2022 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France métropolitaine depuis le début du XXe siècle, avec une pluviométrie déficitaire de 25 % par rapport à la normale 1991-2020. Cette année-là, 29,3 milliards de m³ d’eau douce ont été prélevés en France, hors production hydroélectrique, dans les comptes du SDES, qui réunissent ici la métropole, la Martinique et la Guadeloupe. La métropole seule en totalise 29,1 milliards de m³, et c’est le seul champ où les séries longues sont disponibles : elles montrent une baisse continue depuis le milieu des années 2000.
Ce que le pays prélève, usage par usage
| Usage | Part des prélèvements | Volume prélevé en 2022 |
|---|---|---|
| Refroidissement des centrales de production d’électricité | 46 % | 13,3 milliards de m³ |
| Production et alimentation en eau potable | 18 % | 5,3 milliards de m³ |
| Alimentation des canaux de navigation | 17 % | 4,8 milliards de m³ |
| Agriculture, essentiellement l’irrigation | 12 % | 3,5 milliards de m³ |
| Industries et autres activités économiques | 7 % | 2,1 milliards de m³ |
France métropolitaine, 29,1 milliards de m³ prélevés en 2022, hors production hydroélectrique. Les parts sont celles publiées par le SDES ; les volumes sont ceux de son commentaire usage par usage et totalisent 29,0 milliards de m³ du fait des arrondis. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2022, publié le 5 mars 2025.
Rivières pour les centrales, nappes pour le robinet
Le milieu d’où vient l’eau dépend d’abord de l’usage. Les canaux de navigation prélèvent 99,8 % de leur volume en eaux de surface. L’agriculture en puise 58 % en surface. Les prélèvements industriels restent majoritairement de surface, autour de 63 %. L’eau potable fait exception : les deux tiers de ses prélèvements se font sur des ressources souterraines, un atout les étés où les cours d’eau baissent. Le contraste est aussi géographique, et il tient à la géologie : dans le sud, où les nappes libres étendues manquent, l’agriculture prélève plus de 85 % de son eau en surface, quand les bassins du centre et de l’ouest prennent plus de 85 % en souterrain.
L’agriculture, 12 % des prélèvements et 58 % pris en rivière
Les usages agricoles représentent 12,2 % des volumes prélevés en France métropolitaine en 2022, soit 3,5 milliards de m³, l’irrigation en tête, puis l’abreuvement du bétail et le nettoyage des bâtiments d’élevage. Le volume suit la météo : il dépasse d’un milliard de m³ celui de 2021 et rejoint le niveau d’une année sèche comme 2020, 3,4 milliards de m³. En juillet 2022, mois habituellement sensible pour l’irrigation, la pluviométrie a été déficitaire de 85 % par rapport à la normale 1991-2020. Le SDES signale par ailleurs qu’en 2022, 21 % du volume attribué à cet usage dans la BNPE, la base des prélèvements déclarés aux agences de l’eau, relève d’une estimation forfaitaire, contre 29 % en 2021.
Ce que ces volumes ne disent pas de votre arrosage
Ces volumes mesurent la pression exercée par le pays sur la ressource, pas ce que boit un massif au mois d’août : l’arrosage amateur n’a aucun poste à lui dans les comptes publics, son eau venant du réseau d’eau potable ou d’un puits privé. Deux outils passent des moyennes nationales à une parcelle, le besoin en eau d’arrosage, établi à partir du déficit climatique local, et le volume d’une cuve de récupération, projeté sur l’année. Pour la place de l’irrigation dans le total national, et les écarts entre millésimes ou périmètres, voir notre fiche sur l’irrigation.
Source principale : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2022, publié le 5 mars 2025. Les volumes sont ceux que les agences de l’eau ont enregistrés auprès de la BNPE, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre et hors hydroélectricité. Le chiffre de 29,3 milliards de m³ porte sur la métropole, la Martinique et la Guadeloupe : Mayotte, La Réunion et la Guyane n’avaient pas transmis leurs données lors de la rédaction de l’article. Les 29,1 milliards de m³ et le détail par usage ne couvrent, eux, que la France métropolitaine.