En France hexagonale et Corse, la forêt couvre 17,5 millions d’hectares, soit 32 % du territoire, selon le mémento 2024 de l’inventaire forestier national. Les chapitres consacrés aux essences ne portent que sur la forêt disponible pour la production de bois, soit 16,6 millions d’hectares, 95 % de l’ensemble. Pour chaque essence, l’IGN publie trois surfaces : celle où elle est présente, celle où elle est l’essence principale du peuplement et celle où elle forme un peuplement pur. Aucune n’est donnée en pourcentage, et c’est la colonne de l’essence principale qui situe le poids d’une essence dans la forêt, puisque la définition ne retient qu’une essence dominante par placette.
Le chêne pédonculé devance le chêne sessile
Le chêne pédonculé est présent sur la majeure partie du territoire, à l’exception du Sud-Est. Il est l’essence la plus représentée en tant qu’essence principale d’un peuplement, avec 2 210 000 hectares, devant le chêne sessile (1 843 000 hectares) et le hêtre (1 500 000 hectares). Il est souvent accompagné de charme, de hêtre, de frêne, de châtaignier ou de pin sylvestre, et les gros et très gros bois sont bien représentés dans cette essence : 9 % de ses tiges, contre 2 % pour l’ensemble des feuillus. La majorité de son volume de bois, 63 %, se situe dans des forêts privées sans plan simple de gestion.
| Essence | Présente | Principale | Pure |
|---|---|---|---|
| Chêne pédonculé | 5 652 ± 94 | 2 210 ± 67 | 734 ± 41 |
| Chêne sessile | 4 151 ± 81 | 1 843 ± 58 | 777 ± 39 |
| Chêne pubescent | 3 254 ± 85 | 1 413 ± 62 | 841 ± 49 |
| Hêtre | 6 050 ± 92 | 1 500 ± 59 | 592 ± 39 |
| Châtaignier | 3 440 ± 84 | 686 ± 42 | 266 ± 27 |
| Frêne | 5 560 ± 104 | 622 ± 41 | 137 ± 19 |
| Charme | 4 666 ± 78 | 622 ± 36 | 71 ± 13 |
| Chêne vert | 1 884 ± 66 | 801 ± 51 | 456 ± 41 |
| Pin maritime | 1 540 ± 54 | 1 027 ± 44 | 786 ± 40 |
| Pin sylvestre | 2 438 ± 76 | 893 ± 49 | 481 ± 38 |
| Sapin pectiné | 2 501 ± 69 | 563 ± 36 | 237 ± 24 |
| Épicéa commun | 1 846 ± 60 | 494 ± 34 | 241 ± 24 |
| Douglas | 1 157 ± 49 | 443 ± 32 | 296 ± 26 |
Surface par essence de la forêt de production française, en milliers d’hectares, moyenne des campagnes d’inventaire 2019 à 2023, avec l’incertitude statistique publiée. « Présente » : au moins un arbre recensable de l’essence sur la placette. « Principale » : les arbres de l’essence forment le plus fort couvert libre relatif de la placette. « Pure » : ils en forment plus de 75 %. Source : mémento de l’inventaire forestier national, IGN, édition 2024.
Le hêtre, essence la plus souvent présente
Le hêtre arrive en tête d’une autre colonne : il est présent sur 6 050 000 hectares, plus que toute autre essence, dans la moitié nord du pays et en montagne. Il y est souvent accompagné des chênes en plaine, du sapin pectiné ou de l’épicéa commun en montagne. Sa présence est plus diffuse que celle du chêne : il n’est l’essence principale que de 1 500 000 hectares et ne forme un peuplement pur que sur 592 000 hectares. Le pin sylvestre suit la même logique chez les résineux, présent sur 2 438 000 hectares mais principal sur 893 000.
Surface où l’essence est principale, en milliers d’hectares, forêt de production française, moyenne 2019-2023. Source : mémento de l’inventaire forestier national, IGN, édition 2024.
Le pin maritime et le douglas chez les résineux
Le pin maritime est l’espèce résineuse la plus fréquente en essence principale et en peuplement pur, avec 786 000 hectares purs, surtout dans le massif des Landes de Gascogne. Les tempêtes de 1999 et 2009 y ont provoqué un renouvellement important, et 70 % de ses tiges sont des petits bois. Le douglas est une espèce introduite, notamment en moyenne montagne, du plateau limousin au nord-est du Massif central, dans le Morvan et les Vosges : présent sur 1 157 000 hectares, principal sur 443 000 et pur sur 296 000. C’est l’essence dont le volume moyen par arbre est le plus élevé, 0,7 mètre cube, et 48 % de ses tiges atteignent au moins 47,5 centimètres de diamètre.
Rapportée au volume de bois et non à la surface, la même forêt pèse 2,8 milliards de mètres cubes, dont 65 % de feuillus et 35 % de conifères. Les quatre chênes réunis, sessile, pédonculé, pubescent et vert, forment 44 % du volume des feuillus, une proportion stable depuis dix ans, tandis que l’épicéa commun et le sapin pectiné forment à eux deux 40 % du volume des conifères, contre 43 % dix ans plus tôt. Les essences détaillées dans cette fiche représentent environ 70 % de la surface en essence principale et du volume de bois vivant ; l’IGN décrit les autres dans ses tableaux par essence.
Les peuplements purs restent minoritaires
Un peu moins de la moitié de la forêt est constituée de peuplements purs : sur 4,5 millions d’hectares, un feuillu domine, le plus souvent le hêtre ou l’un des chênes pubescent, sessile, pédonculé ou vert, et sur 2,6 millions d’hectares, un conifère domine, le plus souvent le pin maritime ou le pin sylvestre. Les 8,2 millions d’hectares restants sont plus mélangés. Le mémento calcule ces catégories sur les 15,3 millions d’hectares de peuplements dont le couvert dépasse 15 % par des arbres de plus de 7,5 centimètres de diamètre.
Ce que cette répartition change pour un jardin
Le mémento rattache chaque essence à sa station, et c’est là ce qui se transpose au jardin. Le chêne pubescent occupe les stations chaudes ou sèches du sud du pays, le châtaignier les sols non calcaires de l’ouest, le frêne les stations fraîches, le hêtre la moitié nord et la montagne. Le douglas, lui, a été introduit dans des stations de moyenne montagne où il trouve assez d’eau. Planter une essence en dehors de sa station, c’est la mettre en difficulté dès le premier été sec. Les essences plantées par le dispositif d’aide au renouvellement forestier montrent, sur les parcelles replantées entre 2021 et 2023, quelles essences les forestiers retiennent aujourd’hui.
Périmètre : France hexagonale et Corse. La surface forestière totale, 17,5 millions d’hectares, comprend les forêts non disponibles pour la production de bois ; les chiffres par essence publiés ici portent sur la forêt de production, 16,6 millions d’hectares. Les surfaces sont des moyennes des campagnes d’inventaire 2019 à 2023, publiées dans l’édition 2024 du mémento, avec l’incertitude statistique publiée, de 30 000 à 70 000 hectares sur la surface en essence principale. L’IGN ne publie pas de part en pourcentage de la surface par essence : la part se lit dans la colonne de l’essence principale, où la définition ne retient qu’une essence par placette.