L’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche de FranceAgriMer range la récolte par miellée, c’est-à-dire par origine florale dominante du nectar butiné. La campagne 2024 a été marquée par un printemps pluvieux, froid et venteux, qui a lessivé le nectar et retenu les abeilles à la ruche : ce contexte pèse sur la lecture des parts ci-dessous, puisqu’un cru peut reculer sans que le nombre de ruches qui le produisent ait bougé.
Treize miellées se partagent la récolte
Part de chaque miellée dans les volumes de miel produits en France en 2024, figure 9 du document. Les totaux publiés sont arrondis au dixième et dépassent donc légèrement 100 %. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.
Le miel toutes fleurs d’été reste la première récolte du pays, un quart des volumes à lui seul. Derrière lui, l’ordre des crus a changé : le tournesol passe en tête des monofloraux avec 10,9 %, porté par de bons résultats, et la lavande tient la deuxième place à 10,3 %, un cru qui a mieux résisté que les autres malgré des rendements modestes en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie. Le colza, lui, déçoit : à 6,1 %, il laisse la place au tournesol dans les régions où il menait la récolte.
Deux crus racontent la météo de l’année. Les toutes fleurs de printemps tombent à 9,6 %, quand celles d’été en représentent un quart : le printemps pluvieux et froid a cloué les butineuses à la ruche au moment où ce cru se récolte. L’acacia, autre cru de printemps, recule à 3,9 %, même s’il donne de bons résultats en Bourgogne-Franche-Comté. À l’inverse, le châtaignier atteint 9,1 %, avec de bonnes récoltes en Corse, et reste discret en Nouvelle-Aquitaine comme en Bretagne.
La miellée dominante varie selon les régions
| Région | Miellée dominante en 2024 |
|---|---|
| Bretagne | Colza |
| Hauts-de-France | Colza |
| Grand-Est | Colza |
| Normandie | Tournesol |
| Pays de la Loire | Tournesol |
| Centre-Val de Loire | Tournesol |
| Nouvelle-Aquitaine | Tournesol |
| Occitanie | Tournesol |
| Île-de-France | Tilleul |
| Bourgogne-Franche-Comté | Acacia |
| Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | Lavande |
| Corse | Châtaignier |
| DOM | Forêt |
Miellée dominante de chaque région, hors miel toutes fleurs, figure 10 du document. La carte ne porte pas de tonnage : elle indique le cru qui arrive en tête dans chaque région. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.
Trois lectures se dégagent de cette carte. Le tournesol s’impose dans un ensemble continu qui va de la Nouvelle-Aquitaine au Nord-Ouest : il est exceptionnellement la première miellée de Normandie, du Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire, conséquence directe des mauvais résultats du colza. Le colza garde trois régions septentrionales et occidentales, la Bretagne, le Grand-Est et les Hauts-de-France. Enfin, le Sud-Est et la montagne ont leurs crus propres : lavande en Provence-Alpes-Côte d’Azur, miellée de montagne en Auvergne-Rhône-Alpes, châtaignier en Corse, forêt dans les DOM.
Ces parts décrivent une seule campagne, et une campagne mauvaise : la production nationale perd 28 % sur un an, à 21 585 tonnes. Le classement des crus bouge donc d’une année sur l’autre, surtout pour les miellées de printemps. Pour le cadre général, le nombre d’apiculteurs, le cheptel et le rendement moyen sont sur la fiche apiculteurs et ruches en France, et la géographie de la filière sur où est produit le miel en France.
Ces repères viennent de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025. L’observatoire s’appuie sur les déclarations de 4 002 apiculteurs, 5,8 % des apiculteurs déclarés auprès de la DGAL : les parts par miellée sont des résultats d’enquête extrapolés à l’ensemble de la filière, pas un comptage exhaustif. Les miellées composites, comme les toutes fleurs, regroupent des miels dont la composition florale varie d’un rucher à l’autre.