C’est l’usage qui alimente le robinet. Derrière « production et alimentation en eau potable », les comptes publics rangent l’eau prélevée pour les réseaux publics d’adduction, auxquels sont raccordés les ménages, mais aussi les entreprises et tous les établissements équipés d’installations sanitaires, écoles, hôpitaux, hôtels ou installations sportives. En 2023, ce poste a mobilisé 5,1 milliards de m³ en France métropolitaine, un volume légèrement inférieur à celui de 2022, 5,3 milliards de m³.
Deux tiers de l’eau du robinet sortent du sol
Pour cet usage, les deux tiers des prélèvements proviennent de ressources souterraines, le reste des rivières et des lacs. Cette part est bien plus élevée que dans le total national, où les eaux de surface fournissent 81 % des volumes, tirées par le refroidissement des centrales et l’alimentation des canaux. Le partage s’inverse même, à l’échelle du pays, dès qu’on écarte ces deux postes : les usages domestiques, agricoles et industriels se répartissent alors à 48 % en surface et 52 % en souterrain. La géologie décide : les bassins parisien et aquitain empilent des couches qui rendent les nappes libres accessibles, quand les terrains sédimentaires du sud en manquent.
La carte départementale n’est donc pas uniforme. Les prélèvements en eaux de surface dominent pour l’eau potable en région parisienne, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, sur la Côte d’Azur et en Occitanie, des territoires où les nappes sont peu abondantes, difficiles d’accès ou exposées aux pollutions. Un département peut aussi prélever pour un autre : de nombreux captages de l’Yonne alimentent l’Île-de-France par de grands réseaux interconnectés, comme ceux d’Eau de Paris. Le volume par habitant se lit alors avec prudence, car la fréquentation touristique pèse sur certaines zones, notamment les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes. En 2023, il descend sous 70 m³ par habitant dans le Loiret, et la moyenne métropolitaine s’établit à 77 m³.
Une longue hausse, puis vingt ans de recul
| Repère | Volume prélevé | Par habitant |
|---|---|---|
| Jusqu’au milieu des années 2000, en moyenne | environ 6 milliards de m³ | - |
| Début des années 2000 | - | environ 100 m³ |
| Année 2003, marquée par la canicule | 6,2 milliards de m³ | - |
| Depuis 2015, en moyenne | - | environ 81 m³ |
| 2022 | 5,3 milliards de m³ | 81 m³ |
| 2023 | 5,1 milliards de m³ | 77 m³ |
France métropolitaine, hors production hydroélectrique. Les volumes destinés à l’alimentation en eau potable ont augmenté entre les années 1950 et la fin des années 1980, avant de se stabiliser puis de reculer depuis le milieu des années 2000, soit -8 % sur la période. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.
La baisse ne vient pas d’un été sec : elle vient de la sobriété. Le SDES rattache le recul des prélèvements pour l’eau potable, -8 % depuis le milieu des années 2000, à une consommation plus économe, engagée après la canicule de 2003. Le volume annuel par habitant est passé d’environ 100 m³ au début des années 2000 à une moyenne d’environ 81 m³ depuis 2015, puis à 77 m³ en 2023. Ce chiffre mesure une eau prélevée, pas une eau perdue : une partie sort du réseau en fuites avant d’arriver au compteur.
Ce que ça change pour votre jardin
Quand vous arrosez au réseau, vous puisez dans ces 17,6 %. Cela ne fait pas de l’arrosage amateur un poste des comptes publics, l’eau du jardin venant du robinet ou d’un puits privé, mais cela explique la contrainte de juillet : c’est l’eau potable, prise surtout dans les nappes, que les arrêtés restreignent en dernier recours. Le calculateur du besoin en eau d’arrosage donne les litres à apporter chaque mois pour votre département, et le volume d’une cuve de récupération permet de couper une partie des besoins. Pour la consommation réelle des ménages, voir L’eau potable consommée par les ménages, pour ce qui se perd en route Les pertes du réseau de distribution, et pour le partage entre surface et souterrain selon les usages L’origine des prélèvements d’eau.
Source principale : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026. Le volume de 5,1 milliards de m³, la part de 17,6 %, les 77 m³ par habitant et les deux tiers de ressources souterraines valent pour la France métropolitaine, hors production hydroélectrique ; l’eau de mer et l’eau saumâtre ne sont pas comptées. Ces volumes viennent des déclarations faites aux agences de l’eau et enregistrées dans la BNPE, la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, que le SDES traite avec l’OFB.