La crise de commercialisation de 2023 a laissé des stocks et des contrats fragiles. L’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, publié par FranceAgriMer en juillet 2025 sur les données 2024, demande ensuite aux exploitations touchées ce qu’elles ont décidé de changer dans leur vente. Sa figure 21, page 16, donne sept réponses possibles, plusieurs pouvant être cochées par un même répondant.
Sept façons de vendre autrement, deux tailles de rucher
| Nouvelle orientation | Plus de 50 ruches | Moins de 50 ruches |
|---|---|---|
| Développement d’un nouveau produit ou service | 33 % | 15 % |
| Développement de la vente directe | 31 % | 29 % |
| Augmentation des efforts de communication et de marketing | 30 % | 12 % |
| Développement de la vente en ligne | 13 % | 9 % |
| Autre | 5 % | 2 % |
| Développement de la vente aux détaillants | 4 % | 0 % |
| Développement de la vente en vrac | 1 % | 1 % |
Modifications de stratégies de vente déclarées par les apiculteurs touchés par la crise, en part des répondants, plusieurs réponses étant possibles, figure 21 du document, page 16. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.
Le premier enseignement tient à l’écart entre les deux colonnes. Chez les ruchers de plus de 50 ruches, les trois premières réponses se tiennent dans un mouchoir, de 30 % à 33 %. Chez les plus petits, seule la vente directe atteint un niveau comparable, 29 % : le nouveau produit tombe à 15 % et la communication à 12 %. FranceAgriMer écrit que ce développement de nouveaux modes de vente et de stratégie marketing concerne au total 41 % des exploitations touchées, avec une large part d’exploitations de plus de 50 ruches.
Réponses déclarées par les seules exploitations touchées de plus de 50 ruches, figure 21 du document, page 16. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.
La vente directe est la seule réponse qui résiste à la taille : 31 % des plus de 50 ruches et 29 % des plus petits. Le document y voit une façon de contourner les circuits des grossistes, sur un marché du vrac devenu défavorable. La vente en ligne suit la même pente, à 13 % et 9 %, et FranceAgriMer précise qu’elle concerne surtout les exploitations qui vendaient déjà une part notable en direct. À l’autre bout du tableau, le vrac ne progresse presque pas, 1 % dans les deux séries, et la vente aux détaillants ne concerne que 4 % des plus de 50 ruches, contre aucune des plus petites exploitations.
Ce que la crise a changé dans la production comme dans la vente
La réponse la plus fréquente chez les grands ruchers n’est pas un circuit mais un produit : 33 % ont développé un nouveau produit ou service, contre 15 % des plus petits. FranceAgriMer cite en tête les produits transformés, nougat, bonbons, pain d’épices et hydromel, qui se prêtent à la vente directe sur les marchés locaux. Suivent l’élevage de reines et d’essaims, que 11 % des apiculteurs touchés ont envisagé, puis la production de pollen et de propolis, citée par 10 % des répondants à l’enquête, et les prestations de pollinisation, envisagées par 5 % des apiculteurs concernés. Le document note que la gelée royale reste à l’écart, jugée trop complexe et chronophage.
Ces chiffres se lisent avec la voisine de celle-ci. Ce que la crise a fait subir aux exploitations, stock invendu et baisse de prix, et ce qu’elle a changé dans les pratiques de production, sont dans le détail des figures 17 à 20. Les récoltes de chaque région et le poids de la transhumance sont dans la production de miel par région, le prix de chaque cru dans ce que vaut le miel en vrac et le nombre de ruchers en activité dans les apiculteurs et les ruches en France. Ces sept réponses sont des intentions déclarées l’année qui a suivi la crise : elles disent une direction, pas un résultat de vente.
La figure 21 vient de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025. Elle porte sur les seules exploitations touchées par la crise de commercialisation, et plusieurs réponses pouvaient être cochées. L’enquête a recueilli 4 002 réponses, soit 5,8 % des apiculteurs ayant déclaré des ruches à la DGAL en 2024. Ce sont des déclarations d’apiculteurs, pas un relevé de comptabilité.