L’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, publié par FranceAgriMer en juillet 2025 sur les données 2024, consacre une page aux tendances de commercialisation. Sa figure 15 classe neuf miellées par prix moyen du vrac, c’est-à-dire de la vente à un grossiste, à un conditionneur ou à une coopérative. Le prix du vrac s’est repris en 2024, après avoir atteint un niveau très bas en 2023.
De 8,5 € à 4,0 € le kilo selon la fleur
Prix moyen du miel vrac en 2024, en euros le kilo, par miellée, figure 15 du document. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.
En haut du classement, la lavande reste très bien valorisée à 8,5 € le kilo, un niveau très proche de celui de la campagne précédente. Les miels de montagne et d’acacia suivent, à 7,7 € et 7,4 € le kilo. Ces trois crus sont ceux qui trouvent le plus facilement preneur auprès des grossistes, parce qu’ils sont recherchés et que les volumes disponibles sont limités.
En bas, le tournesol à 4,0 € le kilo et le colza à 4,1 € arrivent derniers, juste sous le miel toutes fleurs à 4,6 €. FranceAgriMer range ces miels toutes fleurs et de grandes cultures, luzerne, tournesol et colza, sous la barre des 5 € le kilo, et rappelle que ce sont les miellées les moins valorisées, comme l’an dernier. Le classement est donc l’inverse de celui des volumes : le toutes fleurs d’été est la première récolte du pays et le tournesol la première miellée monoflorale, mais ce sont les moins bien payés en vrac.
À côté du pot et de la vente directe
La comparaison avec les autres circuits, figure 14 de la même page, situe la vente en vrac tout en bas de l’échelle : 7,8 € le kilo en conventionnel et 10,1 € en bio, contre 12,8 € et 14,9 € le pot vendu au détaillant ou en grande distribution, puis 14,1 € et 16,1 € le pot vendu en direct. Comme en conventionnel, les prix du vrac ont augmenté par rapport à la campagne précédente, mais en pot ils ont connu une légère baisse.
Deux mouvements se croisent en 2024. La hausse du vrac s’explique, selon FranceAgriMer, par une offre limitée sur la campagne. En sens inverse, la vente directe semble avoir baissé : après la crise du vrac, de nombreux apiculteurs ont cherché à développer ce segment, et cet afflux d’offre s’est traduit par une baisse de prix. Pour un apiculteur qui vend sa récolte, l’arbitrage entre vrac et pot ne se joue donc pas seulement sur le prix affiché.
Ces repères servent à situer un prix quand on vous en propose un, à la hausse comme à la baisse. Les prix par cru et par circuit varient d’une campagne à l’autre, et une mauvaise année fait monter le vrac autant qu’elle fait baisser les rendements. Pour la part de chaque cru dans la récolte française, voyez quelles miellées composent le miel français, et pour le prix payé en rayon, combien coûte le miel en France. Le matériel de récolte et de mise en pot se range du côté de la catégorie matériel apicole.
Les deux figures viennent de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025. L’observatoire s’appuie sur les déclarations de 4 002 apiculteurs, 5,8 % des apiculteurs déclarés auprès de la DGAL : les prix par miellée sont des résultats d’enquête extrapolés à l’ensemble de la filière, déclarés par les producteurs, et non un relevé de factures. Une miellée composite comme le toutes fleurs regroupe des miels dont la composition florale varie d’un rucher à l’autre, ce qui pèse sur le prix moyen.