Le chiffre vient du chapitre conditionnement et commercialisation de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, l’enquête que FranceAgriMer mène chaque année auprès des apiculteurs. En 2024, plus de 67 % de la récolte nationale a été mise en pot. La part progresse par rapport à la campagne précédente : la récolte ayant été limitée, les apiculteurs ont proportionnellement davantage conditionné leur miel, un pot se vendant mieux au kilo qu’un fût vendu en vrac.
Tout petits ruchers en pots, gros ruchers en fûts
La mise en pot suit la taille du cheptel à la baisse. Les ruchers de moins de 50 ruches conditionnent 94 % de leur miel, un niveau élevé dans toutes les régions : seules celles du Centre-Val de Loire et du Grand-Est passent sous les 90 %. Les exploitations de plus de 400 ruches ne mettent en pot que 42,6 % de leurs volumes et privilégient la vente en gros ou demi-gros, aux conditionneurs et aux grossistes. FranceAgriMer note une forte progression de la part mise en pots chez les apiculteurs de 200 à 399 ruches, qui ont développé la vente directe après leurs difficultés sur les ventes en gros. Dans les départements et régions d’outre-mer, la quasi-totalité de la production part en bouteilles ou en pots : 98 % chez les moins de 50 ruches, 87 % chez les autres.
Part de la production de miel de 2024 conditionnée en pot, selon la taille du rucher. Plus le cheptel grandit, plus la vente en gros ou demi-gros prend la place du pot. Source : Observatoire FranceAgriMer des produits de la ruche, données 2024.
La vente directe recule quand le rucher grandit
Le pot et la vente de proche en proche vont ensemble. La vente directe reste le premier débouché du miel français, avec 41 % des volumes de 2024, soit 4 points de plus qu’en 2023 : après la crise du vrac, de nombreux apiculteurs ont réorienté leur production vers ce circuit et l’ont poursuivi. Elle est surtout le fait des ruchers moyens : 61,9 % des débouchés chez les apiculteurs de 50 à 149 ruches, environ 50 % chez ceux de 150 à 199 ruches comme de 200 à 399 ruches. Au-delà de 400 ruches, la vente directe ne représente plus que 25,4 % des débouchés. À l’inverse, les grossistes, conditionneurs et coopératives, qui concentrent 18 % des volumes nationaux, en ont perdu 5 points sur un an.
Des régions du pot et des régions du fût
La géographie confirme le clivage. La Normandie, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse se spécialisent dans la vente en pots, quand le Centre-Val de Loire, l’Occitanie et le Grand-Est vendent davantage en vrac ou en demi-gros. Ces trois dernières régions sont aussi celles où la mise en pot des petits ruchers passe sous les 90 %. Un apiculteur de plus de 50 ruches n’y conditionne en moyenne que 59 % de sa récolte, contre la quasi-totalité en outre-mer.
La vente en ligne reste un canal marginal : elle ne représente que 0,9 % des volumes de 2024. FranceAgriMer la décrit comme en développement mais limitée, l’organisation des expéditions étant chronophage et exigeant parfois de la main-d’œuvre supplémentaire.
Ces repères éclairent le prix affiché en rayon : le pot se paie bien plus au kilo que le vrac, comme le détaille combien coûte le miel en France. Le cheptel et l’ensemble des débouchés sont sur apiculteurs et ruches en France, la carte des récoltes sur où est produit le miel en France, et la gelée royale, le pollen et la propolis sur les autres produits de la ruche. Si vous récoltez votre propre miel, le matériel de mise en pot se trouve dans notre catégorie apiculture, et les gestes de la récolte dans comment filtrer son miel.
Tous les chiffres de cette fiche viennent de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025 d’après une enquête du cabinet Agrex Consulting. L’enquête repose sur 4 002 apiculteurs répondants, soit 5,8 % des déclarés, et 91,4 % des volumes estimés : ces parts sont extrapolées à partir d’un échantillon, elles ne viennent pas d’un comptage exhaustif.