La fiche filière apiculture publiée en janvier 2026 par FranceAgriMer tient en deux pages et rassemble les chiffres de la campagne 2024. Trois d’entre eux parlent d’argent : ce que le rayon fait payer, ce que le miel français vaut à l’export, et à quel prix le miel étranger entre dans le pays. Les trois ne racontent pas du tout la même histoire.
En rayon, 11,68 € le kilo
Ces trois nombres vont ensemble : les hypermarchés, supermarchés, enseignes à dominante marque propre et magasins de proximité ont écoulé 18 650 tonnes de miel pour 217,83 millions d’euros en 2024, ce qui place le kilo à 11,68 €. C’est une moyenne : le document précise que le prix varie selon les miellées, sans donner le détail par cru.
Ce que contient le rayon : trois textures et deux miellées
Répartition des volumes de miel vendus en grande distribution en 2024 selon la texture. Les miels liquides restent fluides, les crémeux sont cristallisés finement, les solides se tiennent à la coupe. Source : fiche filière apiculture, FranceAgriMer.
Le rayon est dominé par deux miellées : le toutes fleurs, avec 15 471 tonnes vendues, et l’acacia, avec 1 306 tonnes. Le document ajoute que 89 % des miels et de leurs dérivés vendus en grande distribution sont produits en agriculture conventionnelle. Les achats des ménages, eux, se font surtout en grande surface : les hypermarchés pèsent 39,2 % des volumes de miel achetés pour la consommation à domicile, les supermarchés 33,8 %, les enseignes à dominante marque propre 18,4 % et les magasins de proximité 8,5 %.
Le miel qui sort vaut bien plus que le miel qui entre
| Référence | Prix en 2024 | Volumes concernés |
|---|---|---|
| Miel vendu en grande distribution | 11,68 € le kilo | 18 650 tonnes |
| Miel exporté | 6 642 € la tonne | 3 979 tonnes |
| Miel importé | 3 023 € la tonne | 33 746 tonnes |
Trois prix du miel de la campagne 2024, dans les unités employées par le document : le rayon se lit au kilo, le commerce extérieur à la tonne. Les deux prix du commerce extérieur viennent des douanes françaises, celui du rayon des panels distributeur et consommateur menés pour FranceAgriMer. Source : fiche filière apiculture, FranceAgriMer.
La France importe donc bien plus qu’elle n’exporte : elle a fait entrer 33 746 tonnes en 2024, une facture de 102 millions d’euros, et n’a sorti que 3 979 tonnes, pour 26 millions d’euros. Le déficit de la balance commerciale atteint 76 millions d’euros et près de 29,8 milliers de tonnes. Les importations viennent d’abord d’Europe, à 50,8 %, avec l’Ukraine en tête à 29,5 % des volumes, devant l’Espagne, 17,9 %, la Belgique, 8,3 %, et l’Allemagne, 6,9 %. Les exportations partent à 63,7 % vers l’Union européenne, surtout vers la Suède, 19,5 %, la Belgique, 12,1 %, l’Espagne, 10,3 %, et l’Italie, 9,3 %.
Une part des volumes français ne passe jamais par un rayon : la vente directe écoule 40,9 % de la production de miel de 2024, quand la grande distribution n’en prend que 6,8 %. Le prix de 11,68 € ne dit donc rien de ce que coûte le pot acheté au producteur. Le détail de ces débouchés se lit sur apiculteurs et ruches en France. Source : fiche filière apiculture, FranceAgriMer.
Pour un jardinier, ces trois prix situent ce que vaut un pot : un miel déjà conditionné, transporté et référencé en grande surface se paie au kilo, tandis qu’un miel en vrac qui quitte le pays se négocie à la tonne. C’est la mise en pot et la vente de proche en proche qui font l’essentiel de la valeur, ce que confirme la place de la vente directe dans les débouchés. Si vous débutez avec des abeilles, le matériel de base est décrit dans notre catégorie apiculture, et les gestes de la récolte dans comment filtrer son miel. La production française, sa carte et ses rendements régionaux sont sur la fiche où est produit le miel en France.
Toutes ces données sont tirées de la fiche filière apiculture, édition janvier 2026, publiée par FranceAgriMer pour la campagne 2024. Les chiffres de consommation et de rayon sont issus des panels Worldpanel by Numerator et NielsenIQ réalisés pour FranceAgriMer, ceux du commerce extérieur des douanes françaises via Trade Data Monitor. Ce sont des moyennes nationales : elles ne disent pas le prix d’un pot précis, qui dépend du cru, du conditionneur et de l’enseigne.