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Ce que les apiculteurs touchés par la crise ont changé dans leur façon de vendre

Après la crise de commercialisation de 2023, les apiculteurs touchés n’ont pas seulement changé leur production : ils ont aussi changé leur façon de vendre. FranceAgriMer a listé sept réponses possibles, et les a séparées selon que le rucher dépasse ou non 50 ruches. Les deux séries ne se ressemblent pas.

En bref

Comment les apiculteurs touchés par la crise ont-ils changé leur façon de vendre ?

Parmi les apiculteurs touchés par la crise du miel de 2023, 33 % de ceux qui dépassent 50 ruches ont développé un nouveau produit ou service et 31 % la vente directe, d’après FranceAgriMer. Chez les moins de 50 ruches, la vente directe arrive en tête à 29 %. Le vrac ne progresse que de 1 % dans les deux cas.

33 %
des exploitations touchées de plus de 50 ruches
ont développé un nouveau produit ou service pour vendre autrement après la crise de 2023

La crise de commercialisation de 2023 a laissé des stocks et des contrats fragiles. L’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, publié par FranceAgriMer en juillet 2025 sur les données 2024, demande ensuite aux exploitations touchées ce qu’elles ont décidé de changer dans leur vente. Sa figure 21, page 16, donne sept réponses possibles, plusieurs pouvant être cochées par un même répondant.

Sept façons de vendre autrement, deux tailles de rucher

Nouvelle orientationPlus de 50 ruchesMoins de 50 ruches
Développement d’un nouveau produit ou service33 %15 %
Développement de la vente directe31 %29 %
Augmentation des efforts de communication et de marketing30 %12 %
Développement de la vente en ligne13 %9 %
Autre5 %2 %
Développement de la vente aux détaillants4 %0 %
Développement de la vente en vrac1 %1 %

Modifications de stratégies de vente déclarées par les apiculteurs touchés par la crise, en part des répondants, plusieurs réponses étant possibles, figure 21 du document, page 16. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.

Le premier enseignement tient à l’écart entre les deux colonnes. Chez les ruchers de plus de 50 ruches, les trois premières réponses se tiennent dans un mouchoir, de 30 % à 33 %. Chez les plus petits, seule la vente directe atteint un niveau comparable, 29 % : le nouveau produit tombe à 15 % et la communication à 12 %. FranceAgriMer écrit que ce développement de nouveaux modes de vente et de stratégie marketing concerne au total 41 % des exploitations touchées, avec une large part d’exploitations de plus de 50 ruches.

Développement d’un nouveau produit ou service33 %
Développement de la vente directe31 %
Augmentation des efforts de communication et de marketing30 %
Développement de la vente en ligne13 %
Autre5 %
Développement de la vente aux détaillants4 %
Développement de la vente en vrac1 %

Réponses déclarées par les seules exploitations touchées de plus de 50 ruches, figure 21 du document, page 16. Source : Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche 2024, FranceAgriMer.

La vente directe est la seule réponse qui résiste à la taille : 31 % des plus de 50 ruches et 29 % des plus petits. Le document y voit une façon de contourner les circuits des grossistes, sur un marché du vrac devenu défavorable. La vente en ligne suit la même pente, à 13 % et 9 %, et FranceAgriMer précise qu’elle concerne surtout les exploitations qui vendaient déjà une part notable en direct. À l’autre bout du tableau, le vrac ne progresse presque pas, 1 % dans les deux séries, et la vente aux détaillants ne concerne que 4 % des plus de 50 ruches, contre aucune des plus petites exploitations.

Ce que la crise a changé dans la production comme dans la vente

La réponse la plus fréquente chez les grands ruchers n’est pas un circuit mais un produit : 33 % ont développé un nouveau produit ou service, contre 15 % des plus petits. FranceAgriMer cite en tête les produits transformés, nougat, bonbons, pain d’épices et hydromel, qui se prêtent à la vente directe sur les marchés locaux. Suivent l’élevage de reines et d’essaims, que 11 % des apiculteurs touchés ont envisagé, puis la production de pollen et de propolis, citée par 10 % des répondants à l’enquête, et les prestations de pollinisation, envisagées par 5 % des apiculteurs concernés. Le document note que la gelée royale reste à l’écart, jugée trop complexe et chronophage.

Ces chiffres se lisent avec la voisine de celle-ci. Ce que la crise a fait subir aux exploitations, stock invendu et baisse de prix, et ce qu’elle a changé dans les pratiques de production, sont dans le détail des figures 17 à 20. Les récoltes de chaque région et le poids de la transhumance sont dans la production de miel par région, le prix de chaque cru dans ce que vaut le miel en vrac et le nombre de ruchers en activité dans les apiculteurs et les ruches en France. Ces sept réponses sont des intentions déclarées l’année qui a suivi la crise : elles disent une direction, pas un résultat de vente.

La figure 21 vient de l’Observatoire de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, publié par FranceAgriMer en juillet 2025. Elle porte sur les seules exploitations touchées par la crise de commercialisation, et plusieurs réponses pouvaient être cochées. L’enquête a recueilli 4 002 réponses, soit 5,8 % des apiculteurs ayant déclaré des ruches à la DGAL en 2024. Ce sont des déclarations d’apiculteurs, pas un relevé de comptabilité.

Questions fréquentes

Les apiculteurs touchés par la crise ont-ils tous changé leur façon de vendre ?
Non. FranceAgriMer rapporte que le développement de nouveaux modes de vente et de stratégie marketing concerne au total 41 % des exploitations touchées par la crise, avec une large part d’exploitations de plus de 50 ruches. La figure 21 ne prévoit pas de réponse « aucun changement », ces 41 % ne disent donc rien des autres exploitations touchées.
Les petits apiculteurs vendent-ils différemment des grands après la crise ?
Oui, sur presque toutes les lignes. Parmi les exploitations touchées de plus de 50 ruches, 33 % ont développé un nouveau produit ou service et 30 % leurs efforts de communication, contre 15 % et 12 % chez les moins de 50 ruches. La vente directe fait exception, à 29 % chez les petits contre 31 % chez les grands, et aucun petit apiculteur n’a déclaré se tourner vers la vente aux détaillants.
La crise du miel a-t-elle poussé les apiculteurs vers la vente en ligne ?
Un peu : 13 % des exploitations touchées de plus de 50 ruches ont développé la vente en ligne, et 9 % des moins de 50 ruches. Le document précise que ce recours accru concerne en majorité les exploitations qui possédaient déjà une part non négligeable de vente directe.
La vente en vrac a-t-elle été abandonnée après la crise ?
Non. Seuls 1 % des apiculteurs touchés déclarent développer la vente en vrac, dans les deux tailles de rucher, et 4 % chez les plus de 50 ruches se tournent vers les détaillants en reconditionnant une partie de leur production en pots. FranceAgriMer y voit une recherche de contrats plus stables avec les grossistes, pas un retrait du vrac.

Sources

  1. FranceAgriMer, enquête du cabinet Agrex Consulting, Observatoire 2025 de la production de miel, de gelée royale et des autres produits de la ruche, données 2024, édition de juillet 2025, consultée le 28 septembre 2026.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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