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Le chêne pédonculé, première essence de la forêt française

La composition de la forêt française se lit dans le mémento 2024 de l’inventaire forestier national, qui donne pour treize essences la surface où elles sont présentes, celle où elles dominent le peuplement et celle où elles forment un peuplement pur. Le chêne pédonculé mène pour la surface dominée, le hêtre pour la simple présence.

En bref

Quelle est la part des grandes essences, chêne, hêtre, pin maritime et douglas, dans la surface forestière de la France métropolitaine ?

Le chêne pédonculé est l’essence principale de 2 210 000 hectares de forêt de production, devant le chêne sessile (1 843 000), le hêtre (1 500 000) et le chêne pubescent (1 413 000). Le pin maritime mène chez les résineux avec 1 027 000 hectares, et le douglas en couvre 443 000. Le hêtre est l’essence la plus souvent présente : 6 050 000 hectares en portent.

2,2 millions d’hectares
de forêt de production où le chêne pédonculé est l’essence principale, la première essence de France

En France hexagonale et Corse, la forêt couvre 17,5 millions d’hectares, soit 32 % du territoire, selon le mémento 2024 de l’inventaire forestier national. Les chapitres consacrés aux essences ne portent que sur la forêt disponible pour la production de bois, soit 16,6 millions d’hectares, 95 % de l’ensemble. Pour chaque essence, l’IGN publie trois surfaces : celle où elle est présente, celle où elle est l’essence principale du peuplement et celle où elle forme un peuplement pur. Aucune n’est donnée en pourcentage, et c’est la colonne de l’essence principale qui situe le poids d’une essence dans la forêt, puisque la définition ne retient qu’une essence dominante par placette.

Le chêne pédonculé devance le chêne sessile

Le chêne pédonculé est présent sur la majeure partie du territoire, à l’exception du Sud-Est. Il est l’essence la plus représentée en tant qu’essence principale d’un peuplement, avec 2 210 000 hectares, devant le chêne sessile (1 843 000 hectares) et le hêtre (1 500 000 hectares). Il est souvent accompagné de charme, de hêtre, de frêne, de châtaignier ou de pin sylvestre, et les gros et très gros bois sont bien représentés dans cette essence : 9 % de ses tiges, contre 2 % pour l’ensemble des feuillus. La majorité de son volume de bois, 63 %, se situe dans des forêts privées sans plan simple de gestion.

EssencePrésentePrincipalePure
Chêne pédonculé5 652 ± 942 210 ± 67734 ± 41
Chêne sessile4 151 ± 811 843 ± 58777 ± 39
Chêne pubescent3 254 ± 851 413 ± 62841 ± 49
Hêtre6 050 ± 921 500 ± 59592 ± 39
Châtaignier3 440 ± 84686 ± 42266 ± 27
Frêne5 560 ± 104622 ± 41137 ± 19
Charme4 666 ± 78622 ± 3671 ± 13
Chêne vert1 884 ± 66801 ± 51456 ± 41
Pin maritime1 540 ± 541 027 ± 44786 ± 40
Pin sylvestre2 438 ± 76893 ± 49481 ± 38
Sapin pectiné2 501 ± 69563 ± 36237 ± 24
Épicéa commun1 846 ± 60494 ± 34241 ± 24
Douglas1 157 ± 49443 ± 32296 ± 26

Surface par essence de la forêt de production française, en milliers d’hectares, moyenne des campagnes d’inventaire 2019 à 2023, avec l’incertitude statistique publiée. « Présente » : au moins un arbre recensable de l’essence sur la placette. « Principale » : les arbres de l’essence forment le plus fort couvert libre relatif de la placette. « Pure » : ils en forment plus de 75 %. Source : mémento de l’inventaire forestier national, IGN, édition 2024.

Le hêtre, essence la plus souvent présente

Le hêtre arrive en tête d’une autre colonne : il est présent sur 6 050 000 hectares, plus que toute autre essence, dans la moitié nord du pays et en montagne. Il y est souvent accompagné des chênes en plaine, du sapin pectiné ou de l’épicéa commun en montagne. Sa présence est plus diffuse que celle du chêne : il n’est l’essence principale que de 1 500 000 hectares et ne forme un peuplement pur que sur 592 000 hectares. Le pin sylvestre suit la même logique chez les résineux, présent sur 2 438 000 hectares mais principal sur 893 000.

Chêne pédonculé2 210
Chêne sessile1 843
Hêtre1 500
Chêne pubescent1 413
Pin maritime1 027
Pin sylvestre893
Chêne vert801
Châtaignier686
Frêne622
Charme622
Sapin pectiné563
Épicéa commun494
Douglas443

Surface où l’essence est principale, en milliers d’hectares, forêt de production française, moyenne 2019-2023. Source : mémento de l’inventaire forestier national, IGN, édition 2024.

Le pin maritime et le douglas chez les résineux

Le pin maritime est l’espèce résineuse la plus fréquente en essence principale et en peuplement pur, avec 786 000 hectares purs, surtout dans le massif des Landes de Gascogne. Les tempêtes de 1999 et 2009 y ont provoqué un renouvellement important, et 70 % de ses tiges sont des petits bois. Le douglas est une espèce introduite, notamment en moyenne montagne, du plateau limousin au nord-est du Massif central, dans le Morvan et les Vosges : présent sur 1 157 000 hectares, principal sur 443 000 et pur sur 296 000. C’est l’essence dont le volume moyen par arbre est le plus élevé, 0,7 mètre cube, et 48 % de ses tiges atteignent au moins 47,5 centimètres de diamètre.

Rapportée au volume de bois et non à la surface, la même forêt pèse 2,8 milliards de mètres cubes, dont 65 % de feuillus et 35 % de conifères. Les quatre chênes réunis, sessile, pédonculé, pubescent et vert, forment 44 % du volume des feuillus, une proportion stable depuis dix ans, tandis que l’épicéa commun et le sapin pectiné forment à eux deux 40 % du volume des conifères, contre 43 % dix ans plus tôt. Les essences détaillées dans cette fiche représentent environ 70 % de la surface en essence principale et du volume de bois vivant ; l’IGN décrit les autres dans ses tableaux par essence.

Les peuplements purs restent minoritaires

Un peu moins de la moitié de la forêt est constituée de peuplements purs : sur 4,5 millions d’hectares, un feuillu domine, le plus souvent le hêtre ou l’un des chênes pubescent, sessile, pédonculé ou vert, et sur 2,6 millions d’hectares, un conifère domine, le plus souvent le pin maritime ou le pin sylvestre. Les 8,2 millions d’hectares restants sont plus mélangés. Le mémento calcule ces catégories sur les 15,3 millions d’hectares de peuplements dont le couvert dépasse 15 % par des arbres de plus de 7,5 centimètres de diamètre.

Ce que cette répartition change pour un jardin

Le mémento rattache chaque essence à sa station, et c’est là ce qui se transpose au jardin. Le chêne pubescent occupe les stations chaudes ou sèches du sud du pays, le châtaignier les sols non calcaires de l’ouest, le frêne les stations fraîches, le hêtre la moitié nord et la montagne. Le douglas, lui, a été introduit dans des stations de moyenne montagne où il trouve assez d’eau. Planter une essence en dehors de sa station, c’est la mettre en difficulté dès le premier été sec. Les essences plantées par le dispositif d’aide au renouvellement forestier montrent, sur les parcelles replantées entre 2021 et 2023, quelles essences les forestiers retiennent aujourd’hui.

Périmètre : France hexagonale et Corse. La surface forestière totale, 17,5 millions d’hectares, comprend les forêts non disponibles pour la production de bois ; les chiffres par essence publiés ici portent sur la forêt de production, 16,6 millions d’hectares. Les surfaces sont des moyennes des campagnes d’inventaire 2019 à 2023, publiées dans l’édition 2024 du mémento, avec l’incertitude statistique publiée, de 30 000 à 70 000 hectares sur la surface en essence principale. L’IGN ne publie pas de part en pourcentage de la surface par essence : la part se lit dans la colonne de l’essence principale, où la définition ne retient qu’une essence par placette.

Questions fréquentes

Quelle est l’essence la plus répandue dans la forêt française ?
Le hêtre est l’essence la plus souvent présente : il figure sur 6 050 000 hectares, soit plus que toute autre essence. Mais c’est le chêne pédonculé qui est le plus souvent l’essence principale d’un peuplement, sur 2 210 000 hectares. La présence compte tous les hectares où l’essence a au moins un arbre recensable, la surface principale ne compte que ceux où elle domine.
Quelle part de la forêt française est résineuse ?
En volume de bois vivant, les conifères représentent 35 % des 2,8 milliards de mètres cubes de la forêt française, contre 65 % pour les feuillus. En surface, l’IGN ne publie pas de répartition en pourcentage : il donne, essence par essence, la surface où elle est présente, celle où elle est principale et celle où elle est pure. Le pin maritime est la première essence résineuse en surface principale, avec 1 027 000 hectares.
Le douglas est-il une essence française ?
Non, le douglas est une essence introduite en France, notamment en moyenne montagne : plateau limousin, nord-est du Massif central, Morvan et Vosges. Elle est présente sur 1 157 000 hectares, dont 296 000 hectares en peuplements purs, et c’est l’essence dont le volume moyen par arbre est le plus élevé, avec 0,7 mètre cube.
Que signifie « essence principale » dans les tableaux de l’IGN ?
Une essence est principale quand ses arbres recensables forment le plus fort couvert libre relatif de la placette d’inventaire, c’est-à-dire qu’ils couvrent plus de surface que les arbres de chaque autre essence. Une essence est dite pure quand ses arbres forment plus de 75 % de ce couvert. Une même essence peut donc être présente sur beaucoup plus d’hectares qu’elle n’est principale.

Sources

  1. IGN, inventaire forestier national, Le mémento de l’inventaire forestier, édition 2024, résultats des campagnes d’inventaire 2019 à 2023 publiés en 2024, consulté le 28 septembre 2026.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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