2024, en pourcentage des volumes. La Bourgogne-Franche-Comté récolte moins de 1 200 tonnes contre près de 3 000 tonnes en 2023, et le Grand-Est a subi la sécheresse puis les fortes pluies du printemps en Alsace et dans les Vosges. Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale 2024, FranceAgriMer.
Le printemps 2024 a été pluvieux et froid sur une grande partie du pays, ce qui a empêché les abeilles de sortir butiner : les miellées de printemps ne pèsent que 9,6 % des volumes de l’année, contre 25 % pour les toutes fleurs d’été. La pression des bioagresseurs a été plus faible qu’en 2023 en métropole, le frelon asiatique ayant été plus discret pendant l’été, mais elle reste forte dans les DOM, où le varroa sévit notamment à La Réunion et en Guadeloupe. Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale 2024, FranceAgriMer.
La transhumance dessine une autre carte
Un quart de la récolte française, 25,3 %, est produit en transhumance, cette pratique qui consiste à déplacer les ruches vers les miellées successives. Elle est très inégalement répartie : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 51 % des volumes régionaux viennent de ruches transhumantes, et 40 % en Occitanie. À l’inverse, la Bretagne ne produit que 2 % de son miel en transhumance, et les Pays de la Loire 24 %. Seuls 7,3 % des apiculteurs français transhument, mais la pratique grimpe à 64,2 % chez les exploitations de plus de 400 ruches.
Pour situer ces repères régionaux, rappelons le cadre national : 21 585 tonnes de miel produites en 2024, contre 29 857 tonnes en 2023. La baisse vient du rendement, pas du cheptel, qui continue de progresser. Si vous cherchez à comprendre ce que demande une colonie au fil des saisons, notre calendrier des semis et des travaux au jardin vous donne les repères de l’année, et la fiche apiculteurs et ruches en France détaille la taille des exploitations, le miel bio et les circuits de vente.
Ces repères viennent de la synthèse de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publiée par FranceAgriMer en juillet 2025. Les résultats reposent sur les réponses de 5,8 % des apiculteurs déclarés : ce sont des résultats d’enquête extrapolés, pas un comptage exhaustif. Les parts régionales d’apiculteurs portent sur les déclarations faites auprès de la DGAL, un recensement administratif dans lequel les DOM sont réputés sous-déclarés.