La Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) donne le chiffre sur sa page de présentation des chauves-souris : 36 espèces sont reconnues pour la France métropolitaine, sur les plus de 1 400 espèces décrites dans le monde. Le même document précise qu’en France, les 36 espèces sont protégées, par l’arrêté ministériel du 23 avril 2007 et son arrêté modificatif du 15 septembre 2012, qui couvrent les animaux comme leurs habitats de reproduction et d’hibernation. La directive européenne Habitats, Faune, Flore ajoute une protection stricte pour toutes ces espèces et désigne plusieurs d’entre elles comme justifiant la création de zones spéciales de conservation. Le plan national d’actions chiroptères 2016-2025, lui, cible un sous-ensemble d’espèces prioritaires : il ne recense pas le total national, il organise l’effort sur les espèces les plus menacées.
Le compteur des Refuges a gagné 510 sites en trois ans
| Lettre de l’opération | Date | Refuges au compteur |
|---|---|---|
| L’Arche des Chiros n°12 | décembre 2022 | 1 788 |
| L’Arche des Chiros n°13 | août 2023 | 1 889 |
| L’Arche des Chiros n°14 | octobre 2024 | 2 116 |
| L’Arche des Chiros n°15 | octobre 2025 | 2 298 |
Compteur des refuges publié en dernière page de chaque lettre de l’Opération Refuge pour les chauves-souris, SFEPM. La lettre n°14 écrit par ailleurs que l’opération compte « plus de 2 100 signataires », la n°13 que « plus de 1 889 labels » sont délivrés en France.
Ce compteur recense les propriétés publiques ou privées dont le propriétaire a signé une convention avec le relais régional de l’opération. Le dispositif est né en 2006 en Bretagne, porté par le Groupe Mammalogique Breton, puis a été transposé à l’échelle nationale et confié à la SFEPM, qui s’appuie sur les associations locales et les groupes chiroptères. L’engagement est gratuit et moral : réaliser les travaux en dehors des périodes où les chauves-souris sont présentes, utiliser des produits non toxiques pour traiter les charpentes, conserver ou créer quelques disjointements dans les murs, préserver l’accès aux combles et aux caves. Le signataire reçoit un guide technique, un autocollant et la lettre semestrielle de l’opération.
Le podium des régions, dessiné en décembre 2022
Les trois régions les plus dotées en refuges, telles que la lettre n°12 de l’Arche des Chiros les met en dessin page 12, en décembre 2022. À cette date, le compteur national affichait 1 788 refuges.
Le classement régional n’est publié qu’à cette occasion, et seulement pour les trois premières régions : les lettres suivantes donnent le compteur national sans le détailler par région. Un autre chiffre illustre la même concentration à l’échelle départementale : la n°13 salue les 103 refuges de Picardie quand la France en comptait 1 889. Le dessin de décembre 2022 vieillit donc vite, et la carte des refuges tenue par la SFEPM reste la seule vue à jour de la répartition.
Ce que ces sites abritent, une étude de Picardie Nature publiée dans la lettre n°15 en donne l’ordre de grandeur. Trois jardins classés refuges, dans la Somme, l’Oise et l’Aisne, ont été enregistrés à l’aide d’un détecteur d’ultrasons pendant une ou deux nuits entières à l’été 2024. dix espèces relevées sur les trois jardins réunis, alors que la région Hauts-de-France en compte 22, avec un cortège différent selon les sites : cinq espèces dans le plus pauvre, sept dans le deuxième, neuf dans le plus naturel, dont trois d’intérêt communautaire. La Pipistrelle commune domine partout, avec 70 à 99 % de l’activité enregistrée. Les chauves-souris sortent surtout entre 22 h et minuit, avec un second pic d’activité vers 4 h, à l’heure du retour au gîte. La lettre rappelle aussi le contexte : une chute de 43 % de la population totale de chiroptères entre 2005 et 2021, et la disparition de près de 60 % des gîtes en 60 ans.
Ce qu’un refuge change au jardin
Un jardin ordinaire est déjà un terrain de chasse : les chauves-souris y trouvent des insectes, dont des moustiques et des papillons nocturnes dont les larves s’attaquent aux cultures et aux fruitiers. Devenir refuge ne demande ni matériel ni surface particulière, seulement de caler les travaux sur leur absence et de laisser un accès aux combles, aux caves ou à un disjointement de mur. Pour situer votre jardin dans cette faune, notre fiche sur ce que les particuliers observent dans les jardins donne le pendant ornithologique de ces inventaires, et celle sur les aménagements qui font revenir la biodiversité chiffre les gestes qui accompagnent un refuge : haies, points d’eau, abris.
Méthode et périmètre : les 36 espèces viennent de la page de présentation de la SFEPM, consultée le 28 septembre 2026. Les compteurs de refuges sont ceux publiés en dernière page des quatre lettres de l’opération citées, de décembre 2022 à octobre 2025 : ils comptent les conventions signées, non les chauves-souris présentes, et une propriété peut en abriter plusieurs espèces. Le podium régional est un dessin de décembre 2022 limité aux trois premières régions. L’inventaire des trois jardins porte sur trois sites volontaires de Picardie, une seule saison et un test de protocole : il décrit une diversité possible, il ne donne pas une moyenne nationale.